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J’ai testé la PS5 Pro et voici pourquoi la console va bouleverser l’industrie du jeu vidéo

La nouvelle PS5 Pro de Sony arrive sur le marché en étant pleine de promesses. Seulement, la grande question reste de savoir si cette augmentation de puissance brute vaut bien les sacrifices demandés ici.

Voilà dix ans que mon métier consiste à suivre l’actualité de l’industrie du jeu vidéo, que je teste des consoles et que j’analyse les stratégies des constructeurs. Depuis mes premiers pas sur la Game Boy Color, il y a évidemment eu de nombreux bouleversement dans le JV : certains heureux, d’autres me donnant envie de crier après un nuage à la manière d’Abe Simpson. La sortie de la PS5 Pro marque un tournant décisif qui va tomber dans cette dernière catégorie.

Abe Simpson
Moi en voyant le tarif et le manque de lecteur Blu ray de la PS5 Pro © Les Simpsons

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Derrière la volonté de proposer une console à la puissance accrue, se cache une réalité plus complexe qui pourrait transformer durablement le marché du jeu vidéo.

Une puissance technique qui veut en imposer

Ps5 Pro Nouveautés
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Sony souhaite faire de sa PS5 Pro la console la plus puissante du marché. Le japonais promet donc un GPU affichant 67 % d’unités de traitement supplémentaires et une mémoire 28 % plus rapide par rapport au modèle de base. Une augmentation censée se traduire par un gain de performances de 45 % sur le rendu des jeux.

Le ray tracing, technologie qui révolutionne les effets lumineux, profite également d’une évolution. La PS5 Pro traite ces rayons jusqu’à trois fois plus rapidement que sa grande sœur. La volonté ici : rendre les reflets dans l’eau, les surfaces métalliques ou encore les effets de transparence toujours plus réalistes.

Cela ne serait pas vraiment une sortie de produit tech en 2024 sans un peu d’intelligence artificielle. La PS5 Pro intègre le PlayStation Spectral Super Resolution (PSSR). Cette technologie d’upscaling, basée sur l’IA, permet à la console de générer des images ultra-nettes en 4K tout en maintenant des performances optimales.

Un tour de force technique déjà présent sur le marché PC depuis bien longtemps avec le DLSS de Nvidia. Une technique qui deviendra sans doute la norme dans les années à venir.

Une transformation à la limite de l’invisible qui interroge

Sony a choisi une communication minimaliste pour le lancement de la PS5 Pro. Une annonce qui a été expédiée avec une vidéo de moins de 10 minutes. Un choix qui n’est pas anodin puisque pendant cette démonstration, le constructeur est obligé de réaliser de nombreux zooms afin de découvrir de véritables améliorations visuelles.

En conditions réelles, ces graphismes plus poussés nécessitent de prêter une attention particulière à ce qui se passe à l’écran. S’arrêter régulièrement de jouer pour s’approcher de la TV en essayant de dénicher une amélioration graphique, ce n’est pas un comportement naturel quand on joue normalement.

Le gain le plus notable reste le passage de 30 à 60 FPS sur certains modes d’affichage, une performance que la PS5 standard pouvait déjà atteindre en sacrifiant certains détails graphiques.

L’homme-araignée et le dernier d’entre nous

Spider-Man 2 fait partie des jeux optimisés pour la PS5 Pro et sert de vitrine technologique parfaite pour la console. Sur nos captures d’écran entre PS5 et PS5 Pro, il est possible de constater les réflexions améliorées et le ray tracing poussé à son maximum sur les bâtiments.

Le jeu dispose encore d’un mode fidélité et d’un mode performance, assez identique à ceux de la version PS5. Le choix se fait entre 30 et 60 FPS, avec des éléments graphiques plus ou moins approfondis. Encore une fois, il faudra vraiment avoir l’œil pour constater les améliorations visuelles apportées par la PS5 Pro.

The Last of Us II Remastered est également un titre optimisé. Dés son lancement sur PS5 Pro, le jeu nous enjoint à activer le mode de rendu PRO, ciblant les 60 FPS avec une sortie super samplée en 4K par le PSSR. Ici, les améliorations graphiques sont imperceptibles à l’usage.

