Il ne manquerait plus qu’une marée noire. Chez BP à Londres, la publication des résultats de l’année 2025 a fait mal. Dans ses comptes, le géant pétrolier a vu son bénéfice net baisser de 86 % l’an dernier, à 55 millions de dollars, à cause d’une baisse des prix du pétrole et une transition énergétique difficile. Pour redresser la barre, BP va se recentrer largement sur les hydrocarbures et limiter ses coûts. La société vient d’annoncer qu’elle arrêtait également son programme de rachat d’actions.
Alternative aux dividendes, le rachat d’actions permet aussi à une société de soutenir le cours en Bourse de son action, et d’augmenter le bénéfice par action. Pour BP, le rachat d’actions lui permet surtout d’avoir une grande flexibilité face à des bénéfices largement dépendant du prix du pétrole, là où les dividendes peuvent s’avérer contraignants.
Comme l’annonce BP, le prix du pétrole en 2025 n’est pas son seul problème. Comme d’autres géants du pétrole, l’entreprise britannique a tenté de se tourner vers des activités de transition dans le segment gaz et énergies bas carbone, un virage qui lui a fait subir des dépréciations « d’environ 4 milliards de dollars ». Pour s’en détacher et se recentrer sur son cœur d’activité, l’entreprise a listé pour 20 milliards de dollars d’actifs qu’elle allait céder.
Déjà 11 milliards de dollars d’actifs ont été revendus, a indiqué le groupe mardi 10 février dans un communiqué. Parmi ses opérations, la vente en décembre de 65 % de ses parts dans sa filiale de lubrifiants moteurs Castrol, au fonds d’investissement américain Stonepeak (évaluée par BP à un produit net de 6 milliards de dollars).
En 2026, une nouvelle direction prendra place avec à sa tête Meg O’Neill, une ancienne d’ExxonMobil et de la compagnie pétrolière australienne Woodside Energy. La première femme à diriger un géant pétrolier aura la lourde mission de réduire à 18 milliards la dette du groupe d’ici 2027, qui dépasse aujourd’hui les 20 milliards (depuis plusieurs années déjà). Pour cela, les coûts structurels seront réduits de 5,5 à 6,5 milliards de dollars d’ici 2027 également.
La pression des investisseurs, dont le fonds Elliott Management
En Bourse, les investisseurs n’ont pas accueilli du bon pied les résultats de BP. Le cours de l’action de l’entreprise dévissait de 5,46 %. Il faut dire que le géant pétrolier a aussi déçu pour ne pas avoir atteint le montant estimé d’investissement des analystes, fixé à 13,85 milliards de dollars. BP a annoncé que ses dépenses d’investissement prévues seraient comprises entre 13 et 13,5 milliards de dollars. Dans son capital, le fonds d’investissement activiste américain, Elliott Management, continue lui aussi de faire pression.
À l’annonce de sa prise de participation l’année dernière, Elliott Management avait fait flamber le cours de BP. Pour les autres investisseurs, l’arrivée de ce fonds activiste était une excellente nouvelle pour recentrer les objectifs du groupe : Elliott Management est réputé pour investir dans des entreprises qu’il juge mal valorisées, tout en poussant à des changements pour redresser la barre.
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