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Voici à quoi ressemble le crash test d’une voiture autonome

Zoox tente de prouver que ses voitures autonomes ont leur place sur la route – à des autorités américaines qui traînent les pieds…

  • Zoox dévoile une vidéo des crash tests – censés autoriser, à en croire la firme, dès maintenant la mise en circulation des première Zoox autonomes aux Etats-Unis sans aval préalable des autorités
  • La Sécurité Routière américaine (NHTSA) a depuis lancé un audit, toujours en cours, pour vérifier le sérieux des procédures employées par la firme
  • Si le NHTSA valide les méthodes employées, Zoox deviendrait de facto le premier constructeur des Etats-Unis autocertifier avec succès un véhicule entièrement autonome

On pourrait avoir trop facilemennt l’impression que la voiture autonome est encore loin de se généraliser sur les routes – mais ce serait ignorer que de nombreux constructeurs sont en ce moment sur les starting blocks, quitte à aller plus vite que ce que les lois ne semblent le permettre pour l’instant. Une des entreprises les plus avancées dans ce domaine n’est d’ailleurs pas vraiment Tesla – dont le système FSD (toujours en bêta) n’est finalement pour l’instant qu’une assistance à la conduite “plus plus”.

On reste en effet à une assistance de niveau 2 sur une échelle qui va de 0 à 5, même si la firme vise, comme General Motors, une autonomie complète de niveau 5 à terme. La présence d’un conducteur reste donc indispensable pour superviser son fonctionnement – il doit être prêt à réagir à tout moment. Des concurrents comme Audi (système Traffic Jam Pilot), Honda (système Honda Sensing Elite) ou encore Mercedes-Benz (Drive Pilot) sont déjà plus avancés et proposent dans certains pays une assistance de niveau 3.

Pourquoi Zoox force un peu la main des autorités américaines

Le véhicule peut alors se conduire entièrement lui-même dans certaines conditions de circulation et zonesdélimitées, mais le conducteur doit forcément rester disponible et prêt à reprendre le contrôle en cas de demande du système ou de situation imprévue. Or, pour l’instant, seuls trois constructeurs, tentent de mettre sur les routes un système fonctionnel de niveau 4. On peut citer Waymo avec ses taxis autonomes, ou encore Volvo avec son projet Drive Me.

Bien que moins connu, Zoox fait partie des constructeurs les plus avancés sur le sujet. Le véhicule éponyme de l’entreprise – que Amazon a racheté en 2020 plus de 1,2 milliards de dollars – est fondamentalement une “cabine de transport” sans conducteur. La firme vise à offrir un service de mobilité partagée basé sur des flottes de véhicules autonomes fonctionnant comme des taxis automatisés (robotaxis) qui peuvent se déplacer à 120 km/h dans les deux sens.

Le constructeur met depuis quelques temps le véhicule à l’épreuve et teste diverses manières de protéger les passagers en cas d’accident – et commence à faire rouler des Zoox sur les routes américaines à l’issue d’une procédure d’auto-certification.

Mercredi 12 avril, la firme en a dit plus sur l’arrivée des premières Zoox sur les routes et a mis en ligne la vidéo, reprise en fin d’article, qui montre ses derniers crash tests. A en croire la firme que ces tests sont particulièrement concluants… mais ils viennent de s’attirer un audit des autorités, notamment du NHTSA. Les crash tests proprement dits ont été réalisés un an plus tôt. La mise en circulation le mois dernier découle d’une procédure dite “d’auto-certification” – qui ne concerne normalement pas les véhicules autonomes.

Les résultats dépassent les normes en vigueur, selon Zoox

Bien sûr les autorités américaines ont réagi. Le NHTSA a lancé un audit pour examiner les conditions de cette auto-certification en vue de confirmer ou non les résultats obtenus par Zoox – données techniques à l’appui. La directrice Homologation du constructeur, Amanda Prescott, dont les propos sont repris par nos confrères de Automotive News, veut toutefois croire que les mêmes conditions que celles des voitures classiquent permettent cette auto-certification des Zoox : “les gens voient ça et se demandent ‘comment c’est possible ? Comment vous pouvez avoir le droit [de mettre déjà votre voiture sur les routes, ndlr]?”

Et d’ajouter : “Ils ne comprennent pas le processus de certification. On a simplement fait la même chose que tous les autres constructeurs”, assure-t-elle. Bien sûr, Zoox joue un peu avec les lois actuelles en vigueur. Son véhicule n’a ni volant ni pédales – alors que les véhicules auto-certifiés aux Etats-Unis avaient jusqu’ici toujours ces deux modalités de contrôle. Or, par prudence, des constructeurs comme General Motors et Ford ont tenté de demander des dérogations au NHTSA – mais ces dernières sont laissées lettre mortes depuis plus d’un an.

C’est cet immobilisme qui a poussé Zoox à aller de l’avant sans se soucier de l’opinion préalable de l’autorité routière américaine. Une décision qui devrait dans tous les cas mettre un coup de pied dans la fourmilière et forcer les autorités à faire évoluer (ou à minima préciser) leur position. Pour assurer la sécurité des passagers, Zoox a entre autres développé un nouveau type d’airbags qui enveloppe tous les passagers en cas de crash. On vous propose de découvrir les premiers crash tests de Zoox dans la vidéo ci-dessous :

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