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Un laboratoire crée un mini-cerveau fonctionnel avec une imprimante 3D

En Australie, c’est une équipe de scientifiques a réussi cet exploit. Angoissant ou prometteur ?

L’impression 3D est de nos jours largement appliquée à de nombreux domaines : fabrication de pièces dans l’aéronautique, bio impressions pour le secteur de la santé ou industrie automobile. Des chercheurs de l’Université de Monash, à Melbourne sont allés encore plus loin. Ils sont parvenus à imprimer un réseau neural fonctionnel, qui permettrait éventuellement le développement de nouvelles méthodologies de recherche en évitant les tests sur animaux.

L’essor de l’impression 3D dans les neurosciences

Si l’ambition de recréer des cerveaux synthétiques ne date pas d’hier, ce nouveau projet marque un coup d’avance. Les nouvelles directives encadrant les recherches en neurosciences sont davantage régulées, et l’utilisation d’animaux est de moins en moins entendable d’un point de vue éthique.

C’est ici que l’impression 3D peut être envisagée comme une alternative très intéressante, voire nécessaire. Le professeur John Forsythe est le spécialiste qui dirige l’équipe de Monash dans le développement de cette entreprise innovante.

En utilisant cette technologie, ils ont réussi à superposer des couches de “bio-encre” en mimant la structure réelle du cerveau grâce à des cellules cérébrales de rats. Une méthode combinant l’exploitation de la structure tridimensionnelle des tissus organiques et la complexité des cultures cellulaires.

Vers un modèle plus proche de la réalité biologique

Créer un cerveau synthétique est déjà une prouesse en soi. Faire en sorte qu’il fonctionne comme un véritable organe est une autre paire de manches. Et pourtant, l’équipe universitaire a concrétisé cette initiative.

En effet, les cellules imprimées sont parvenus à maturation et réussisent à communiquer entre elles. En établissant des connexions comme un réel réseau neuronal, ces cellules de synthèse simulent le comportement des neurones dans la zone du cortex.

Une réussite de cette ampleur soulève en revanche des interrogations plutôt inédites : quelles sont les garanties de survie des neurones durant le processus d’impression ? Comment adapter cette technologie à une échelle plus large et la faire transiter hors des murs du laboratoire de Monash ?

De manière plus philosophique, quel impact est attendu sur notre perception des frontières de la conscience et de la création d’IA biologiques ? Ces progrès sont à même d’ébranler sérieusement les fondations des croyances établies sur l’identité humaine. Comme l’exprimait le philosophe Daniel C. Denett dans son ouvrage de 1991, Consciousness explained : “La conscience est la chose la plus étrange, et aussi la plus familière”. Une conscience artificielle restera-t-elle donc aussi familière ?

Nous somes actuellement à l’aube de l’intersection entre la biologie et l’IA. Ce secteur sera nécessairement amené à se développer, et cette perspective est enthousiasmante d’un point de vue scientifique. Toutefois, d’un point de vue éthique, les questions restent encore brûlantes.

 

  • Une équipe de chercheurs australiens a réussi à imprimer un mini-cerveau en 3D.
  • Celui-ci, créé à partir de neurone de rats, est fonctionnel et mime le fonctionnement du cortex.
  • Une avancée inédite, mais qui suscite des interrogations éthiques essentielles.

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