Le web fête ses 29 ans, mais Tim Berners-Lee est préoccupé

Le web a 29 ans, mais son créateur est loin d’être satisfait de la situation actuelle. Il pointe du doigt la concentration des pouvoirs et évoque l’inclusion numérique.

Archive. By John S. and James L. Knight Foundation, photo by Scott Henrichsen [CC BY 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.0) or CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Aujourd’hui, le web fête ses 29 ans. Et selon son inventeur Tim Berners-Lee, pour la première fois, plus d’un habitant de la planète sur deux aura accès à la toile. Mais le web de 2018 n’est pas l’espace libre, ouvert et créatif (et pour tout le monde) qu’il avait imaginé.

Dans le message qu’il partage aujourd’hui, le père du World Wide Web évoque surtout ses préoccupations et explique que le web auquel on se connectait il y a quelques années est différent de celui auquel les gens se connectent aujourd’hui.

« Ce qui était autrefois une riche sélection de blogs et de sites Internet a été comprimé sous le lourd poids de quelques plates-formes dominantes », lit-on sur ce message, posté sur le site de la Web Foundation.

« Cette concentration du pouvoir crée un nouvel ensemble de gardes-barrières, permettant à une poignée de plates-formes de contrôler quelles idées et opinions sont vues et partagées ».

« Ces plateformes dominantes sont capables de verrouiller leur position en créant des barrières pour les concurrents. Ils acquièrent des concurrents en démarrage, achètent de nouvelles innovations et embauchent les meilleurs talents de l’industrie. Ajoutez à cela l’avantage concurrentiel que leurs données d’utilisateur leur donnent et nous pouvons nous attendre à ce que les 20 prochaines années soient beaucoup moins innovantes que les dernières ».

Tim Berners-Lee pointe donc du doigt la domination du web par les géants tels que Facebook, Google ou Twitter

Outre le fait que ces entreprises ont un trop grand contrôle sur le web, leurs plateformes peuvent également être utilisées comme des armes, explique le père du web, qui fait notamment référence aux fake news et aux accusations d’ingérence.

« Au cours des dernières années, nous avons vu des théories de conspiration se répandre sur les plateformes de médias sociaux, de faux comptes Twitter et Facebook attisent les tensions sociales, des acteurs externes s’immiscent dans les élections et des criminels volent des trésors de données personnelles ».

Et s’il admet que ces grandes entreprises s’efforcent déjà de résoudre ces problèmes, il recommande aussi un « cadre légal ou réglementaire qui prendrait en compte les objectifs sociaux » car ces entreprises ont été « érigées pour maximiser les profits plus que pour maximiser le bien social ».

Rendre le web accessible à tous

En plus d’avoir évoqué cette concentration des pouvoirs sur le web, Tim Berners-Lee a également évoqué l’inclusion numérique : « Ne pas avoir accès à Internet de nos jours c’est être exclu des opportunités d’apprendre et de gagner de l’argent, d’accéder à de précieux services et de participer au débat démocratique. Si nous n’investissons pas sérieusement pour combler cet écart, le dernier milliard d’habitants ne sera pas connecté avant 2042. C’est toute une génération qui est laissée pour compte ».

Plus précisément, il rappelle l’objectif de l’ONU, avec « l’Alliance pour un Internet abordable », qui est de faire en sorte que le prix de 1 Go d’internet mobile coûte moins de 2 % du revenu moyen. Un objectif qui est loin d’être atteint car « le coût de 1 Go de haut débit mobile reste à plus de 20 % du revenu mensuel moyen », dans certains pays.


4 commentaires

  1. Bonjour François,
    L’inventeur du WWW est et restera toujours l’unique Tim Berners Lee !
    Pour ce qui est du développement, ce qui est différent d’une invention, il a été rejoint par Robert Cailliau pour terminer le projet.
    Tim avait besoin d’aide pour le développer et les autres ingénieurs ne souhaitaient pas rejoindre le projet, Robert fut enthousiaste et s’est empressé de venir à son aide !
    Voilà pour les détails.

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