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WeWork, symbole d’une économie qui marche sur la tête (Edito)

De 47 milliards de dollars de valorisation à la faillite. Comment WeWork est passée de licorne à symbole d’une économie qui marche sur la tête.

C’est l’histoire d’une startup comme il en existe aujourd’hui des milliers. L’histoire d’un homme motivé par la folie des grandeurs, qui pensait révolutionner le monde de l’entreprise avec une idée simple.

Adam Neumann, puisque c’est son nom, a eu l’idée de louer d’immenses locaux en centre-ville, de les aménager en working centers confortables pour les sous-louer en empochant une confortable plus-value. Sa cible ? Les travailleurs indépendants, des créateurs d’entreprises ou des jeunes pousses tout juste écloses.

Problème : comme beaucoup de jeunes visionnaires, Adam Neumann est fauché. Pour fonder WeWork, il doit trouver des fonds, beaucoup de fonds. Coup de bol, il est né à la bonne époque: sa tchatche est quasiment hypnotique et les business angels ont accumulé tellement de milliards qu’ils ne savent plus quoi en faire.

Alors ils distribuent les billets, parce que quand même « il est sacrément charismatique ce Neumann ». Et puis, sur le papier, son idée est plutôt bonne. En fait non, pas tellement…

L’ère des gourous

Ce schéma de pensée, c’est celui de tout un modèle économique né dans les années 2000. Celui de la “startup nation“. Il s’agit au mieux d’entreprises basées sur une idée, un homme ou une femme. Et au pire, elles se construisent sur du vide bien maquillé à la présentation aguichante.

WeWork est le symbole de l’ère des gourous, au charisme indéniable mais à la vision discutable. Bienvenue dans la fameuse économie 2.0 où l’on injecte des milliards sur une vision, une idée ou parfois même sur une vague promesse.

La série WeCrashed  illustre parfaitement cette folie à laquelle se raccrochent quelques investisseurs en manque de sensations fortes. Ils jouent avec l’avenir d’entrepreneurs comme on le ferait en allant acheter un ticket d’Euromillions un vendredi soir : quasiment sans y penser. WeWork est une « startup alimentée par la poussière de lutin de la Silicon Valley » titrait en 2019 le Wall Street Journal, année de la presque première faillite de WeWork.

WeWork est la seconde licorne (startup valorisée à plus d’un milliard de dollars) de l’histoire américaine et le parfait symbole du modèle de l’entreprise sous perfusion. En caricaturant beaucoup un peu, sa genèse et sa destinée tragique peuvent se résumer en un dialogue entre deux potes.

D’un côté Adam Neumann, l’entrepreneur charismatique passé maitre dans l’art de rendre crédibles des concepts douteux. Et de l’autre Tom, business-man tellement riche qu’il ne sait plus quoi faire de ses dollars.

– Hey salut Tom ! J’ai une idée de génie mais j’ai pas de thunes, tu m’en avance ? Tu verras je vais faire de toi un homme encore plus riche !
– Ok Adam, voilà 100 millions de dollars and God bless you !

Quelques mois plus tard :

– Hey salut Tom ! Mon idée met un peu de temps à prendre mais j’y crois. En fait, je vois trop petit. Pour réussir, il faut que je think big.
– Yeah Adam, j’aime ton way of thinking ! Voilà 10 milliards de dollars. Ca te va ?

Quelques mois passent :

– Hey salut Adam !
– Yo Tom wassup ? T’as vu les espaces de coworking ? Ils sont dingues non ? Les marchés nous valorisent à 47 milliards de dollars. Je t’avais dit que je ferai de toi un homme encore plus riche. Allez, on entre au Stock Exchange [la bourse américaine] !

Et ce qui devait arriver arriva :

– Hey Tom ! On se lance au Stock Exchange alors ?
– What the fuck Adam, qu’est-ce que t’as foutu avec le pognon ? C’est la faillite !!!

WeCrashed

On vous épargne les diverses tentatives de sauvetage, comme les milliards de dollars injectés par le japonais SoftBank ou encore les idées rocambolesques d’Adam Neumann et de sa femme qui n’ont au final que précipitée la chute.

