Vladimir Poutine est connu pour savoir surprendre le monde entier, et pas toujours de la bonne façon. Vendredi dernier le chef d’État a fait une nouvelle démonstration de ses prises initiatives imprévisibles. Il a en effet décidé par décret présidentiel de renvoyer Dimitri Rogozine, le patron de Roscomos, l’agence spatiale russe.
Un choix très étonnant quand on sait que Rogozine était un grand défenseur de la politique du Kremlin, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Après cinq ans à la tête de l’agence, Rogozine va donc « occuper un autre poste » selon les mots de Dmitri Peskov, le porte-parole du gouvernement.
Roscmos a un nouveau patron
Si pour le moment rien n’a fuité du côté de Moscou pour connaître la nouvelle nomination de Rogozine, on connaît déjà le nom de son remplaçant. En effet, Roscomos va passer sous la direction de Louri Borissov, un ancien militaire qui connaît très bien l’agence spatiale russe, lui qui a été vice-premier ministre de l’industrie et de la défense spatiales.
Si la nomination de Borissov n’est donc pas très étonnante, tout le petit monde du spatial est par contre surpris du départ de Rogozine, qui semblait pourtant avoir la bénédiction du Kremlin. Ancien ambassadeur de la Russie à l’OTAN, Rogozine n’hésitait pas à faire planer la menace nucléaire sur les ennemis de son pays.
Rogozine : un quinquennat de menaces et de petites phrases
Durant les cinq dernières années, il a accumulé les menaces et les petites phrases, rendant le dialogue entre Russes et occidental plus que compliqué. Son dernier fait d’armes aura été la confiscation d’un satellite russo-allemand. Berlin condamnant l’attaque russe en Ukraine, Rogozine avait décidé de ne plus laisser l’accès aux données de ce satellite scientifique. Une décision qui avait été critiquée aussi bien en Allemagne qu’en Russie.
Mais même avant la guerre en Ukraine et la prise de position patriotique extrêmement forte de Rogozine, ce dernier s’est distingué par ses actions. L’évènement le plus marquant de ce quinquennat à la tête de l’agence spatiale russe restera le tir de destruction de satellite depuis la Terre.
Le 15 novembre 2021, la Russie reconnaît être à l’origine d’un tir de destruction de satellite. La cible était alors Kosmos-1408, un vieux produit russe lancé dans l’espace en 1982. Mais ce tir aura semé une grande pagaille géopolitique. Interdit par les différents traités de l’espace, cette décision unilatérale de la Russie passera très mal du côté de Washington. Surtout que quelques jours plus tard, l’ISS devra faire une manœuvre d’évitement pour ne pas s’aligner avec les débris du satellite russe.
La NASA a-t-elle quelque chose à voir avec le départ de Rogozine ?
Un scénario catastrophe dont se serait bien passée la NASA et qui pourrait avoir coûté son poste à Dimitri Rogozine. Le désormais ex-patron de l’agence spatiale russe a donc été remercié ce vendredi 15 juillet par le président Vladimir Poutine en personne. Du côté de Roscomos on espère sans le dire que la nomination de Borissov permettra de calmer les tensions avec la NASA.
L’autre grand chantier de l’ancien ministre sera la modernisation de l’agence russe et de ses programmes. Depuis 2020, SpaceX est devenu un concurrent direct pour les vols vers l’ISS, et Roscomos doit retrouver de l’ambition si la Russie veut conserver une place de choix dans l’espace.
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Les termes de chef d’état et de président mettent mr Poutine sur un pied équivalent à des chefs d’états et des présidents; pour autant il est que lui-même que dictateur