Le 2 avril dernier, la sanction est tombée. Après un vote, aux allures de plébiscite, la maire de Paris annonçait que les trottinettes en libre-service (Dott, Lime et Tier) seraient bannies du bitume parisien à compter du 1er septembre.
Désormais bredouilles, les utilisateurs de trottinettes n’ont désormais plus que trois alternatives pour se déplacer. Reprendre les transports en commun avec le coût qui va avec. Rappelons qu’un pass Naviguo coûte en moyenne 430 euros par an aux salariés du privée et le double pour les travailleurs indépendants. Et ce prix doit encore augmenter en 2024…
Il est également possible d’utiliser un vélo électrique en libre-service. Or, la plupart des conducteurs de trottinettes vous le diront. En plus d’aimer le format plus pratique de cet engin, par rapport à un vélo, ils aiment également la sensation de conduite.

Dernière option donc, la plus logique pour la plupart des anciens utilisateurs des trottinettes en libre-service, acquérir son propre modèle. Comme nous l’avions déjà évoqué, le marché des trottinettes électriques est en plein essor. Les Français qui se tournent vers ce moyen de transport acceptent de payer plus cher pour avoir des produits de meilleure qualité.
Du coup, nous nous sommes tournés pour ce test vers un produit milieu de gamme, la Scooter 4 de Xiaomi. Nous l’avons récupérée début juillet afin de l’apprécier sous différents trajets pendant deux mois à Paris.
Est-ce que la Scooter 4 de Xiaomi justifie son prix ? Et surtout à quel type d’usager s’adresse-t-elle ? La réponse, dans notre test complet.
Prix et disponibilité de la Xiaomi Scooter 4
En avril dernier, Xiaomi a présenté les trois nouvelles références de son catalogue. La Scooter 4, notre véhicule de test, se facturait 549 euros à sa sortie. Elle vient remplacer la 4 Pro que nous avons testé l’an dernier et qui était bien plus chère (779 euros). Le constructeur chinois a présenté également la 4 Ultra (999 euros) et la 4 Lite (399 euros).
Il est intéressant de remarquer donc que le milieu de gamme de la marque a baissé en prix, tandis qu’une nouvelle référence haut de gamme est apparue.
Oui, pour sa qualité de fabrication

Si les trottinettes Xiaomi sont désormais facilement reconnaissables par le grand public, c’est parce que le constructeur cultive un esthétisme commun à chacun de ses modèles. Dans la lignée de ses autres produits, la Scooter 4 est très agréable à l’œil.
En plus d’être belle, la Scooter 4 respire la robustesse avec son alliage en aluminium, son large deck et ses câbles qui savent rester discrets. Avec ses 117 cm de haut et ses 115 cm de long, elle est plutôt contenue. Certains autres modèles milieu de gamme, notamment chez NIU ou Segway-Ninebot, sont plus imposants.

Doté de larges poignées antidérapantes, le guidon est lui aussi d’excellente facture. Durant nos tests, des personnes mesurant 1,95 m, 1,81 m et 1,72 m, pour être précis, l’ont essayé sans ressentir aucune gêne dans leurs mouvements.

Avec sa largeur confortable d’environ 47 cm, il est bien maniable, tandis que la gâchette d’accélération ne souffre d’aucun jeu et tombe facilement sous le doigt. Comme sa grande sœur haut de gamme, la 4 Pro repose sur d’élégantes roues de 10 pouces qui viennent parachever à merveille son allure premium.
Oui, pour sa conduite et sa stabilité

La trottinette Scooter 4 embarque dans sa roue avant un moteur qui délivre 300 W en continue et 600 W en pic. Au petit jeu de la puissance pure, Xiaomi revoit donc ses ambitions à la baisse puisque la 4 Pro de l’an dernier affichait respectivement 350 W et 700 W.
Est-ce que cela se ressent dans l’accélération et la conduite ? Pas du tout ! Déjà, car la Scooter 4 est plus légère (15,2 Kg contre 16,5 Kg). Ensuite, car cette puissance fut largement suffisante pour la plupart de nos trajets urbains.
La Scooter 4 dispose de trois modes :
- le mode piéton, 6 km/h maximum.
- le mode D, soit 20 km/h maximum.
- le mode S, soit le maximum de vitesse légale, 25 km/h.

