Cet article est proposé par Aghilès Aït-Larbi, développeur autodidacte et passionné de nouvelles technologies. Vous pouvez le suivre sur Twitter.

Nous sommes nombreux à utiliser les flux RSS au quotidien. C’est un moyen fabuleux de centraliser l’ensemble des informations susceptibles de nous intéresser, et a fortiori de les classer et de les archiver. Les flux RSS offrent également d’autres fonctions, puisque leur but premier est de donner une valeur sémantique au texte : ainsi, n’importe qui, que ce soit vous ou un robot quelconque peut profiter d’un contenu qui a du sens. Cette notion de sémantique est à mon avis primordiale, car c’est elle qui dessinera l’avenir du RSS.

rss1600 [rédacteur invité] Quid de la démocratisation de lagrégation et du RSS ?

Avant de parler de l’avenir, il reste important de faire un état des lieux du présent : les flux RSS restent majoritairement utilisés pour l’agrégation. Les agrégateurs sont des outils formidables pour qui considère Internet comme un vecteur d’informations : de la mère de famille qui consulte la presse sur Internet par soucis d’économie et de praticité, au quadragénaire qui veut se tenir régulièrement informé des résultats sportifs, tout ce monde là peut trouver un intérêt à utiliser les agrégateurs de flux RSS. Malheureusement, dès que l’on sort des sphères geek et high-tech, les gens qui utilisent les agrégateurs de flux sont rares. Et c’est là que le bât blesse.

Pourquoi une technologie qui pourrait apporter un véritable renouveau du mode de consultation des contenus sur Internet a du mal à percer auprès des utilisateurs lambda ?

Le RSS a un problème : lui-même. Et c’est un reproche que l’on pourrait faire à l’informatique dans une certaine mesure, mais cela se note particulièrement avec les flux RSS. Lorsqu’un utilisateur lambda a un problème avec son ordinateur (virus, hardware, etc.), il s’adresse à quelqu’un dans son entourage qui « s’y connait » ; mais au quotidien, pour surfer, envoyer ses e-mails, saisir ses documents, discuter, il réussit à s’en sortir de manière autonome, sans avoir besoin de connaitre et de comprendre le fonctionnement de tout ce qui lui permet ces opérations. Avec les flux RSS, la donne change complètement : pour pouvoir les utiliser, l’utilisateur doit savoir ce qu’est un flux RSS (et Dieu seul sait à quel point il est difficile de vulgariser ce genre de concepts sans tomber dans des explications techniques complètement incompréhensibles), trouver un agrégateur adéquat, réussir à localiser l’ensemble des flux RSS sur les sites qu’il souhaite suivre pour enfin pouvoir bénéficier des avantages de l’agrégation.

C’est donc bien la problématique qui se pose : comment réussir à faire en sorte que l’utilisation du flux RSS se substitue à la technologie RSS ?

Je pense que des portails comme Netvibes auront toute leur part dans cette utilisation nouvelle des flux RSS, en réussissant par exemple à faciliter au maximum le processus d’ajout des flux ou en poussant encore plus loin le concept de widget, mais je pense surtout que l’on n’assistera pas à une explosion de l’utilisation des flux RSS tant que les principaux acteurs du marché de l’agrégation ne se concentreront pas sur la vulgarisation du fonctionnement en lieu et place de la vulgarisation de la technologie.

Et vous, pensez-vous qu’en l’état, l’agrégation peut se démocratiser ? Si non, quel modifications devraient d’abord se faire ?


Note d’Eric : coïncidence de date, cet article résonne comme un écho à celui que j’avais publié il y a pile 2 ans, le 30 novembre 2007 : Pourquoi les RSS ne seront jamais grand public.