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Les stocks de gaz en Europe ont rarement été aussi bas, l’hiver approche

L’Europe aborde l’hiver avec des stocks de gaz au plus bas depuis près de quinze ans. Cette situation inédite risque de peser lourdement sur nos factures.

Alors que l’hiver pointe le bout de son nez, l’Europe se retrouve dans une situation très inconfortable. Car les réserves de gaz naturel sont remplies à moins de 68 %, contre un taux supérieur à 80 % habituellement, afin d’aborder sereinement les premiers pics de consommation. C’est le niveau le plus bas enregistré pour un mois de septembre depuis au moins quinze ans.

Mais les disparités entre pays membres sont très fortes. Par exemple, la situation est particulièrement tendue chez nos voisins allemands et néerlandais, où les stocks plafonnent respectivement autour de 55 % et 51 %. La France, elle, dispose d’un coussin un peu plus confortable avec des réserves à entre 71 et 77 %.

Le marché de l’énergie étant interconnecté à l’échelle continentale, la situation devrait se répercuter sur les factures d’électricité et de gaz des ménages, tout en alimentant l’inflation globale.

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© Shutterstock / TinoFotografie

Une crise à plusieurs facteurs

Cette dynamique est multifactorielle. À commencer par la fermeture du détroit d’Ormuz, qui bloque une grande partie du trafic maritime de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis. En parallèle, le marché de l’énergie s’est retrouvé dans une situation atypique cet été, puisque le prix du gaz à livrer immédiatement était plus élevé que celui prévu pour cet hiver. De quoi décourager les entreprises à en acheter.

La météo est également venue compliquer l’équation. Les vagues de chaleur intenses ont en effet fait fonctionner les climatiseurs à plein régime, poussant les centrales thermiques à brûler d’importantes quantités de gaz.

La répercussion sur les marchés est immédiate : le prix du gaz de référence en Europe dépasse désormais les 75 €/MWh, soit une hausse de plus de 140 % sur un an. Et la facture pourrait encore s’alourdir, si les températures chutent brutalement cet hiver, les cours pourraient franchir le seuil des 100 €/MWh.

Malgré tout, les experts de la Commission européenne et les analystes se veulent rassurants sur un point : la rupture totale d’approvisionnement ou les coupures directes restent peu probables à ce jour. En revanche, l’UE est privée de sa marge de sécurité habituelle, et la moindre vague de froid prolongée risque de faire basculer le marché.

  • Les cuves européennes ne sont remplies qu’à 68 %, leur niveau le plus faible avant l’hiver depuis plus de dix ans.
  • La fermeture du détroit d’Ormuz, des prix estivaux dissuasifs pour le stockage et la forte demande liée aux canicules expliquent ce retard.
  • Même sans risque de pénurie immédiate, cette tension fait s’envoler les cours mondiaux et tirera les prix de l’énergie à la hausse.

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