Boeing prévoit de lancer ce samedi après-midi sa capsule Starliner. Si la mission réussie, elle enverra deux astronautes (Suni Williams et Butch Wilmore) dans la station spatiale internationale. L’accomplissement de 10 ans de travail et la première d’une longue liste de missions confiées par la NASA.
Car plus encore que Boeing, l’agence spatiale américaine attend beaucoup de ce vol du premier juin. Reporté de trop nombreuses fois, la mission va enfin avoir lieu. Pour la première fois depuis des années, la NASA aura alors deux solutions pour se rendre dans l’espace.
Car depuis l’arrêt des navettes spatiales, trop couteuses, la NASA a du envoyer ses astronautes en Russie pour qu’ils rejoignent l’orbite sur un Soyouz vieux de plusieurs décennies. Un vrai désaveu pour les américains, qui voulaient mettre fin à cette dépendance le plus rapidement possible.
La genèse d’un projet vieux de 10 ans
Il y a 15 ans, la NASA lance alors un tout nouveau programme. Elle demande à des entreprises privées d’imaginer des capsules capables de transporter du fret vers l’ISS. SpaceX se démarque alors avec sa Dragon et remporte des petits contrats avec l’agence.
Quelques années plus tard, l’agence spatiale américaine change de cap de demande désormais des capsules capables de transporter des astronautes.
SpaceX est en pole position pour cette mission et remporte facilement le contrat. Mais la NASA ne veut pas s’arrêter à cette seule solution. Si les Crew Dragon fonctionnent parfaitement (c’est ce module qui a envoyé Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale), la NASA veut avoir un plan B en cas de problème avec le Crew Dragon. L’objectif pour l’agence est de ne pas retourner dans les jupes de la Russie, surtout que les discussions avec Moscou sont plus que tendus depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Boeing : le plan B de la NASA
C’est pour répondre à ce besoin de deuxième capsule que Boeing développe depuis le début des années 2010 : Starliner. C’est cette capsule qui doit prendre son envol ce samedi après-midi. Si elle atteint l’orbite comme prévu, la NASA devra alors faire des choix de riche pour ses prochaines missions. Elle pourra lancer une guerre des prix entre SpaceX et Boeing, les deux entreprises ayant des capsules capables d’envoyer des astronautes en orbite.
Pour Boeing le vol de ce samedi est donc une mission de la plus haute importance. Depuis quelques années, l’entreprise n’est pas très à l’aise dans les airs, elle a déjà rencontré des problèmes de taille avec ses avions et elle souffre de la concurrence avec son rival européen Airbus.
Starliner : Boeing n’a pas le droit à l’échec
De son côté la mission Starliner est une arlésienne dans l’histoire récente de Boeing. L’entreprise s’est déjà présentée plusieurs fois sur le pas de tir, sans jamais mener de missions habitées vers l’ISS. Il serait tant que cette interminable attente cesse. Surtout que le projet Starliner a coûté très cher à l’entreprise. Le budget initial aurait été dépassé de 1,5 milliard de dollars.
Malgré ce long temps de développement, Starliner serait toujours une solution moins intéressante que Crew Dragon chez SpaceX. En effet, un siège dans la capsule de SpaceX couterait 55 millions de dollars. Pour la même prestation chez Boeing il faudrait compter pas moins de 90 millions de dollars.
Rien n’assure donc que la NASA va attribuer beaucoup de vols à Boeing si l’entreprise ne baisse pas considérablement ses prix dans les prochaines années.Le vol du premier juin n’est donc qu’une étape dans le développement de cette capsule, en aucun cas une finalité.
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