Votre chat de compagnie n’est pas un animal comme les autres ; d’un point de vue éthologique, on le considère comme un animal semi-domestiqué. Une domestication qui a commencé il y a approximativement 10 000 ans dans le Moyen-Orient, bien plus tard que le chien. Les chats sauvages (Felis lybica) ont commencé à se rapprocher de l’Homme avec l’essor de l’agriculture, attirés par les rongeurs qui rôdaient près de nos réserves de nourriture. Un opportunisme qui les a progressivement rapprochés des premières sociétés humaines.
On le vénérait en Égypte antique comme protecteur des récoltes ; au Moyen Âge, on l’a persécuté, croyant, à tort, qu’il était un allié du diable lui-même. Aujourd’hui, on compte environ 600 millions de chats domestiques (Felis catus ou Felis silvestris catus) dans le monde et il est adulé comme une star sur Instagram ou Tik-Tok. Nous le qualifions parfois de mystérieux ou d‘indifférent, alors que ces perceptions découlent souvent de comportements mal interprétés, qui nourrissent encore de nombreuses fausses croyances.
Le lait et les chats : une fausse histoire d’amour
Non, le lait n’est pas bon pour votre chat, même s’il se précipitera forcément sur le bol de lait que vous lui tendrez. En réalité, passé l’âge de 6 à 12 semaines, l’organisme des chats ne produit plus de lactase, l’enzyme nécessaire à la digestion du lactose. Oui, vous avez bien lu, les chats domestiques sont intolérants au lactose, comme peuvent l’être les humains.
S’il en boit trop, il souffrira de troubles digestifs : ballonements, douleurs, diarrhées ou vomissements. Vous ne le verrez pas nécessairement, car les chats, par instinct de survie, cachent leur douleur. Oubliez donc le bol de lait, et préférez lui donner des friandises adaptées et, en de très rares occasions, un peu de lait sans lactose.
Votre chat n’est pas nocturne
Si vous êtes l’heureux propriétaire d’un félin, il a pu vous arriver de pester contre lui, lorsqu’il commence à bondir partout le soir, une fois la lumière éteinte. Pourtant, votre chat n’est pas adapté à la vie nocturne, il est crépusculaire : c’est-à-dire qu’il est bien plus énergique à l’aube et au crépuscule.
Un comportement hérité de ses ancêtres chasseurs traquant leurs proies (oiseaux et rongeurs, principalement), qui sont plutôt actives à ces deux moments de la journée. Le problème, c’est que notre rythme de vie (surtout en appartement) perturbe ce cycle naturel. Si votre chat vous réveille à cinq heures du matin, il est inutile de lui en vouloir, même si cela peut vous agacer ; rappelez-vous simplement qu’il suit son horloge biologique.
Pour l’aider à passer une meilleure nuit, il existe une astuce toute simple : posez-vous une petite demi-heure avec lui pour une séance de jeu avant le coucher, suivie d’un repas. L’idée est de recréer ce que son organisme attend : un effort de chasse suivi d’un repas, puis d’une phase de récupération. Un cycle « chasse-repas-repos » qui lui garantira un sommeil plus paisible et le fera dormir plus longtemps.
Le ronronnement, ce langage que l’on ne sait pas toujours traduire
Si le chat peut ronronner de plaisir lorsqu’il est en votre compagnie, c’est qu’il se sent bien et détendu. Un son unique, que seuls les félins peuvent produire, qui peut tout aussi bien traduire de l’anxiété, du stress ou de la douleur. Certains chats ronronnent pour se rassurer lors de moments où ils ne sont pas à l’aise, chez le vétérinaire par exemple.
Le ronronnement est un réflexe naturel, qu’il vous faut savoir décoder. Lorsqu’il est lent, régulier et que le corps de votre chat est détendu (pattes repliées, oreilles neutres, yeux mi-clos), c’est qu’il est satisfait et en confiance. Si son corps est crispé, que ses oreilles sont plaquées vers l’arrière et que son ronronnement est plus rapide et saccadé, c’est l’inverse. Cette vocalisation libère des endorphines dans son cerveau, une réaction neurochimique qui agit comme un calmant naturel.
Un chat domestique ne ronronne jamais pour rien, et cette réaction est toujours contextuelle : elle répond à une situation donnée, et non à une émotion unique.
Votre chat vous aime, mais sans exubérance
Ce cliché est sans doute le plus injuste : celui qui veut que les chats soient moins attachés ou moins aimants que les chiens, car moins démonstratifs. Un comportement qui ne signifie pas que ce lien est absent, il s’exprime simplement très différemment.
En 2019, la chercheuse Kristyn Vitale, spécialiste du comportement félin à l’Université de l’Oregon, a publié une étude dans la revue Current Biology démontrant que les chats développent ce qu’elle appelle un « attachement sécurisé » à leurs maîtres.
Le protocole consistait à isoler un chat dans un lieu inconnu avec son maître, puis à observer ses réactions lorsqu’on demandait à celui-ci de partir. 64 % des sujets observés s’apaisaient dès que leur propriétaire revenait et recommençaient à explorer et à interagir normalement avec leur environnement. Selon Vitale, ce lien est comparable à celui qu’entretiennent les chiens et les nourrissons avec les personnes qui les soignent ; preuve qu’il n’est pas l’animal individualiste qu’on dépeint souvent de manière caricaturale.
Vous aurez donc compris que les comportements de votre chat ne relèvent pas de l’indifférence, ou encore moins de la froideur. Ils sont issus d’une longue histoire d’adaptation entre deux espèces qui n’étaient, au commencement du moins, pas faites pour vivre ensemble. Une semi-domestication qui a fait de lui un animal plus ambivalent que l’autre meilleur ami de l’Homme, le chien : il peut vivre en autonomie, mais a absolument besoin de son humain pour vivre heureux. Son maître est son repère émotionnel principal, même s’il n’a jamais été domestiqué au sens strict du terme ; une cohabitation choisie, qui ne lui a jamais demandé de renoncer à sa nature.
- Le lait n’est pas un aliment adapté aux chats adultes, dont l’organisme ne peut plus digérer le lactose.
- Contrairement à ce qu’on croit, le chat n’est pas un animal nocturne mais un chasseur du petit matin et du soir.
- Le ronronnement ne traduit pas uniquement le plaisir : il peut aussi servir à calmer la peur, la douleur ou la tension.
- L’attachement du chat à son humain existe bel et bien, mais il s’exprime de manière mesurée et différemment du chien.
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