Ces dernières semaines, la Silicon Valley a été chamboulée par la campagne de recrutement très agressive menée par Meta. Objectif : attirer les meilleurs talents de l’intelligence artificielle à travers des offres chiffrées à plusieurs millions de dollars. Mais, malheureusement pour Zuckerberg, l’argent ne fait pas tout.
Une hiérarchie sans ego
Ainsi, une enquête du Wall Street Journal révèle que le géant des réseaux sociaux a tout d’abord jeté son dévolu sur Thinking Machines Lab, jeune pousse cofondée par Mira Murati, ancienne bras droit de Sam Altman chez OpenAI. Celle-ci a catégoriquement refusé, mais Meta n’a pas baissé les bras pour autant en essayant de débaucher Andrew Tulloch, chercheur de premier plan et cofondateur de la startup.
L’offre était tout bonnement ahurissante : un milliard de dollars qui, avec des primes élevées et des performances boursières extraordinaires, aurait pu valoir jusqu’à 1,5 milliard de dollars sur au moins six ans. Plus d’une dizaine d’autres employés de la société ont été approchés. Ils ont refusé de rejoindre Mark Zuckerberg.
Car de nombreux chercheurs en IA ne sont pas motivés uniquement par l’argent, mais par une mission quasi idéologique : participer à l’émergence de l’intelligence artificielle générale (AGI), c’est-à-dire en mesure d’accomplir quasiment toutes les tâches de la même manière que l’être humain. OpenAI, Anthropic ou Thinking Machines sont perçues comme des laboratoires à taille humaine, animés par un esprit collectif et surtout, une hiérarchie plate.
Chez Thinking Machines Lab, par exemple, Murati a su fédérer autour d’elle des talents issus d’OpenAI grâce à sa culture non-hiérarchique et à son leadership bienveillant. Cette ambiance collégiale et sans ego, opposée à l’approche plus industrielle de Meta, crée un fort attachement émotionnel et professionnel.

Le modèle économique de Meta pose question
Pour cette raison, Meta n’a su récupérer que 10 des 100 employés d’OpenAI qu’elle a approchés avec des offres tout bonnement mirobolantes. Même son de cloche chez Anthropic, où ils sont très peu à avoir cédé.
En effet, certains chercheurs redoutent que leur travail chez Meta soit utilisé principalement à des fins commerciales ou publicitaires. Travailler sur une superintelligence au service d’un géant comme Meta, dont le modèle repose sur la publicité, peut être perçu comme une forme de dévoiement éthique. À l’inverse, des startups comme OpenAI ou Anthropic affichent une volonté déclarée de développer une IA « au bénéfice de l’humanité ».
Malgré tout, Meta est parvenue à recruter de nombreux chercheurs au sein de sa nouvelle équipe, issus de startups mais aussi de géants comme Apple. Elle a également investi 15 milliards de dollars dans Scale AI, firme spécialisée dans les si précieuses données d’entraînement des IA.
Toutefois, malgré ses milliards et ses promesses clinquantes, Mark Zuckerberg découvre que tous les cerveaux de la Silicon Valley ne sont pas à vendre…
- Meta tente d’attirer les meilleurs chercheurs en IA avec des offres à plusieurs millions de dollars.
- Mais beaucoup de figures emblématiques préfèrent rester fidèles à leur vision.
- Pour beaucoup, la quête de l’intelligence artificielle générale et les valeurs priment encore sur les milliards.
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