Vous avez peut-être déjà croisé Usenet au travers de la fonctionnalité “newsgroup” de certains (anciens) logiciels de messagerie. Usenet, créé en 1979, est un des réseaux informatiques les plus anciens. Il repose sur un ensemble de protocoles qui permettent de générer, stocker et récupérer des messages (similaires aux courriels) et d’échanger ces messages entre les membres d’une communauté répartie sur une large zone.
Usenet est organisé autour de groupes de discussion, où chaque groupe rassemble des contributions sur un sujet spécifique. Ces groupes sont organisés selon une hiérarchie, et les utilisateurs peuvent s’y abonner pour accéder à de nouveaux articles. Le fonctionnement de Usenet ressemble à celui des forums en ligne actuels. Les serveurs Usenet de différents hôtes s’alimentent les uns des autres, permettant ainsi à chaque utilisateur d’accéder aux mêmes informations que tout autre utilisateur, peu importe où il se trouve.
Comment Usenet est devenu un repaire de pirates
Cette structure distribuée signifie que Usenet fonctionne en grande partie sans censure et a longtemps été un moyen populaire pour les universitaires et les technophiles de transférer des fichiers et des courriels, ainsi que de fournir des forums pour discuter de divers sujets. En plus de l’échange de messages textuels, Usenet permet également l’échange de fichiers binaires, comme des images, des fichiers audio et vidéo, à travers des groupes de discussion spécialisés.
Ces derniers sont ensuite répliqués sur d’autres serveurs de la même manière que les messages texte. Utiliser Usenet est légal, mais en raison de son anonymat et de l’absence de censure, on comprend qu’il peut être aussi utilisé très facilement pour mener des activités illégales, notamment le partage de fichiers protégés par des droits d’auteur. Ce qui explique sans doute en grande partie que Usenet est resté aussi populaire jusqu’à nos jours, et en même temps si “underground”.
Les FAI ne proposent plus d’accès direct à ce réseau parallèle d’internet. Pour utiliser Usenet en 2024, les utilisateurs doivent le plus souvent choisir un fournisseur Usenet, comme Usenext, qui permet d’accéder au réseau en haut débit – créer un compte, télécharger un lecteur de nouvelles (logiciel permettant d’accéder aux groupes de discussion Usenet), configurer ce lecteur pour se connecter au fournisseur, rechercher et s’abonner aux groupes de discussion qui les intéressent, et enfin, publier des messages ou télécharger des fichiers.
Google ne débranche en réalité que la principale interconnexion gratuite entre Usenet et le web
Or, l’une des alternatives gratuites les plus populaires est tout simplement d’accéder à Usenet via Google Groups, puisque Google propose depuis très longtemps une interconnexion gratuite via Internet. Google détient par ailleurs la base de données d’archives la plus vaste au monde du réseau avec des messages qui remontent à 1980. Cette base de données a été initialement commencée par la société Deja.com, qui a commencé à archiver les messages Usenet à partir de 1995. En 2001, Google a acquis Deja.com et sa base de données, intégrant l’archive d’Usenet dans Google Groups.
C’est donc dans ce contexte que l’on apprend qu’à partir du 22 février 2024, il ne sera plus possible de publier de nouveaux messages sur Usenet via Google Groups. L’archive existante continuera d’exister pour consultation. Toutefois les utilisateurs ne pourront ajouter aucun nouveau contenu via Google Groups. Cela signifie-t-il vraiment la fin de Usenet ? Pas tout à fait.
Certes, il devient nettement plus difficile d’accéder à ce réseau parallèle d’internet – qui se retrouve d’un coup nettement moins relié à l’internet visible en tout cas de manière gratuite. Reste que des opérateurs comme Usenext continuent de proposer un accès payant permettant aussi bien de poster de nouveaux messages que de télécharger des fichiers en très haut débit.
Du coup, alors que tous les nouveaux messages et fichiers ne seront plus visibles gratuitement via Google Groups, ils le resteront pour toutes les personnes qui auront gardé un accès (commercial) à un serveur NNTP – du nom du type de serveurs employés par ce réseau. Usenet étant totalement décentralisé et sous le contrôle d’aucune organisation, il continuera donc à vivre tant que ses utilisateurs le souhaiteront.
Reste à savoir si ce moyen quelque peu obsolète de partage restera vraiment encore actif longtemps, alors que ce dernier a déjà soufflé sa 45e bougie. Son avantage massue résidant on le comprend surtout, de nos jours, dans le fait qu’il reste relativement sous le radar de ceux qui surveillent le piratage de fichiers protégés par le droit de la propriété intellectuelle…
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l’avantage de usenet, c’est qu’il n’y a pas un algo débile qui décide de qui/quoi sera fait votre fil de discussion, pas de pub invasive (FB parfois, c’est 10 messages de pubs ou “ça pourrait vous intéresser” avec un message de nos amis perdu au milieu…) et une hiérarchisation des message qui permet facilement de suivre les discussions et de savoir qui répond à qui… Quant à la censure (beurk, un gros mot) elle se fait d’elle même en utilisant les “boite à cons” pour ne pas suivre les trolls et l’autorégulation (un autre gros mot pour le truc commercial qu’est devenu le net depuis mes débuts sur la branche fr.rec.moto en1999)
Il existe des alternatives d’accès nmtp via http (nemo pour ne pas citer celle que j’utilise) qui permettent de retrouver les discussions avec les personnes réfractaires aux sirènes de FB, ou reddit, gratuites. Free semble encore maintenir son serveur vers usenet même s’il manque pas mal de messages (ça a toujours été le cas chez free d’ailleurs)
C’est sûr que c’est devenu un peu mort par rapport aux dizaines (centaines sur frm) de messages/jour du début des années 2000, d’ailleurs il y a une discussion pour supprimer des branches qui ne bougent plus en ce moment sur la branche FR, preuve que cela bouge encore usenet !
“Usenet est l’ancêtre de ce qui deviendra quelques années plus tard Internet.”
Wow !! Ce mélange sémantique est indigne d’un média tech comme de Presse Citron.
Internet c’est l’infrastructure.
NNTP (Usenet), tout comme HTTP, POP, IMAP, SMTP ou encore IRC sont des protocoles qui reposent sur cette infrastructure (pour le Web, les mails ou le Chat).
Même si certains de ces protocoles sont devenus obsolètes, aucune n’est l’ancêtre d’Internet.
L’ancêtre d’Internet c’est Arpanet, et le mot Internet est plus ancien que les premiers RFC définissant NNTP.
Moi je pense que c’est significatif du niveau des rédacteurs… franchement je suis pas surpris.
Suffit de suivre la source, copier coller et/ou adaptation sans comprendre comme tous les articles qui passent entre deux pubs