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Une startup lyonnaise se retrouve au coeur d’un défi mondial pour la santé

L’industrie pharmaceutique est dans une impasse.

Longtemps restée inconnue aux yeux du grand public, plongée dans le vivier du biodistrict lyonnais où travaillent plusieurs centaines de startups et PME, Netri émerge et se fait un nom. Son acronyme, pour neuro engineering technologies research institute, est celui de la startup la plus “avancée mondialement dans le domaine du cerveau” sur la création d’organe sur puce, affirmait son président et cofondateur en 2020.

Le sujet ne vous parle peut-être pas, mais les “organes sur puce” apportent une solution technologie sur laquelle de plus en plus d’acteurs du milieu pharmaceutique comptent pour sortir d’une impasse. Comme le soulignait un article de The Conversation, il serait de plus en plus dur, de plus en plus long et de plus en plus cher de trouver de nouveaux soins. En plus de répondre à cette impasse, les organes sur puce permettraient aussi d’aller beaucoup plus loin.

Les organes sur puce de la startup Netri convoités

La technologie a pour but de raccourcir le temps des recherches préclinique et remplacer les essais cliniques en se basant sur des systèmes miniaturisés, de la taille d’une puce (d’où le nom), reproduisant la fonctionnalité d’un organe humain. Produits en grand nombre et déclinés selon les spécificités de chacun, ces modèles humains in vitro laissent deviner leur intérêt colossal en termes de temps, d’argent et de piste d’exploration.

Par chance, des acteurs la développent depuis dix ans. En 2012, c’est au coeur du CNRS que le chercheur Thibault Honegger a commencé le projet Netri, avant de venir dans le hub LyonBioPole pour émerger en 2018 et se spécialiser sur l’application des organes sur puce au cerveau humain. En plus de la recherche fondamentale et médicale, la startup serait aussi convoitée pour des débouchés dans la cosmétique et la nutrition.

Jeudi, Netri s’est félicité d’avoir bouclé un tour de table de 8 millions d’euros. Une bonne nouvelle, d’autant plus que la société de biotechnologie cotée en Bourse Néovacs y a contribué à hauteur de 2 millions et a négocié une option d’un million d’euros supplémentaire, sous réserve que Netri atteigne ses objectifs (dont un chiffre d’affaires d’un million d’euros cette année). Néovacs est notamment connu pour son travail dans les vaccins thérapeutiques spécialisés dans le traitement de maladie auto-immune.

“Face à l’augmentation des troubles neurologiques, telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, etc. qui touchent déjà plus de 7 millions de personnes en Europe, nous avons besoin d’approches de ruptures comme celle développée par NETRI” déclarait ce matin le PDG de Néovacs dans un communiqué.

Avec les organes sur puce, l’innovation de Netri permettra “de réduire le temps d’établissement du dosage du traitement d’un patient de 3 ans à … 4 mois expliquait-il, avant d’ajouter que NETRI a le potentiel d’être un véritable game changer et un partenaire privilégié des plus grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux.” En substance, les “puces” sont produites avec des canaux microfluidiques, avec une manipulation des fluides à l’échelle nano et microscopique impliquant une microfabrication de très haute précision.

Si certains domaines nécessitent encore de gros travaux de recherche (c’est le cas avec le cerveau), d’autres technologies de puces microfluidiques sont déjà en vente et certaines sont connues de tous, à l’exemple du test de grossesse ou de la pompe à insuline pour les diabétiques.

Plus loin dans la médecine

Avec son argent frais, Netri se prépare à investir dans le développement de ses unités de production pilote de dispositifs microfluidiques et de cultures cellulaires humaines, “afin de soutenir sa croissance et devenir le leader mondial industriel d’organe sur puce et d’étendre ses domaines d’applications”, indiquait Néovacs.

La technologie serait aussi un élément indispensable pour mener à une médecine personnalisée, où chaque traitement est élaboré en fonction de chaque patient (ou au moins de sa catégorie, comme son genre, s’il s’agit d’une femme enceinte, ou tout autre population avec une réponse physiologique spécifique). S’il est possible en clinique de simuler des tests sur des cellules déportées sur une puce, nous pourrons imaginer autant de traitement que de patients, tout comme réaliser des tests sans prendre des patients humains ou animaux.

“Disposer d’organes sur puce individualisés, qui contiendraient par exemple les cellules cancéreuses des patients à soigner, permettrait de tester rapidement une multitude de traitements afin de savoir lequel est le plus efficace pour combattre la tumeur d’un patient donné”, expliquaient nos confrères de The Conversation. En 2024, si Netri poursuit son travail, ses équipes investiront de nouveaux locaux dans le complexe lyonnais Bioserra. Sur place, 1300 mètres carrés seront dédiés à la production.

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