Le réchauffement climatique fait grimper le mercure, et chaque année, les canicules sont de plus en plus brutales. Chaque année, nous battons des records de températures et rien n’indique pour le moment que cette tendance s’inversera. En plus d’être profondément inconfortables et directement dangereuses pour les personnes vulnérables, ces épisodes de chaleur extrême ont aussi un impact au long terme sur ces dernières.
Publiée hier dans la revue Science Advances, cette étude vient de prouver que les personnes âgées vivant dans les régions les plus chaudes des États-Unis présentent un vieillissement biologique plus rapide que celles résidant dans des zones tempérées. Les scientifiques ont analysé l’âge épigénétique (indicateur du fonctionnement de l’organisme au niveau moléculaire qui peut différer de l’âge chronologique) et ont constaté qu’une exposition prolongée à la chaleur pouvait ajouter jusqu’à 2,48 ans à cet âge biologique.
La chaleur extrême : un fardeau pour nos cellules
« Nous avons été stupéfaits par l’ampleur potentielle de cet impact », confie Eun Young Choi, auteure principale de l’étude. « Les dangers de la chaleur extrême sont sournois : ils n’apparaissent pas toujours tout de suite sous forme de problèmes de santé évidents, mais ils peuvent lentement et sûrement affecter nos cellules et nos molécules, menant à des incapacités et des maladies des années plus tard » continue-t-elle. Car, oui, il faut différencier les effets aigus d’une exposition à la chaleur (coups de chaleur, déshydratation), des effets à long terme, ceux-ci n’ont rien à voir.
L’étude a porté sur des échantillons sanguins prélevés auprès de 3 686 adultes âgés de 56 ans et plus, vivant aux quatre coins des États-Unis. Les chercheurs ont comparé ces échantillons avec des données relatives à la chaleur, combinant à la fois la température et l’humidité. Ces mesures ont été effectuées entre 2010 et 2016. Résultat : il existe une corrélation nette entre l’exposition régulière à la chaleur et un accroissement de l’âge épigénétique.
Une personne habitant dans un lieu où les températures dépassent fréquemment les 32° C pendant la moitié de l’année peut subir jusqu’à 14 mois de vieillissement biologique supplémentaire. Ce, si on la compare avec une personne vivant dans un lieu aux températures plus clémentes, dans lequel ces dernières n’atteignent ces niveaux que moins de 10 jours dans l’année. Compte tenu du fait que les zones chaudes aux USA augmentent de plus en plus ; particulièrement au sud et au sud-ouest ; ce risque concernera une portion croissante de la population.
Seul biais de l’étude : elle ne prend pas en compte l’accès à la climatisation ou à d’autres moyens de se rafraîchir. « Notre conclusion ne signifie pas nécessairement que chaque personne vivant à Phoenix, en Arizona, par exemple, présente un âge biologique plus avancé. Il s’agit vraiment d’une moyenne », précise Choi. « Deux personnes du même quartier peuvent avoir des niveaux d’exposition personnelle très différents selon qu’elles disposent ou non de climatisation ».
Même notre régime climatique n’est pas comparable à celui des États-Unis ; des températures si hautes s’allongeant sur de longues périodes ne sont pas encore la norme chez nous ; il y a de quoi s’inquiéter. En effet, il y a consensus sur le sujet : cela pourrait devenir bien plus courant à l’avenir, en particulier dans le sud et sud-ouest de la France. Ne détournons donc pas le regard face à ces résultats, nous serons peut-être concernés plus rapidement que prévu.
- Une étude révèle que vivre dans des zones très chaudes accélère le vieillissement biologique, avec un impact pouvant atteindre plus de deux ans.
- Les chercheurs ont établi un lien clair entre l’exposition prolongée à la chaleur et des modifications au niveau cellulaire pouvant mener à des maladies.
- Avec l’augmentation des températures, ce phénomène risque de toucher de plus en plus de régions, y compris en France.
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