Depuis ce dimanche 8 février, il est bien plus difficile d’entrer aux Etats-Unis depuis la France. Le gouvernement dirigé par Donald Trump entend en effet désormais que les touristes de 42 pays actuellement exemptés de visas fournissent leurs historiques sur les réseaux sociaux depuis cinq ans, d’après un avis publié ce mercredi 10 décembre dans le Register Federal, l’équivalent du journal officiel. La mesure est, comme prévu, entrée en vigueur dans soixante jours.
Outre la France, des nations alliées des États-Unis, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon ou Israël sont concernées. Leurs citoyens, qui doivent déjà obtenir une autorisation de voyage électronique (ESTA) pour se rendre chez l’Oncle Sam, vont donc devoir soumettre leurs réseaux sociaux pour venir séjourner sur place.
La démarche devient particulièrement intrusive et ne se limite pas aux réseaux sociaux. D’autres données deviennent impératives, telles que les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années, ainsi que vos e-mails depuis dix ans. De même, certaines informations sur les membres de la famille (noms, numéros de téléphone, date et adresse) sont exigées.
Welcome to the United States 2026
VISA ESTA
Voici la liste des données personnelles que vous devez désormais donner pour entrer aux États-Unis.– Comptes sur les réseaux sociaux (5 dernières années)
– Adresses électroniques personnelles (10 dernières années)
– Données…— LAURENCE HAIM (@lauhaim) February 9, 2026
Des étudiants arrêtés pour leurs propos sur les réseaux sociaux
Ce dispositif a de quoi en refroidir plus d’un et l’industrie touristique a déjà exprimé ses craintes. The Guardian mentionne notamment une baisse de 9 % du nombre de visiteurs étrangers en Californie l’an dernier. Dans le même temps, Hollywood Boulevard à Los Angeles a enregistré une chute de 50 % de la fréquentation piétonne à l’été 2025.
Ces mesures pourraient aussi gâcher la prochaine Coupe du Monde de football 2026, qui se tiendra en juin et juillet prochain. La FIFA espère attirer 5 millions de supporters pour l’occasion, mais l’administration dirigée par Donald Trump lui met clairement des bâtons dans les roues.
Il faut dire que le gouvernement ne prend pas ces mesures à la légère. Nos confrères rappellent à cet égard que les étudiants étrangers aspirants à venir aux États-Unis doivent déjà révéler leurs réseaux sociaux sous peine d’être soupçonnés de dissimulation. Plusieurs d’entre eux ont aussi été arrêtés cette année pour avoir exprimé leur soutien en ligne aux Palestiniens dans le cadre de la guerre à Gaza.
Dans le même temps, le gouvernement a demandé à ses agents consulaires de refuser les visas à toute personne ayant travaillé à vérification des faits ou à la modération de contenu dans des entreprises de médias sociaux. Il estime en effet qu’ils sont « responsables ou complices de la censure ou de la tentative de censure de la liberté d’expression aux États-Unis ». Une liberté qui ne semble devoir s’appliquer que dans un sens.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.