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« Un comportement pas professionnel » ? : voici ce que relève la NASA sur les astronautes bloqués dans le vaisseau de Boeing

C’est rarissime. La NASA a rendu public un rapport interne de plus de 300 pages sur la mission Starliner. L’agence spatiale y critique frontalement Boeing, mais aussi ses propres processus décisionnels, révélant des tensions internes inédites autour d’un vol habité qui a failli tourner au drame.

En 2024, la capsule Starliner de Boeing réalisait son premier vol habité dans le cadre du Commercial Crew Program de la NASA. Lancé près d’une décennie plus tôt pour confier les vols habités à des partenaires privés, ce programme avait déjà vu SpaceX s’imposer avec Crew Dragon, devenu en quelques années le principal moyen américain d’accès à la Station spatiale internationale (ISS). But de cette mission : prouver que Starliner pouvait enfin rejoindre le club des véhicules certifiés.

Mais elle ne s’est pas passée comme prévu. À peine 24 heures après le lancement, plusieurs propulseurs de manœuvre ont cessé de fonctionner lors de l’approche de la Station spatiale internationale, forçant les astronautes Butch Wilmore et Suni Williams à intervenir manuellement. Initialement planifiée pour durer une dizaine de jours, la mission s’est transformée en un séjour de neuf mois dans l’espace, la NASA ayant finalement décidé de rapatrier l’équipage à bord d’une capsule Dragon de SpaceX .

Arrivé récemment à la tête de l’agence, l’administrateur Jared Isaacman avait promis plus de transparence sur les incidents majeurs. Il s’est exécuté avec la publication d’un rapport interne explosif.

Starliner Nasa Orbite
© NASA

La vie des astronautes était clairement en danger

Outre des défaillances techniques, le document dénonce une crise organisationnelle profonde. Dans une lettre adressée aux employés, Jared Isaacman estime que « le problème le plus inquiétant n’est pas matériel », mais bien « une prise de décision et un leadership qui pourraient créer une culture incompatible avec les vols habités ».

Les témoignages recueillis décrivent des réunions sous haute tension, avec des « comportements non professionnels » et même des cris lors des discussions techniques. « C’était probablement l’environnement le plus hostile dans lequel j’ai travaillé », confie un responsable cité dans l’enquête. D’autres évoquent des échanges « émotionnels et improductifs » qui ont compliqué la gestion de la crise.

La NASA reconnaît clairement que la vie des astronautes a été mise en danger. L’agence a reclassé la mission comme un incident de type A, la catégorie la plus grave, dans laquelle les tragédies des navettes Challenger et Columbia, notamment, sont répertoriées.

Starliner Boeing Espace
© Boeing

Ce qui attend désormais la capsule Starliner

De son côté, Boeing affirme avoir déjà engagé des changements organisationnels et des corrections techniques. L’entreprise a dépensé des dizaines de millions de dollars pour tenter de corriger les défauts identifiés, alors que le programme accuse déjà près de 2 milliards de dollars de surcoûts depuis 2016.

La NASA, elle, a réduit la valeur totale du contrat et le nombre de missions prévues pour Starliner. L’objectif reste pourtant inchangé : disposer de deux véhicules américains capables de transporter des astronautes vers l’ISS afin d’éviter toute dépendance à un seul partenaire. Mais face à la fiabilité démontrée par Crew Dragon, la capsule de Boeing devra désormais prouver qu’elle peut répondre aux exigences de sécurité les plus strictes.

Elle doit effectuer une première mission cargo dès cette année. Les potentiels vols habités dépendront de son déroulé.

  • La NASA a publié un rapport interne de plus de 300 pages au ton exceptionnellement âpre sur la mission Starliner.
  • L’agence à classé l’incident parmi les plus graves.
  • Le programme Starliner doit corriger ses failles techniques et organisationnelles pour espérer continuer.

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