WeWork se résume à l’histoire d’un entrepreneur ayant une bonne idée, un charisme impressionnant  et un ego surdimensionné. En mélangeant tout cela, il a fait croire à des  investisseurs richissimes qu’elle était révolutionnaire et a utilisé les milliards pour mener le train de vie d’une rockstar qu’il n’était pas.

Cet egotrip aura mis en péril une entreprise, ruiné des investisseurs et surtout brisé la vie de milliers d’employés se retrouvant au chômage. La chute de WeWork est celle son fondateur dont « les ambitions étaient aussi ridicules que sa personnalité » écrivait The Guardian.

Ce chemin est suivi par bon nombre de startups menées par des entrepreneurs aux ambitions trop grandes et à la vision brouillée par l’ego. Il est pavé par des investisseurs naïfs et parfois aveuglés par la lueur de l’argent facile. Malheureusement, Adam Neumann n’est pas le dernier à le suivre…

 

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11 commentaires
11 commentaires
    1. Bonjour,
      Et si vous nous éclairiez de vos lumières ?
      Affirmer que l’auteur n’y connait pas grand-chose, c’est une chose. Mais justifier cette affirmation en est une autre…
      A moins que vous ne soyez un troll ?

  1. Comme d’habitude avec les startups : ça aurait pu être une bonne idée, mais comme le bunisess model est basé sur des prix délirants pour aboutir à une marge délirante à la Apple, eh bien au final, les éventuels clients qui auraient pu être intéressés passent leur chemin.
    Les startups, et de plus en plus d’entreprises d’ailleurs, oublient une règle économique de base : plus vos prix sont hauts, plus vos prix sont déconnectés des services offerts, plus vous réduisez votre marché.

  2. Pour relativement bien connaître les States où j’ai résidé six années durant je peux dire en connaissance de cause que cet article est non seulement vrai dans les faits qu’il relate mais pertinent dans le style qui dénote une bonne connaissance d’une culture américaine, parmi d’autres. Le dialogue façon fiction plausible entre Tom et Adam est un petit moment de bonheur 🙂
    That’s America, for the best, for the worst. “Just do it” prête le flanc à des naufrages comme à des succes stories, mais injecter un minimum de deep thinking dans le ‘just do it” améliorerait certainement le ratio succés/faillite. Risque, soit, mais calculé. Mais un risque calculé est-il encore un risque ? Et puis, à l’inverse, trop calculé façon emprunts bancaires à la française n’engendre rien tant il privilégie l’absence de perte à la présence de gains. Les gagnants sont toujours ceux qui auront su trouver, adapter, conserver le bon équilibre, en somme auront su bien calculer le risque et ça, ça ne s’apprend pas dans les business schools, j’oserais même dire que c’est un état de grâce nourrit certes de savoir et d’intelligence mais surtout d’expérince, expérience laquelle n’est jamais aussi profitable qu’abordée sans dogmes et avec humilité, humilité et non modestie.

    Bel article, merci 🙂

        1. Que neni cul béni …Essuyez vos binocles, c’est plus épais et plus gluant… comme votre diatribe pompeuse faisant allégeance à ce cher scénariste à la va Vitt : Romain – les ravages de la grève d’Hollywood… pauvre PC

          1. Quel empoté vous faites ! Quelle allégeance dans le fait de saluer un article, à moins de considérer que tout ce qui n’est pas vocifération en relèverait ?! Quelle étrange perception du monde que la vôtre. Reste ce qui serait une diatribe quand je n’aurai voulu qu’exprimer un certain enthousiasme pour un article, lequel par son ton me rappel des souvenirs d’outre-Atlantique. J’ai mon phrasé certes, mais convenez qu’il n’a rien de pédant ! Et puis enfin, est-on ici pour engager à l’occasion un débat contradictoire (commentaire/réponse) ou pour critiquer nos styles d’écriture ? Allez, un p’tit sourire et je vous pardonnerai 🙂

  3. Pas d inquietude pour Adam Neumman sa nouvelle societe Flow q deja leve des millions….. la betise et l’appetit des investisseurs est sans limite

  4. c’est un article rédigé par un journaliste professionnel ?? j’espère que non, pour ce billet d’humeur à charge, documenté avec une série, un chroniqueur de chez hanouna suffit

Les commentaires sont fermés.