Le règlement général sur la protection des données personnelles (le fameux RGPD) interdit de nombreuses choses en Europe. Au premier rang des pratiques bannies du continent, la loi proscrit toute utilisation des données liées aux convictions politiques des utilisateurs.
Or, l’ONG AI Forensics assure que le réseau social X n’a que faire de cette règle. En toute connaissance de cause, X (anciennement Twitter) aurait vendu des données sensibles à des annonceurs. Ils ont alors pu cibler leurs audiences en fonction des convictions politiques des utilisateurs.
Dans un rapport publié le 18 juin dernier, l’ONG explique qu’X a utilisé des données comme les opinions politiques, mais aussi la religion ou l’identité sexuelle de milliers de citoyens français.
Comment des publicités arrivent sur X ?
Pour comprendre comment le réseau social en est arrivé à ce résultat, il faut se pencher sur la façon dont les publicités apparaissent dans votre fil d’actualité. Les annonceurs (qui achètent leur place au prix fort dans l’application) peuvent décider de cibler une audience, en fonction d’un mot-clé.
Par exemple, une société vendant des pizzas, pourra cibler le mot clé “pizza”. La publicité apparaîtra alors chez des personnes ayant parlé, ou lu des choses en rapport avec les pizzas. Un procédé tout à fait légal, qui permet de faire le tri parmi des millions d’utilisateurs sur un réseau social.
X a été (beaucoup) trop loin
Cette sélection de l’audience doit cependant suivre certains critères. L’Europe met notamment l’accent sur la non-utilisation de “données délicates”. Dans cette liste non-exhaustive on retrouve les opinions politiques, l’orientation sexuelle, les croyances religieuses…
Or en analysant les archives de la bibliothèque publicitaire de X de nombreuses entreprises ont utilisées ces “recommandations” faites par X pour cibler leurs audiences. C’est par exemple le cas de TotalEnergies qui avait banni des mots-clés comme “WWF, Greenpeace, Greta Thunberg…” permettant à leur campagne publicitaire de ne pas être vu par des militants écologistes.
Également touchée par ce rapport, la Société Générale (qui a banni des mots-clés à caractère politique sur plusieurs publicités) s’est expliquée à nos confrères du Monde. Le groupe bancaire assure ne pas vouloir “être associé à des contenus susceptibles de générer des controverses”. L’objectif de ce paramétrage en amont viserait ainsi “des thèmes” et non “des personnes”.
Du côté de X, le réseau social ne répond pas aux questions des journalistes. Dans ses CGU (son règlement d’utilisation) il proscrit bien l’utilisation de données politiques, liées à l’orientation sexuelle ou à la religion pour faire du ciblage publicitaire. Visiblement, il y a une différence entre les dires et les faits.
Loin d’être le premier, le réseau social X est sans doute le dernier à réaliser de tels tris des utilisateurs. Le groupe Facebook avait reconnu utilisé des systèmes de ciblage en fonction des opinions politiques des utilisateurs. mark Zuckerberg a assuré dans le courant de l’année 2021 avoir “détruit” ce système, sans donner plus de détail.
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