2 099 euros ! Voilà la coquette somme qu’il faudra débourser pour vous offrir le Galaxy Z Fold 7. Samsung n’a donc pas tenu sa promesse faite en 2019, alors que le premier Galaxy Fold était lancé au tarif de 2 020 euros.
À l’époque, le coréen jurait que les prix des smartphones pliants baisseraient avec le temps. Que les coûts de fabrication, les tarifs des composants et les volumes de ventes participeraient à la démocratisation de ce format. Six ans plus tard, il n’en est rien. Le Galaxy Z Fold 7 coûte plus cher que le tout premier smartphone pliant.
Ce tarif s’explique-t-il par une course aux sacro-saintes marges du constructeur ? Nous ne pouvons décemment pas imaginer une telle hypothèse, n’est-ce pas ? Supposons donc que Samsung a tellement perfectionné son smartphone pliant qu’il justifie son prix.
Pour vérifier cette hypothèse, nous avons donc utilisé le Galaxy Z Fold 7 pendant une dizaine de jours.
« Je vous ai compris ! »

À l’instar du Général De Gaulle, Samsung semble enfin avoir compris ses fans. Après des années d’entêtement, le coréen revoit enfin le format de son smartphone pliant au format livret. Fini le design « télécommande » transformant toute frappe sur le clavier virtuel en aventure rocambolesque, le Z Fold 7 adopte un format 21:9 plus confortable. De là à dire que Samsung a trouvé la formule magique, n’exagérons rien.
S’il se montre effectivement plus agréable en main que son prédécesseur, le Z Fold 7 conserve un format singulier, bien moins intéressant que celui de ses concurrents, notamment le Pixel Pro Fold et son format passeport ou le Magic V5 de Honor qui s’apparente une fois fermé à un vrai smartphone.
Écrire un message sur le clavier virtuel se révèle donc un peu plus simple qu’avec les générations précédentes mais pas assez pour retrouver le confort d’un smartphone « classique ». Nous sommes d’ailleurs très étonnés de voir que certains observateurs adulent ce format 21:9 alors qu’ils l’exécraient sans retenue dans leurs tests des dernières générations de Sony Xperia. Passons.

Ce format 21:9 est d’autant plus regrettable que Samsung a fait le plus dur : réduire le poids et l’épaisseur de son smartphone pliant. Avec ses 215 g sur la balance pour 8,8 mm d’épaisseur, le Galaxy Z Fold 7 affiche des dimensions dignes d’un smartphone classique. Samsung rattrape ainsi son retard sur ses concurrents, notamment Honor et OPPO qui avaient déjà réussi cette prouesse.
Le coréen fait même mieux, notamment grâce à des finitions remarquables. La charnière plus compacte est aussi plus solide. On le sent d’ailleurs à chaque ouverture du téléphone. L’intégration des écrans atteint un niveau de précision encore jamais vu, en témoignent les bordures noires quasi inexistantes.
Bien qu’il ne plaise pas à tout le monde, le design rectangulaire aux arêtes saillantes renforce l’aspect minimaliste presque industriel du Z Fold 7. L’intégration du module photo dans le coin supérieur gauche s’inscrit aussi dans cette dynamique. Cet aspect dépouillé se révèle très élégant.
Samsung en a profité pour solidifier l’ensemble. Un verre Gorilla Victus 2 (le plus résistant du moment) protège le dos du téléphone lorsque l’écran externe est recouvert d’un verre Ceramic 2 dernier cri. L’appareil est aussi certifié IP48 : il résiste donc aux éclaboussures mais pas à la poussière. En période estivale, vous devrez donc rester vigilants si vous faites partie de la “team plage”.
Une fois ouvert, le Galaxy Z Fold 7 se transforme en petite tablette de 8’’ pour 4,4 mm d’épaisseur. La nouvelle charnière rend la pliure encore plus discrète : à moins de la chercher en orientant le téléphone vers un reflet, cette démarcation est quasi invisible. Et on ne la sent pas non plus sous le doigt. Bravo !
À l’exception du format 21:9 très discutable, les ajustements opérés par les ingénieurs corrigent la totalité des défauts du smartphone pliant. Fermé, le Galaxy Z Fold 7 prend la forme d’un smartphone classique, avec tout le confort que cela implique. Il se paie même le luxe d’afficher quelques grammes de moins sur la balance que le Galaxy S25 Ultra. Ouvert, il devient une tablette d’une finesse à peine croyable.
Dans un cas comme dans l’autre, le Z Fold 7 arbore les plus beaux écrans qu’il nous ait été donné de tester. De technologie AMOLED, ils affichent un taux de rafraîchissement variable de 120 Hz et, surtout, sont très lumineux. Un bonheur au quotidien.
Très bon en photo, mais pas excellent

