Le futur se dessine-t-il en réalité augmentée ? Snap, à l’origine du réseau social Snapchat, y croit. Avec les Spectacles 5, l’entreprise propose la version la plus aboutie de ses lunettes connectées. Après l’échec commercial de la toute première version, Snap a transformé ses Spectacles en produit pour développeurs. Et de revoir ses ambitions.
Les limitations techniques et réglementaires actuelles rendent les lunettes à réalité augmentée peu intéressantes. Mais Snap considère que les avancées en matière de miniaturisation et d’usage en feront la prochaine révolution technologique. Quand ? Dans les années 2030 estime l’entreprise. Avec plus de 4 millions de filtres déjà créés via Lens Studio et 6 milliards d’interactions quotidiennes avec les Lenses AR sur Snapchat, l’entreprise dispose d’un écosystème solide pour développer cette technologie.
En attendant des avancées technologiques majeures, les ingénieurs et développeurs travaillent pour peaufiner la recette. À Paris, au coeur de Station F, l’AR Studio regroupe une douzaine d’experts de la réalité augmentée. Créé il y a 3 ans dans le cadre de Choose France, il s’agit du premier centre d’excellence sur la réalité augmentée. Nous l’avons visité et essayé les Spectacles 5. Voici les 5 choses qui ont retenu notre attention.
La conception des Spectacles 5 est impressionnante
La première surprise vient de la fiche technique des Spectacles 5. Malgré un poids contenu de 226 grammes, elles embarquent une technologie de pointe qui ferait rougir certains casques de réalité mixte bien plus imposants.
Chaque branche des lunettes est équipée d’une puce Qualcomm XR2 Gen 2, alors que des appareils comme le Meta Quest 3 n’en utilisent qu’une seule. Cette configuration assure une fluidité remarquable, même au cours d’expériences exigeantes. Les lunettes disposent également d’un système de refroidissement efficace qui évite toute surchauffe pendant l’utilisation.
Les technologies utilisées pour afficher les contenus dans les lunettes sont tout aussi impressionnantes. Les Spectacles proposent un champ de vision de 46° en format 9/16 (vertical) et une résolution de 37 pixels par degré, soit trois fois plus que la génération précédente. Cette amélioration se ressent immédiatement : les éléments virtuels sont plus nets et mieux définis, ce qui renforce considérablement l’immersion.
La connectivité est assurée par le WiFi 6 et le Bluetooth, tandis que quatre caméras (deux couleur et deux infrarouges), un IMU (Unité de Mesure Inertielle) 6 axes et un GPS permettent un suivi précis des mouvements et de l’environnement.
L’expérience est intuitive
Autre bonne surprise : les Spectacles 5 disposent de nouvelles interfaces plus faciles à utiliser. Le nouveau système d’exploitation SnapOS propose une interface épurée et intuitive qui facilite la navigation entre les différentes applications. L’ensemble donne l’impression d’un produit abouti, pensé pour une utilisation quotidienne et non plus seulement comme un gadget technologique.
Le contrôle gestuel se révèle particulièrement bien pensé : on peut pointer, pincer ou retourner la main pour manipuler les éléments virtuels, comme on peut le faire avec le Vision Pro d’Apple. Si la prise en main demande quelques minutes d’adaptation, on s’habitue rapidement à cette nouvelle façon d’interagir avec le contenu numérique. Snap n’atteint pas encore le niveau de précision du casque d’Apple, mais ses lunettes disposent aussi de moins de capteurs.
La reconnaissance vocale, désormais boostée par ChatGPT, permet d’utiliser les Spectacles 5 d’une autre façon. Elle se révèle très efficace et les interactions multiples.
Enfin, il est possible d’assombrir ou d’éclaircir le champ de vision en fonction de l’environnement. Cette fonctionnalité permet une utilisation confortable aussi bien en intérieur qu’en extérieur. Elle est aussi un bon moyen de choisir si l’on souhaite s’isoler ou rester ouvert au monde qui nous entoure.
De plus en plus d’applications disponibles

Notre session de test nous a permis d’explorer plusieurs applications qui illustrent parfaitement les possibilités offertes par ces lunettes.
L’application “Human Body” nous a particulièrement séduits. En faisant apparaître un corps humain en 3D, elle permet d’explorer l’anatomie de manière interactive, guidée par un assistant vocal qui détaille les fonctions de chaque organe. On imagine facilement l’intérêt pédagogique d’un tel outil dans un contexte scolaire et universitaire.
Nous avons aussi pu échanger quelques passes avec un ballon de football dans un environnement virtuel mais avec un vrai ballon. Ou encore jouer au golf en utilisant notre smartphone comme club. Impressionnant.
La persistance des éléments virtuels nous a bluffés. Les objets créés restent correctement positionnés dans l’espace, même lorsque vous vous déplacez dans la pièce. Les lunettes mémorisent l’emplacement de vos créations, ce qui renforce l’illusion que le virtuel fait partie du monde réel.
Une expérience collaborative
Les Spectacles 5 ne se limitent pas à une expérience individuelle. Plusieurs utilisateurs équipés de ces lunettes peuvent partager un même espace virtuel.
Nous avons pu tester le dessin collaboratif, où chaque participant voit en temps réel les créations des autres. Cette fonctionnalité pourrait complètement changer certains processus créatifs en entreprise. On imagine par exemple des équipes distantes de concepteurs 3D travailler sur un même projet comme si elles se trouvaient dans la même pièce.
Un produit d’avenir avec quelques limitations technique
Malgré leurs nombreuses qualités, les Spectacles 5 présentent encore quelques limitations techniques. La plus évidente concerne l’autonomie, limitée à 45 minutes. Suffisant pour des sessions de démonstration ou de création courtes, cela reste un frein pour une utilisation prolongée. Heureusement, il est possible de les utiliser branchées pour des sessions plus longues. Mais les déplacements dans l’espace deviennent alors plus limités.
Le design, bien qu’amélioré par rapport à la génération précédente, reste imposant comparé à des lunettes classiques. Enfin, le prix reste un obstacle majeur pour le grand public. Actuellement proposées aux développeurs sous forme d’abonnement à 110 euros par mois sur un an, ces lunettes s’adressent avant tout aux créateurs de contenu et aux entreprises.
Les porte-paroles de Snap n’ont pas vocation à proposer ce produit sur le marché pour le moment. En revanche, ils n’écartent pas cette idée lorsque les progrès en matière de miniaturisation permettront d’intégrer toutes ces technologies dans un format plus proche d’une vraie paire de lunettes.
En attendant, l’entreprise peaufine le développement des usages. Avec des résultats de plus en plus séduisants.
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