Face à la multiplication des voitures radars sur les routes françaises, un constat s’impose : le recrutement de conducteurs devient un véritable enjeu. Si les entreprises privées multiplient les offres d’emploi, les conditions salariales proposées suscitent la controverse.
Des salaires en dessous du marché ?
Dans un contexte économique tendu, la rémunération des conducteurs de voitures radars fait débat. Mobicom, l’une des principales entreprises du secteur, propose un salaire de base de 1850 euros brut mensuels, complété par une prime de 250 euros. Un package qui atteint donc 2100 euros brut, soit environ 1618 euros net après impôts. Un montant qui se situe significativement en dessous du salaire médian français.
Ces chiffres, dévoilés par l’entreprise qui recrute notamment à Orléans, Reims et Rouen, reflètent la réalité du secteur. Une étude menée par la Ligue de défense des conducteurs révélait déjà en 2021 un salaire annuel moyen de 22 000 euros brut. En tenant compte de l’inflation et des évolutions salariales des quatre dernières années, la rémunération moyenne se maintient autour de 1600 euros net mensuels en 2025.
Les autres acteurs du marché, plus discrets sur leurs grilles salariales, semblent pratiquer des rémunérations similaires. Une situation qui semble peu glorieuse alors que le métier implique des horaires atypiques et une grande flexibilité.
Des conditions de travail qui peinent à convaincre
Les conducteurs de voitures radars doivent composer avec des contraintes horaires importantes. Le travail s’effectue de jour comme de nuit, week-ends et jours fériés inclus. Pourtant, selon des données du ministère de l’Intérieur transmises au Sénat, le temps de conduite effectif ne représente qu’environ 5h30.
La mission principale consiste à réaliser des tournées régionales au volant de véhicules équipés “d’équipements mobiles de terrain“, le terme officiel pour désigner les radars embarqués. Si des indemnités repas viennent compléter le salaire de base, les entreprises peinent à attirer les candidats malgré un marché de l’emploi tendu.
Les profils recherchés sont principalement des personnes expérimentées dans la conduite, la sécurité ou le maintien de l’ordre. La détention d’une carte professionnelle délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) constitue un atout majeur, mais ne garantit pas une meilleure rémunération. Il faut dire aussi que vu l’hostilité des Français vis-à-vis de ces véhicules vus comme un nouveau moyen de leur faire les poches, les conducteurs risquent une mise en danger potentielle.
Un déploiement qui s’accélère malgré les controverses
Le débat sur les conditions salariales intervient alors que le gouvernement poursuit le déploiement des voitures radars sur l’ensemble du territoire. Après avoir équipé huit régions (Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire), trois nouvelles zones s’apprêtent à accueillir ces véhicules au printemps 2025.
L’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie et la région PACA verront ainsi circuler 126 nouvelles voitures radars dans les prochaines semaines. Une extension qui nécessite le recrutement de nombreux conducteurs, alors même que les conditions salariales soulèvent des interrogations.
La privatisation de la conduite des voitures radars, initiée il y a plusieurs années, visait notamment à libérer des effectifs des forces de l’ordre. Mais le niveau de rémunération proposé par les entreprises privées ne semble pas vraiment convaincre.
En l’absence d’une revalorisation significative des salaires, le secteur pourrait faire face à des difficultés croissantes de recrutement.
- Les conducteurs de voitures radars gagnent en moyenne 1618 euros net par mois en 2025
- Le métier implique des horaires atypiques pour seulement 5h30 de conduite effective par jour
- Le déploiement s’accélère avec 126 nouveaux véhicules prévus dans trois régions au printemps 2025
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