Jesse Levinson, directeur technique et cofondateur de Zoox (entreprise qui conçoit aussi des véhicules autonomes électriques), vient de remettre frontalement en question les ambitions de Tesla. Alors qu’Elon Musk a promis lors de son événement « We, Robot » le déploiement de ses Robotaxis dès 2025, l’expert pointe les failles technologiques du constructeur. Son principal reproche : l’inadéquation de ses choix techniques avec les exigences de sécurité d’un service de transport sans conducteur.
Des fondations technologiques insuffisantes
L’analyse de Levinson cible particulièrement l’approche minimaliste de Tesla en matière de capteurs. Le constructeur fait le pari des caméras comme unique source de données, une stratégie que le directeur technique de Zoox juge insuffisante pour garantir la sécurité d’un véhicule totalement autonome. Il va même plus loin en affirmant : « Le vrai problème, c’est que leur technologie n’est pas réellement au point. Quand je dis “au point”, je fais la différence entre un système d’assistance qui conduit la plupart du temps – sauf quand il échoue et qu’il faut reprendre les commandes – et un système si fiable et solide qu’il n’a plus besoin d’un humain aux commandes. »
Selon lui, la techno Full Self-Driving (FSD) sur laquelle repose le fonctionnement du Cybercab de Tesla n’est pas suffisamment sûre. Levinson lui-même l’utilise lui-même « toutes les deux semaines environ ». Bien qu’il n’ait aucun problème à la qualifier « d’impressionnante », il confie aussi la trouver « un peu stressante ». « La plupart du temps, ça fonctionne bien, ça vous met même en confiance, et puis, subitement, ça dérape complètement », explique-t-il.
Le fossé entre promesses et réalité
Les chiffres avancés à propos du FSD par le cofondateur de Zoox, sont édifiants : « En se basant sur toutes les données disponibles, c’est environ 100 fois moins sûr qu’un conducteur humain ». Cette évaluation contraste fortement avec les rapports de sécurité publiés par Tesla, dont la méthodologie est régulièrement remise en question par les experts du secteur. Le prototype du Cybercab dévoilé il y a trois semaines, censé révolutionner le transport urbain en Californie et au Texas d’ici fin 2025, apparaît ainsi davantage comme une vitrine technologique que comme une solution viable à court terme.
Alors que Zoox s’apprête à lancer son propre service de Robotaxis à San Francisco et Las Vegas dans les prochaines semaines, le débat sur la maturité des technologies de conduite autonome n’est pas près de se tarir. Les obstacles techniques soulevés par Levinson nous rappellent que la route vers une autonomie totale des véhicules en milieu urbain reste encore longue, bien loin des échéances optimistes annoncées par Musk.
- Jesse Levinson, cofondateur de Zoox, critique l’approche de Tesla pour les Robotaxis, estimant sa technologie insuffisante pour une conduite totalement autonome et sécurisée.
- Selon lui, la stratégie de Tesla, qui repose uniquement sur des caméras, ne peut pas répondre aux exigences de sécurité d’un véhicule autonome.
- Levinson estime que le système FSD de Tesla est environ 100 fois moins sûr qu’un conducteur humain, contrastant avec le calendrier de déploiement prévu par Musk pour 2025.
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