Samsung a aussi entendu les critiques des amateurs de photographie. Le Galaxy Z Fold 7 hérite donc du module principal du Galaxy S25 Ultra, pourvu d’un capteur de 200 mégapixels. Il est associé aux mêmes modules secondaires que le Galaxy Z Fold 6. Le Galaxy Z Fold 7 est ainsi composé de :
- un module principal avec objectif grand-angle (f/1,7) et capteur de 200 MP ; stabilisation optique
- un objectif ultra grand-angle (f/2,2) avec capteur de 12 MP
- un téléobjectif 3x (f/2,4) avec capteur de 10 MP ; stabilisation optique
- deux caméras selfie (une sur l’écran externe, une sur l’écran interne) avec capteur de 10 MP
Cet arsenal permet-il à Samsung de proposer enfin un smartphone pliant aussi doué en photographie que les références du marché ? Pas tout à fait.
Sans surprise, le module principal hérité du S25 Ultra tient la dragée haute aux iPhone 16 Pro, Pixel 9 Pro et autres Honor Magic 7 Pro. Les photos sont détaillées, la colorimétrie et les contrastes maîtrisés. Les résultats en basse lumière figurent aussi parmi les plus convaincants du marché. Le Z Fold 7 excelle également dans l’exercice du portrait.

Nous sommes moins convaincus par les modules secondaires. L’ultra grand-angle présente toujours les mêmes défauts que les générations précédentes : la perte de détails saute aux yeux, notamment en basse lumière. Bien que convaincant, le téléobjectif 3x n’est pas aussi bon que ce que l’on peut trouver parmi les références du marché. En basse lumière, il se révèle même plutôt décevant pour un smartphone de cet acabit.
Pour le reste, le Galaxy Z Fold 7 répond à peu près à tous les besoins d’un utilisateur exigeant. Il peut filmer en 8K à 30 im/s avec une excellente stabilisation et Samsung exploite toujours le format pliant pour capturer des selfies ou réaliser des vidéos verticales avec la caméra principale.
L’expérience photo avec le Galaxy Z Fold 7 se révèle donc nettement meilleure qu’avec le Z Fold 6 mais nous ne pouvons nous empêcher de ressentir une certaine frustration. Pour 2 100 euros, on est en droit d’exiger l’un des meilleurs photophones du marché. Ce n’est pas encore le cas, la faute à des modules secondaires en deçà de ce qu’on attend d’un téléphone ultra-premium. Encore un effort Samsung.
Samsung maîtrise le logiciel

Le Galaxy Z Fold 7 embarque Android 16 avec la surcouche maison OneUI 8 dopée à Galaxy AI. Ceux qui connaissent déjà OneUI 7 navigueront en terre connue tant l’interface est similaire.
On retrouve donc un logiciel hautement personnalisable et truffé d’IA. Gemini et Galaxy AI sont disponibles partout, à tout instant afin de faciliter le quotidien. Si certaines fonctionnalités sont encore gadget (le Now Brief est toujours aussi inutile), d’autres font gagner beaucoup de temps. Samsung ne lésine pas non plus sur les outils créatifs, notamment de retouche photo ou de prise de notes.
Surtout, l’interface est optimisée pour le format pliant. Les amateurs de multitâche profiteront d’un multi-fenêtrage simple et efficace. Vous êtes plutôt vidéos Youtube ? Le Z Fold 7 est aussi optimisé pour cet usage, avec une interface qui s’adapte à la pliure.
Last but not least, Samsung DeX a une saveur toute particulière avec ce smartphone. En le connectant en USB-C à n’importe quel écran, le Galaxy Z Fold 7 devient un petit ordinateur portable. L’interface se transforme pour ressembler à un Chromebook. En associant un clavier et une souris sans fil, on peut alors effectuer des tâches de bureautique, de la navigation web et même de la retouche photo. Un régal.
Enfin, Samsung assure l’un des meilleurs suivis logiciels puisqu’il promet 7 années de mises à jour majeures et de sécurité.
Beaucoup de frustrations