Test PS5 Pro
© Presse-citron

Les graphismes de la PS5 standard étant déjà exceptionnels, est-ce que des améliorations aussi minimes étaient-elles vraiment nécessaires pour apprécier les titres ? Sachant que la plupart des fans de Sony ciblés par cette PS5 Pro auront déjà poncé les jeux compatibles, la réponse me semble plutôt claire ici.

Des développeurs pour suivre la démarche de la PS5 Pro ?

La liste de jeux compatibles avec les améliorations offertes de la PS5 Pro est déjà conséquente. Seulement, mes tests ont révélé des différences visuelles trop mineures pour justifier un tel écart de prix entre la nouvelle console de Sony et sa grande sœur.

Étant donné l’impressionnant parc de PS5 déjà installé, il y a peu de chance que les développeurs en dehors des studios de Sony s’embêtent véritablement à produire des titres où les différences seront véritablement significatives.

Accordons tout de même le bénéfice du doute à Sony, en se disant que, si la PS5 Pro n’a actuellement pas vraiment de sens, son surplus de puissance aura peut-être une véritable utilité dans les années à venir.

La PS5 Pro, point de bascule d’une industrie hégémonique

Nintendo qui ne joue pas la course à la puissance, Microsoft et ses ventes de consoles qui plongent dans les profondeurs abyssales : voilà un résumé rapide de l’état actuel de l’industrie du JV chez les plus gros constructeurs.

Autant dire que les joueurs cherchant une console puissante n’ont désormais plus vraiment d’autres choix que de se tourner vers Sony. Avec un succès incontestable, le géant japonais en train de monopoliser tout un marché. Avec une concurrence directe particulièrement affaiblie, facile d’imposer ses conditions ainsi que des tarifs abusifs.

18 ans après avoir essayé d’imposer une PS3 au tarif de 600 euros, la sortie de la PS5 Pro rappelle aussi celle de l’iPhone X. Apple a réussi à normaliser le fait de payer plus de 1 000 euros pour un smartphone haut de gamme. Sony semble suivre une stratégie similaire, préparant le terrain pour une PS6 dont on peut imaginer un prix de base similaire à celui de la PS5 Pro.

Rappelons que celui-ci est de 799,99 euros sans compter l’achat potentiel du lecteur de disque ayant un coût de 119,99 euros.

La PS5 Pro et le monde du tout dématérialisé

Test PS5 Pro
Une boîte qui annonce la couleur © Presse-citron

Voici ma transition parfaite dans le but d’évoquer la stratégie du tout dématérialisé que met en place Sony avec cette PS5 Pro. Quand la PS5 de base et la Slim laissaient le choix entre une version avec lecteur de disques ou non, la PS5 Pro n’offre pas ce luxe.

Ici, seule une version dématérialisée est proposée à l’achat. Afin de pouvoir lire vos jeux sur format physique (ce qui signifie posséder vos jeux et non pas une licence d’utilisation), il vous faudra vous débrouiller pour vous procurer le lecteur vendu séparément. J’ai choisi le mot débrouiller intentionnellement ici, puisque depuis plusieurs semaines, ce fameux lecteur est en rupture de stock constante.

Difficile de savoir ici si les joueurs ont dévalisé les stocks en préparations de l’achat d’une PS5 Pro, ou si Sony rend sa distribution famélique dans l’intention de forcer le joueur à passer au tout dématérialisé. Une stratégie qui vise à éliminer les intermédiaires, et donc à augmenter les profits.

Seulement, cela veut aussi dire pour le consommateur qu’il n’aura plus la chance de posséder une version physique de ses jeux ; collection, revente et achat d’occasion ne seront qu’un lointain souvenir. Il ne faut pas oublier aussi qu’ironiquement, les versions dématérialisées coûtent en moyennes 20 % plus cher.

Notre avis sur la PS5 Pro

La PS5 Pro est symptomatique du plafond de verre graphique qu’ont atteint les consoles de Sony depuis la sortie de la PS4 il y a plus de 10 ans maintenant.

