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Tout le monde regarde vers Mars, et l’Europe sort le chéquier pour explorer Vénus

Thalès Aliena Space vient de signer un contrat de 367 millions avec l’agence spatiale européenne. L’objectif : aller sur Vénus.

« Nous irons sur Mars » avec ces mots, le président nouvellement investi Donald Trump a figé un grand sourire sur le visage de son ami et financier Elon Musk. L’homme d’affaires né en Afrique du Sud rêve de finir ses jours sur notre voisine rouge.

Mais alors que l’Oncle Sam a les yeux rivés vers elle, c’est une autre planète de notre système solaire, bien plus inhospitalière qui intéresse l’Europe. L’ESA (Agence spatiale européenne) vient en effet de signer un contrat avec l’entreprise franco-italienne Thales Aliena Space.

Avec une enveloppe de 367 millions d’euros, l’objectif est de construire une sonde spatiale, capable d’observer Vénus. Une mission d’envergure qui rappelle le programme Venus Express, lancée par l’Europe au début des années 2000.

EnVision : une étude en profondeur

Avec cette nouvelle sonde lancée sur la planète la plus inhospitalière de notre système solaire, l’objectif pour l’Europe est de comprendre comment cette voisine de la Terre adopte de telles conditions de vie. Les scientifiques demandent la construction d’une sonde capable d’observer toute la géologie vénusienne. De son noyau à sa haute atmosphère, tout va être passé au peigne fin.

Dans un communiqué de presse, la société explique vouloir donner une « vision d’ensemble » de l’écosystème vénusien. La sonde, d’un poids de 2,5 tonnes à son départ de la Terre, devrait se placer en orbite polaire autour de Vénus.

Vénus : une voisine tourmentée

Sur le papier, la Terre est Vénus sont comme des sœurs jumelles. Elles sont toutes les deux à bonnes distances du Soleil, assez grandes pour avoir une atmosphère et dans ses premières heures, Vénus était sans doute aussi hospitalière que la Terre.

Mais, pour une raison encore à définir, notre sœur jumelle est devenue un véritable enfer. Aujourd’hui sa température de surface dépasse les 460 °C alors que la pression atmosphérique nous écraserait en quelques secondes avec 93 bars (l’équivalent d’une plongée à 1000 mètres de profondeur).

Son atmosphère est étouffante, avec une très grande proportion de dioxyde de carbone et de diazote. Au cours de l’histoire récente, une vingtaine de missions, soviétiques, Américaines et Européennes se succèdent autour de Vénus.

Jamais les scientifiques n’ont réussi à comprendre pourquoi cette planète avait connu un tel sort, alors que la Terre est elle devenue habitable. L’une des théories les plus probables est que Vénus ait connu dans son histoire un effet de serre très important.

L’étude de Vénus pourrait donc nous permettre de comprendre ce qui nous attend, à l’heure où la pollution et le réchauffement climatique causé par l’activité humaine nous rapprochent tous les jours un peu plus du destin de notre voisine.

Une sonde pour comprendre le passé

L’objectif d’EnVision, dont le départ est prévu pour le début de la décennie 2030, est de comprendre pourquoi et comment Vénus a eu un tel destin. Les scientifiques espèrent également trouver des réponses concernant le passé de Vénus. A-t-elle abrité la vie ? De l’eau liquide a réussi à se former sur cette planète ? Comment était la surface de Vénus avant que son atmosphère ne devienne étouffante ?

Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponses. Avec la sonde EnVision, l’ESA espère faire un premier pas vers une réponse plus complète. Comprendre l’histoire de Vénus nous permettra également de mieux repérer, à l’avenir, des planètes susceptibles d’arbitre de la vie dans d’autres systèmes solaires.

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