Dans les montées modérées, la trottinette tire un peu la langue, le compteur n’excédant jamais les 20 km/h. Dans les pentes plus raides (ce fut le cas lorsque nous nous sommes baladées à Montmartre) elle avait plus de mal à tirer nos 80 kg. Notre vitesse de croisière était alors plutôt proche des 13-15 km/h.
On ne lui en veut pas trop, car son accélération est fluide, sans être agressive, tandis que la reprise lors d’un arrêt est rapide. En montée et sur une route dégagée, le mode S est à privilégier. D’autant, que la Scooter 4 atteint sa vitesse maximale en environ 7,5 secondes, ce qui n’est pas mal du tout.
Lorsque la piste cyclable ou la route fut plus embouteillée, nous sommes restés sur le mode D pour plus de sécurité. Sa taille plus compacte lui offre un avantage et un défaut par rapport à ses concurrentes plus imposantes. De nombreuses fois, nous avons pu nous faufiler comme une souris entre la circulation à l’arrêt. À chaque fois avec aisance et un vrai sentiment de sécurité.
Par contre, sur les changements brutaux de direction, elle est moins à l’aise, tout comme lorsque nous avons voulu prendre des virages serrés à pleine vitesse. Après, cela va dépendre de la conduite de chacun. La nôtre, plutôt nerveuse, ne lui a visiblement pas toujours plu dans ces situations.
Oui et non pour son confort
Comme vous avez pu le remarquer sur les photos, la Scooter 4 ne possède pas de suspensions. Heureusement, les pneus tubeless sont de bonne qualité et offrent une bonne assise sur des routes irrégulières (graviers, caniveaux…).
Par contre, sur de gros obstacles ou des nids de poules, et Paris en possède beaucoup, c’est plus compliqué. Sur les pavés, les secousses restent supportables, sans être totalement absorbées, notamment au niveau des bras.
Bien qu’elle ne soit pas une trottinette à conseiller lors d’un Paris-Roubaix, la Scooter 4 propose tout de même un deck sur lequel on se sent à l’aise. Avec sa longueur de 55 cm, et sa largeur de 16 cm, il permet une conduite confortable, même lors de longs trajets.

Enfin, pour se faire pardonner de ne pas être un 4×4, la Scooter 4 propose un excellent confort de freinage. À l’arrière, un double frein à disque gère le ralentissement, tandis qu’à l’avant un eABS empêche de bloquer la roue.
Dans une situation normale, le freinage est à la fois puissant et progressif. On se sent en sécurité, sans avoir l’impression que l’on va passer par-dessus le guidon en cas d’à-coup mal maîtrisé.

Surtout, lors de nos quelques arrêts d’urgence, notamment sous la pluie, la roue ne s’est jamais bloquée. Le freinage fut mordant et ne nous a jamais mis en situation de danger ou de patinage. Et pour encore plus de sécurité, le feu de freinage qui clignote pour avertir les autres usagers est puissant et bien visible.
Oui et non pour son poids

Avec son poids de 15,2 kg, la Scooter 4 n’est pas la plus lourde des trottinettes milieu de gamme. Cela ne fait pas d’elle pour autant un véhicule facilement transportable. Dans une situation de mobilité intermodale, utiliser sa trottinette et les transports en commun, tout dépend de la configuration du trajet.
Vu son poids, elle fera l’affaire pour prendre un RER ou un TER. Nous l’avons emporté deux fois durant l’été, pour aller à Bar-Le-Duc, sans trop de problèmes. D’autant que la prise est bonne pour la porter et que le pliage s’effectue rapidement et facilement. Il suffit d’ouvrir la charnière, de pousser le loquet et de tirer vers l’avant.

Ainsi, elle affiche alors des dimensions acceptables puisque sa hauteur passe à 47 cm. Nous avons pu la glisser dans des compartiments à bagages sans qu’elle ne gêne trop personne.
Pour une utilisation plus hybride, cela va dépendre de vos pérégrinations. Dans le métro parisien, il faut se coltiner son poids dans les escaliers et dans les couloirs. Si votre trajet nécessite plus d’un changement, cela risque d’être fatiguant. Si vous pouvez accéder et sortir rapidement de votre ligne, c’est tout à fait acceptable.
Pour la ranger chez soi, c’est un peu la même logique. En appartement et sans ascenseur, au-delà de quatre étages, cela devient sportif. À chacun ici de peser le pour et le contre en fonction de son mode de vie et de ses déplacements quotidiens.
Non pour son autonomie