Les différences entre les machines ne sont que peu significatives en comparaison des générations précédentes, qui n’avaient pas besoin de vidéos zoomées pour démontrer les évolutions proposées.

L’acquisition de la PS5 Pro représente plus qu’une simple décision d’achat. C’est un vote de confiance envers une vision spécifique du jeu vidéo. Ainsi, j’en appelle à votre bon sens afin de pondérer cet achat, qui n’offre que peu d’avantages (pour l’instant où tout cas) face à la PS5/Slim disponible pour 370 euros de moins en comptant le lecteur de disque.

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Le lancement de la PS5 Pro marque indéniablement un tournant dans l’histoire du jeu vidéo avec de grandes implications à long terme pour l’industrie. À nous, joueurs, de décider si nous voulons cautionner cette nouvelle direction ou non.

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PS5 Pro

799,99 €
6.5

Note Globale

6.5/10

On aime

  • Un format plus compact que la PS5 standard
  • Les 2 To de stockage
  • La fluidité constante en 4K 60 FPS sur les jeux optimisés

On aime moins

  • Un prix difficilement justifiable par rapport aux améliorations visibles
  • Des différences visuelles difficiles à remarquer en situation de jeu normale
  • L'accélération inquiétante vers un modèle tout dématérialisé
  • Le risque de normalisation des consoles premium à prix élevé
2 commentaires
2 commentaires
  1. Je suis complètement d’accord avec l’article, Les améliorations sont insignifiantes pour la différence de prix, de plus Sony ne ment pas mais… presque. Du 4K 120fps c’est faux, la résolutions est abaissée pour ensuite via l’ IA être améliorée donc c’est pas aussi beau qu’un pc qui fait du 4K 60fps natif. Donc qu’on arrête de nous prendre pour des jambons. 45% de performance en plus ? tous les test sérieux sont plus proches des 5 à 10%.
    => En fait les joueurs ne demandent pas forcément du Ray-Tracing, c’est leur délire à eux ça, pas des joueurs. Ca bouffe trop de ressources pour un apport minime, et toute cette puissance de calcul perdue pourrait être mise ailleurs !!! On veut juste du 4K 60fps en natif, pas de ray-tracing à la noix, et si ça c’est fait un jour alors…. BRAVO ! (et une version Pro avec du 120fps, toujours sans ray-tracing, pour rester abordable financièrement au public).
    Et ils vendent tellement de films en Blu-Ray 4K… pourquoi être si peu sérieux sur le réapprovisionnement en lecteurs ???

  2. Le problème de la console c’est pour son prix elle a un game boost automatique douteux qui apporte un très léger gain mais dans certains rares cas comme Silent Hill 2 elle dégrade l’expérience (la rendant moins bonne que sur PS5 de base)

    Son CPU qui n’a quasiment pas bougé (ils auraient peut-être dû le faire à la place d’augmenter la taille de son SSD) et du coup bah ça créer un goulot d’étranglement qui bride le GPU et pour certains jeux gourmands en CPU comme Baldur’s Gate 3 et Cyberpunk 2077 (et sûrement GTA 6) le potentiel d’amélioration sera très faible et on atteindra jamais le mode fidélité en 60 FPS

    Et pour les jeux améliorés la différence n’est pas très convaincante notamment Hogwarts Legacy et Spider-Man 2 où pour Hogwarts on n’a pas le mode fidélité ni à 60 FPS, ni en 4K, les gains sur les différents modes sont nulles ou ne depassent pas les 10 FPS, globalement les éclairages sont un peu mieux et les détails de près sont légèrement plus nettes mais le PSSR apporte un bruit de l’image qui rend les détails au loin comme passé sous un filtre blanc désagréable (plus désagréable que sur PS5), puis pour le mode RT on perd en stabilité et en fluidité 10-15 FPS pour un petit gain en résolution et des effets RT légèrement plus impressionnants. Pour Spider-Man pareil le gain est léger et le fond est toujours blanchâtre

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