Cette semaine, le Premier ministre, François Bayrou, a fait des propositions très critiquées pour le prochain projet de budget 2026. On retient notamment l’idée d’une année blanche qui viendrait pénaliser une grande partie de la population en ne prenant pas en compte l’évolution de l’inflation ou encore une baisse des remboursements de médicaments. Mais une des mesures les plus décriées serait la suppression de deux jours fériés pour les travailleurs.
Une alternative à la casse sociale
Ces pistes chocs n’ont pas échappé aux médias internationaux et notamment à Bloomberg. Dans un éditorial, le journaliste, Lionel Laurent, est notamment revenu sur ce sujet. Il commente d’emblée : « Au pays des 35 heures, cela s’apparente à une trahison ».
Selon lui, ce projet pose un problème, car il revient à « travailler plus pour gagner moins ». Ainsi, les salariés ne percevraient aucun salaire supplémentaire en échange de leur labeur. Et il ne s’agit en aucun cas d’une réforme structurelle. Autrement dit, cette peine infligée ne résoudrait aucunement le problème des finances publiques tout en sucrant les avantages sociaux des employés.
D’après notre confrère, la France aurait justement bien besoin de mesures pour éviter que son modèle social ne s’effondre, car « son ratio d’endettement et de déficit est parmi les plus élevés de la zone euro et ses taux de croissance parmi les plus faibles (bien que devant l’Allemagne) ».
Mais, selon lui, il faudrait de « donner du travail à davantage de personnes, et non de grappiller deux jours de plus à ceux qui y travaillent déjà ». Il poursuit :
Les données de l’OCDE suggèrent que le taux d’emploi global de la France, à 69 %, reste inférieur à la moyenne. Combler cet écart pourrait augmenter la production de 10 %, selon Patrick Artus, économiste chez Natixis SA. Davantage d’emplois pour les seniors, l’accès des femmes à l’emploi et une approche intelligente de l’immigration favoriseraient la croissance, compenseraient le défi démographique posé par la vague de départs à la retraite des baby-boomers et allégeraient la pression sur les finances publiques.
Il conclut : « Si l’objectif est de préserver un mode de vie français et européen dans un contexte de ralentissement de la croissance, il existe de meilleures solutions que de recouper le gruyère des jours fériés ».
Si vous souhaitez approfondir le sujet des annonces de François Bayrou, n’hésitez pas à vous reporter sur nos précédents articles ici et là.
Ce qu’il faut retenir :
- Le Premier ministre a présenté ses options pour le prochain budget
- Ses choix suscitent de très vives oppositions
- Un éditorialiste de Bloomberg propose un autre angle de réforme qui protège le modèle social français tout en le réformant
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