Impressionnant à bien des égards, le Galaxy Z Fold 7 souffre de défauts inacceptables lorsque l’on débourse plus de 2 000 euros. À commencer par ses performances discutables. Samsung a pourtant bien intégré la Snapdragon 8 Elite de Qualcomm, puce la plus puissante du moment. Les benchmarks confirment d’ailleurs ses excellentes performances.
Mais les benchmarks ne font pas tout. À l’usage, le Z Fold 7 s’essouffle dès lors qu’on le sollicite trop longtemps pour des tâches exigeantes comme la retouche photo, le montage vidéo ou le jeu. Cette chute brutale des performances s’explique par le phénomène de throttling qui consiste à brider le processeur lorsque la température du téléphone devient problématique.
Coutumier du fait, Samsung a ici poussé tous les curseurs à fond, la grande finesse du Z Fold 7 l’empêchant de dissiper la chaleur efficacement (on le ressent notamment au dos du téléphone, juste à côté du module photo). Selon nos analyses, la baisse de performances est telle que le processeur n’est exploité qu’à 60% de ses capacités. Cela n’empêche pas le téléphone de répondre à nos besoins, pour le moment… Qu’en sera-t-il dans 3 ou 4 ans ? On ne devrait même pas se poser la question.

Cette difficulté à dissiper la chaleur s’explique sans doute par le choix de la technologie de batterie. Frileux (ou économe ?), Samsung n’adopte toujours pas le silicium-carbone, technologie permettant de fournir plus d’énergie dans une batterie plus compacte.
Le Galaxy Z Fold 7 embarque donc la même batterie volumineuse que le Z Fold 6. D’une capacité de 4 400 mAh, elle ne fait pas de miracles : comptez une journée avant de passer par la case recharge. Rien de catastrophique, mais on en attend bien plus du téléphone le plus cher du marché.
Nous pourrions nous montrer indulgents si la charge (qualifiée de rapide par Samsung) était vraiment rapide. Le Galaxy Z Fold 7 est limité à une puissance de 25W, soit ce que l’on trouve de moins bien sur le marché à l’heure actuelle. Un point commun (peu glorieux) partagé avec Apple.
Résultat : le Galaxy Z Fold 7 ne récupère que 45% d’énergie en 30 minutes de charge. Il lui faut 1h30 pour atteindre les 100%. Des performances intolérables pour un smartphone vendu à ce prix.

Enfin, nous avons eu la mauvaise surprise de constater que le Galaxy Z Fold 7 n’était plus compatible avec le S-Pen. Dommage, le format du Z Fold 7 se prête parfaitement à la prise de notes ou au dessin. Aussi, cette limitation génère une certaine frustration, pour ne pas dire un certain agacement.
Samsung explique que cet usage reste marginal. On veut bien le croire, mais qui peut le plus peut le moins. Et lorsque l’on débourse plus de 2 000 euros, on aimerait pouvoir en faire plus.
Notre avis sur le Galaxy Z Fold 7

Samsung a-t-il enfin trouvé la recette du smartphone pliant parfait ? Au risque de vous décevoir, non. Le Galaxy Z Fold 7 présente encore trop de défauts pour justifier son tarif stratosphérique de 2 100 euros. Le passage à un format 21:9 est louable mais reste insuffisant pour retrouver les sensations d’un smartphone classique. L’autonomie trop faible, les performances bridées à cause de la chauffe, la charge lente et la qualité photo discutable des modules secondaires figurent parmi nos plus grosses frustrations. Or, lorsque l’on débourse 2 100 euros, aucun compromis n’est permis.
Cela ne signifie pas que le Z Fold 7 ne marque pas un tournant pour Samsung. Plus fin et plus léger, il prend enfin la forme d’un smartphone classique une fois fermé. Ses écrans sont sublimes, le logiciel maîtrisé de bout en bout et le module photo principal digne des références du marché.
Samsung est donc sur la bonne voie, mais le compte n’y est pas encore. À défaut d’être parfait, le Galaxy Z Fold 7 est spectaculaire ! Mais attention à la concurrence, notamment celle de Honor, qui continue aussi d’améliorer sa recette tout en baissant ses tarifs.
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Galaxy Z Fold 7
2 099€On aime
- Enfin plus fin et plus léger
- Ecrans magnifiques
- Bonne performances mais...
- Excellent module photo principal
- Logiciel maîtrisé
On aime moins
- Format 21:9 toujours pas assez confortable
- Autonomie trop juste et charge lente
- ... bridées à cause de la chauffe
- Modules photo secondaires trop justes
- Prix stratosphérique (et en hausse !)






















