Si internet était la vie, imaginons un peu… : chaque humain aurait un nom absolument unique à chaque nom propre ne pourrait correspondre qu’un prénom unique chaque patronyme aurait une terminaison indiquant la profession ou le domaine d’activité de celui qui le porte tout le monde connaîtrait la date et le lieu de naissance de

Si internet était la vie, imaginons un peu… :

  • chaque humain aurait un nom absolument unique
  • à chaque nom propre ne pourrait correspondre qu’un prénom unique
  • chaque patronyme aurait une terminaison indiquant la profession ou le domaine d’activité de celui qui le porte
  • tout le monde connaîtrait la date et le lieu de naissance de tout le monde, à condition de connaître son nom bien sûr. Même pour les dames ? Même pour les dames.
  • un homme sur deux serait beta. A défaut d’être ballot.
  • chaque fois que j’achèterais un disque, ce con de disquaire me donnerait un petit papier avec une liste de CD recommandés, et, décochant son plus beau sourire, me sortirait un truc du genre si vous avez choisi ce CD, vous aimerez aussi sûrement ceux-là. Mon portefeuille, moins.
  • pareil pour le cinéma. Ou les courses chez le traiteur. Vous avez aimé Chuck Norris, vous aimerez mon lapin chasseur sauce Grand Veneur. C’est un raccourci, bien sûr. Chuck Norris ne mange pas de lapin.
  • chaque fois que j’entrerais dans un magasin, le vendeur saurait dans quel magasin j’étais juste avant (ça marche aussi avec les sex-shops, faites gaffe).
  • chaque fois que j’entrerais dans un magasin, le vendeur saurait avec quelle voiture je suis arrivé, quelle(s) route(s) j’ai emprunté, le moteur utilisé, sa puissance et son énergie. Et moi je pourrais voir son arrière-boutique, la façon dont est construit son estanco et même son historique dis-donc. Faut pas qu’il la ramène le boutiquier, non plus.
  • chaque fois que j’entrerais dans un lieu, le propriétaire de celui-ci saurait précisément ce que j’y recherche.
  • j’aurais tous les jours des tas de gens que je ne connais pas et qui traverseraient la rue en me tapant dans le dos et me demanderaient si je veux bien être leur ami.
  • au café, en pleine discussion avec des potes ou mes proches, il y aurait de temps un temps un crétin masqué qui viendrait m’insulter sans raison, voire vomir sur la table, puis repartirait comme il est venu sans que je puisse le chopper pour lui faire une tête au carré.
  • dans les émissions de télé grand public, il y aurait des gens qui, quand la caméra passe sur eux, brandiraient une grande pancarte avec le nom et l’adresse de leur boutique.
  • j’appellerais toutes les 5 minutes tous mes potes (et les autres, voir précédemment) pour leur dire ce que je suis en train de faire. Et eux en feraient autant.
  • j’écrirais plein de conneries sur un mur et j’y collerais mes photos.
  • j’aurais un cheptel complet de mules que je chargerais chaque jour de cassettes vidéo et de CD. Non je déconne, je suis un honnête citoyen moi.
  • d’ailleurs, tous les magasins de CD ou de vidéo seraient en accès libre, sans porte, sans vitrine, sans vendeur et sans surveillance, et chacun proposerait des millions de références à portée de main, prêtes à être emportées, avec des grandes pancartes « Servez-vous » partout. Mais il serait totalement interdit de le faire. Pour les acheter en revanche ce serait très très compliqué. Et très cher. Et on ne vous donnerait même pas la pochette.
  • fin du fin, je tiendrais un carnet de bord sur un cahier à spirales et plein de gens s’intéresseraient à ce que je raconte. Mieux, certaines marques paieraient à prix d’or le droit d’afficher des petits dessins entre mes écrits.

Mais internet n’est pas la vie, heureusement.
Quoique…

 Si internet était la vie
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.