Comme quoi, il est parfois utile de lire les petits textes en bas de page. Sur son site, Xiaomi indique les conditions du test d’autonomie de sa trottinette. À savoir avec une charge allant de 70 à 80 kg, sur une route plate et à une vitesse constante de 15 km/h, la Scooter 4 tient théoriquement 30 km grâce à sa batterie de 275 Wh.
En pratique, c’est une toute autre histoire. Au-delà du poids, l’autonomie va dépendre de divers facteurs comme le dénivelé, les irrégularités de la route, le nombre d’arrêts et de reprises ou encore la météo (pluie, vents).
Durant la durée de notre prêt, nous avons donc effectué deux tests. Sur le premier, nous avons conduit à une vitesse maximale, dès que nous le pouvions, sur des trajets avec quelques pentes et souvent par temps de pluie. Le mois de juillet à Paris fut désastreux, ce qui nous a bien aidé. La Scooter 4 a tenu alors difficilement 20 Km.
Pour le deuxième, nous avons bloqué la vitesse à 20 km/h en privilégiant au maximum les trajets avec du plat. Le résultat fut plus honorable, puisque la Scooter 4 n’a rendu l’âme qu’au bout de 24 Km. Dans les deux cas, nous nous sommes servis du freinage régénératif que nous avons réglé sur mode « moyen » dans l’application dédiée. Ce dernier nous a permis de grappiller environ deux ou trois kilomètres à chaque fois.
Quoiqu’il en soit, l’autonomie est un peu trop moyenne pour une utilisation ultra-intensive. La grande concurrente de la Scooter 4, la Ninebot F2 Pro, est plus à l’aise dans ce domaine. Utiliser quotidiennement, il faudra la recharger entre 2 et 3 fois par semaine.
Heureusement, Xiaomi se rattrape sur ce temps de charge. Pour récupérer la moitié de la batterie, il nous a fallu en moyenne 2h et le double pour atteindre les 100%. Cette vélocité est appréciable et permet de recharger la trottinette le midi au bureau afin de l’utiliser le soir, si jamais elle tire la langue.
Non pour des petits détails

En cumulant de menus défauts, la Scooter 4 peut paraître énervante aux yeux de certains connaisseurs. Commençons par son écran. Bien qu’il soit grand et facile à lire, même la nuit, il devient compliqué de l’utiliser en plein soleil.
La surface utilisée reflète intensément la lumière et empêche la lecture des informations. Incorporer un traitement antireflet ou une option pour régler la luminosité serait d’ excellentes pistes d’améliorations.
De plus, l’application Xiaomi Home, qui sert de tableau de bord à la Scooter 4, manque de deux options indispensables. Sur cette dernière, il est possible de voir l’état de la batterie, de choisir le freinage régénératif et d’accéder aux statistiques de nos précédents trajets.

Et c’est à peu près tout avec la gestion du feu arrière et la fonction de verrouillage à distance. Pas d’alarme, ni de fonction de géolocalisation pour retrouver son engin ou pour avoir un résumé visuel de ses parcours.
Enfin, nous regrettons, encore et toujours, l’absence de clignotant et une béquille qui est un peu trop bancale à notre goût. La poser dans l’herbe ou sur un tapis est un vrai travail de funambule. Positionner la béquille à l’avant serait peut-être plus pratique.
Notre avis sur la trottinette Xiaomi Electric Scooter 4
Afin de savoir si la Scooter 4 est un investissement judicieux, il faut réussir à concilier vos besoins, les qualités du produit et votre mode de vie et de conduite.
Pour un premier achat, et si vous habitez en province ou à la campagne, c’est un excellent produit. La qualité de fabrication ne souffre d’aucun défaut, la conduite est agréable et maniable, le freinage rassurant et le confort satisfaisant. Ce véhicule se révélera utile pour vos trajets interurbains et pourra se transporter sans trop de difficulté dans un TER ou un train pour des voyages plus longs.
Dans une grande ville ou à Paris, tout dépend de vos trajets réguliers. Si ceux-ci ne nécessitent pas beaucoup de métro, peu d’escaliers à monter, des routes plates et sans trop de montées, alors la Scooter 4 pourrait vous séduire pour sa conduite douce et attrayante. D’autant que pour la rentrée, Xiaomi a décidé de baisser son prix. Elle est dorénavant disponible au pris de 499 euros.
Si c’est le contraire, que vous avez besoin de souvent la déplacer dans le métro, elle risque de vite vous fatiguer. Du coup, quitte à investir pour la première fois, tournez-vous plutôt vers un modèle plus compact comme la Scooter 4 Lite (379 euros). Certes, elle aura moins de punch, mais elle sera moins onéreuse et vous permettra de mieux appréhender l’ensemble de vos transport.
Si vous n’êtes pas novice en trottinette et que vous souhaitez avaler les kilomètres avec une conduite plus sportive, lorgnez plutôt sur la Scooter 4 Ultra ou la Segway-Ninebot F2 Pro. Meilleure autonomie, présence de suspensions, moteur plus puissant… Ces modèles seront plus à même de satisfaire votre soif de bitume.
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