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Votre micro-ondes : un écosystème de microbes dans votre cuisine

Une nouvelle étude révèle que les fours micro-ondes, quasiment indispensables dans une cuisine moderne, ne sont pas aussi stériles qu’on pourrait le croire.

Généralement considérés comme des outils pratiques et inoffensifs pour réchauffer rapidement nos mets, les micro-ondes ont plus d’un secret à cacher. Une étude en date du 8 août publiée dans Frontiers in Microbiology révèle un fait pour le moins surprenant : nos fours à micro-ondes pourraient bien être des havres insoupçonnés pour une variété étonnante de micro-organismes, y compris des bactéries capables de prospérer dans des conditions extrêmes. Cette découverte remet en question la croyance largement répandue selon laquelle les micro-ondes élimineraient systématiquement tous les germes nocifs lors du réchauffage des aliments.

Un écosystème inattendu dans nos micro-ondes

Cette recherche, menée par une équipe de microbiologistes de l’Université de Valence en Espagne, a prouvé la présence de diverses communautés microbiennes dans les micro-ondes. Pour leur investigation, les chercheurs ont prélevé des échantillons de 30 appareils distincts, provenant de domiciles, d’espaces de travail partagés et de laboratoires où ces dispositifs sont couramment utilisés pour chauffer des échantillons et des solutions chimiques.

Leurs analyses approfondies ont révélé un total impressionnant de 101 souches bactériennes, parmi lesquelles les plus prédominantes appartenaient aux genres Bacillus, Micrococcus et Staphylococcus, des bactéries fréquemment présentes sur l’épiderme humain et sur les surfaces régulièrement manipulées. Ces bactéries cutanées étaient omniprésentes dans les micro-ondes domestiques et partagés, ce qui montre bien que ces appareils peuvent tout à fait se transformer en nid confortable pour ces organismes.

Bactéries
Certaines bactéries sont extrêmement résistantes, même en conditions extrêmes. © CDC / Unsplash

Extrémophiles : des survivants de l’extrême dans votre cuisine

Un aspect particulièrement intrigant de cette étude réside dans la découverte inattendue de bactéries dites extrémophiles (d’autres organismes le sont, comme cette plante) au sein des micro-ondes de laboratoire. Ces êtres vivants remarquables sont réputés pour leur capacité à prospérer dans des milieux particulièrement hostiles : glaces du continent Antarctique, évents hydrothermaux des abysses (fissures dans le fond marin d’où s’échappent de l’eau surchauffée et des minéraux), profondeurs de la croûte terrestre, etc.

Leur présence dans un appareil aussi banal qu’un four à micro-ondes est pour le moins déconcertante, mais s’explique par leur aptitude exceptionnelle à résister aux conditions extrêmes générées lors de l’utilisation de ces appareils : chaleur intense, rayonnements et dessiccation sévère.

L’équipe avance l’hypothèse que ces bactéries auraient pu être « sélectionnées » par l’évolution pour s’adapter à ces conditions répétées. « Il n’est pas nécessaire d’aller dans des endroits très exotiques géographiquement pour trouver une grande diversité de micro-organismes » explique Manuel Porcar, microbiologiste et co-auteur de l’étude.

Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses en matière de biotechnologie, notamment dans le domaine de la bioremédiation, où ces bactéries pourraient être exploitées pour la dégradation de substances toxiques. Ainsi, ces organismes résilients pourraient jouer un rôle bien plus utile que celui de simples curiosités scientifiques.

Quelles implications pour votre quotidien ?

Pour le grand public, les implications de cette étude sont plus simples. Bien que votre micro-ondes ne soit pas à considérer comme un réservoir pathogène qu’il faudrait craindre, il n’en demeure pas moins qu’il abrite une diversité microbienne méritant une attention régulière en termes d’entretien.

Il est donc vivement recommandé de nettoyer son micro-ondes aussi fréquemment que les autres surfaces de la cuisine afin d’éliminer les germes potentiels. Cette recommandation prend tout son sens pour les micro-ondes partagés dans les espaces collectifs tels que les bureaux, où de plus nombreux utilisateurs peuvent introduire divers micro-organismes.

Les conclusions de cette étude ne sont donc pas spécialement inquiétantes et n’ont pas révélé de danger particulier pour la santé des utilisateurs. Votre micro-ondes n’est pas stérile, mais il n’est pas non plus un abri à bactéries dangereuses, contrairement aux éponges de cuisines, aux planches à découper ou encore pire, votre smartphone. Dans le cas de ce dernier, des études ont montré que cet objet peut héberger des bactéries pathogènes telles que Staphylococcus aureus, responsable de diverses infections, ou Escherichia coli, une bactérie souvent associée à des contaminations fécales. Ces microbes peuvent survivre sur les surfaces des téléphones pendant des heures, voire des jours, surtout en tenant compte du fait qu’ils ne sont pas nettoyés aussi fréquemment que peuvent l’être des surfaces de cuisine.

  • Les micro-ondes abritent une diversité de microbes, y compris des extrémophiles résistants.
  • Nettoyer régulièrement votre micro-ondes est conseillé pour éliminer ces bactéries
  • Les conclusions ne révèlent pas de danger particulier, contrairement aux risques associés aux smartphones et autres objets du quotidien.

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