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« Vous êtes virés », ce patron remplace 90 % de ses salariés par une IA

Le chef d’entreprise estime que ces suppressions d’emploi étaient “difficiles” mais “nécessaires”. Beaucoup contestent cette version.

  • Un chef d’entreprise indien a licencié 90 % de son équipe d’assistance technique pour les remplacer par une IA
  • Il indique son chatbot obtient des résultats bien plus satisfaisants
  • L’homme est critiqué, mais plus largement, cette affaire remet le focus sur les conséquences de l’IA sur l’emploi

« Nous avons dû licencier 90 % de notre équipe d’assistance à cause de ce chatbot d’IA. Difficile? Oui. Nécessaire? Absolument. Les résultats? Le temps de première réponse est passé de 1m 44s à une réponse instantannée ! » Summit Shah, fondateur et PDG de la société indienne de e-commerce Dukaan, ne s’est pas fait que des amis en détaillant sa stratégie liée à l’intelligence artificielle sur Twitter.

Une initiative très critiquée

L’homme a expliqué que ce système a été créé en deux jours par un de ses data scientist. Et les résultats ont été d’emblée spectaculaire, comme on l’a vu plus haut, même si 23 salariés sont restés sur le carreau. Le dirigeant ajoute que cette partie de l’activité de son entreprise a souvent posé problème avec des réponses trop tardives et un manque de personnel dans les moments clés.

Il précise par ailleurs que Dukaan continue de recruter sur plusieurs postes dont l’ingénierie, le marketing, et les ventes. Pour autant, ces salariés ont plutôt intérêt à surveiller leurs arrières car le chef d’entreprise a indiqué qu’il continuerait d’explorer les possibilités d’utiliser l’IA dans la conception graphique, l’illustration, ou encore la science des données.

Sur Twitter, les internautes se sont montrés très critiques de son initiative sur le fond et la forme. Certains lui reprochent notamment ce thread où il semble glorifier le licenciement des employés. D’autres s’inquiètent du sort de ces derniers et espèrent qu’ils seront soutenus et pas totalement abandonnés.

Quoi qu’il en soit, cette affaire nous amène une nouvelle fois à réfléchir aux conséquences de ces nouvelles technologies sur l’emploi. Les avis divergent à ce sujet, mais de nombreux postes devraient évoluer dans les années à venir, voire être totalement supprimés.

Ainsi, David Autor, professeur d’économie du travail au MIT, estime par exemple que l’IA risque de dévaloriser les compétences administratives et de bureau traditionnelles. Il cite notamment les textes publicitaires.

De son côté, l’OCDE a publié une étude où elle estime que 27 % des emplois actuels sont fortement menacés par l’émergence de ChatGPT et ses nombreux rivaux.

L’organisation internationale explique ainsi : « Les métiers de haut niveau de compétences, malgré une exposition accrue aux récents progrès de l’IA, restent les moins menacés par l’automatisation. Les emplois à compétences faibles à moyennes sont les plus à risque, y compris dans les secteurs de la construction, de l’agriculture, de la pêche et de l’exploitation forestière, et dans une moindre mesure, de la production et du transport. »

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4 commentaires
4 commentaires
  1. Ce chef d’entreprise a tout compris !
    Nul besoin d’avoir la crème de la crème pour chaque service afin d’offrir un service/produit bon marché et de masse (les pro’ n’ont pas besoin de lâcher un bras pour faire un site d’e-com.).
    Dehors la horde d’humains moyens et inefficaces, les futurs chimpanzés; place aux opérateurs d’IA et au futur ainsi que ses exigences d’excellences qui nous ont tous fait rêver.
    Courage à lui face aux critiques.

  2. “y compris dans les secteurs de la construction, de l’agriculture, de la pêche et de l’exploitation forestière”
    J’aimerai bien voir l’IA pecher, construire un mur, et poser des tube électrique 😅
    Ces aberration qu’il ne faut pas le lire 😅

    1. On parle d’industrialisation (un centre d’appel n’est rien d’autre que du SAV en masse pour des produits de masse), pas de loisirs ou de retouches artisanales suite à un caprice, sommes-nous d’accord ?

      Pour la pêche (pas en haute mer) juste dans des bassins, voire des labos (même si, je suis du même avis, ce truc est une aberration de militants techno-antispécistes), c’est en cours. Soit les fermes aquatiques, espèces et milieux ultra-contrôlés par des machines, car comme la viande consommée provient principalement de l’élevage industriel, ça facilite grandement la tâche, ce n’est pas compliqué à tout nasser/calibrer à la fin. Vous avez vu le machin vertical inauguré il y 2 ans à Singapour ? Une horreur.

      Construire un bâtiment avec des imprimantes 3D géantes, c’est déjà une réalité, la presse geek en fait écho avec enthousiasme. Alors laisser les plans à un algorithme plutôt qu’un vieil architecte onéreux et rincé ou un jeune diplômé au SMIC qui n’arrive pas à comprendre la vision du commanditaire… sinon l’option du catalogue qui va très vite s’étoffer.

      Le passage pour le câblage électrique et la plomberie a posteriori n’est donc qu’une évidence dans l’état actuel de l’art. Tout pouvant parfaitement être prévu et invisibilisé très proprement pour l’essentiel lors de «l’impression béton», la machine n’a pas encore la faculté de lire

      Est-ce que cela aide à la compréhension de ce que souhaitait reporter cet article, c’est à dire les visions et les choix des industriels ainsi que les méthodes de production de demain ?

Les commentaires sont fermés.