Sony a présenté hier sa nouvelle console de jeu portable, la Sony NGP (pour Next Generation Portable), qui va succéder aux actuelles PSP. Et comme la plupart des appareils portables numériques qui arrivent sur le marché depuis quelques mois, celle-ci proposera parmi un choix de plusieurs modèles une version connectée, non seulement en WiFi (ce qui était déjà le cas dès les premières PSP) mais également en 3G.

La Sony NGP semble bien née - même si l'acte de naissance est annoncé avec beaucoup d'avance puisque celle-ci ne sera pas disponible avant fin 2011 au Japon et qu'aucune date n'est pour le moment annoncée pour le reste du monde - avec des caractéristiques plutôt alléchantes comme un processeur ARM Cortex-A9 core quadricoeur, un processeur graphique PowerVR SGX543MP4+,  512 Mo de RAM DDR2, un écran capacitif de 5 pouces 16/9 de 12,7 cm de diagonale (plus grand que celui de l'iPhone ou qu'un Android haut de gamme), OLED multipoints et tactile en façade et au dos avec une résolution de 960x544). Côté communication on a donc droit à la totale sur le modèle haut de gamme avec WiFi, 3G et BlueTooth 2.1. Mais la Sony NGP se veut encore plus communicante puisqu'elle sera dotée de deux capteurs photo-vidéo, l'un en façade et l'autre au dos de l'appareil, ce qui laisse augurer des possibilités de chat vidéo en direct. Un capteur de mouvement avec accéléromètre et boussole électronique trois axes est également au programme, ainsi qu'un GPS (au cas où vous seriez perdu en plein Call of Duty).

Un bien joli smartphone

Des caractéristiques qui ne sont pas sans rappeler celles d'un smartphone, avec les manettes et l'ergonomie "console" en plus. Car, outre la concurrence directe (Nintendo DS et 3DS), c'est bien à une autre forme de compétition que les consoles portables doivent faire face depuis quelques années : celle des téléphones mobiles, et plus particulièrement de l'iPhone, qui a démontré pouvoir aussi être une redoutable machine à jouer, en introduisant notamment la détection de mouvement dans le gameplay : Oh regarde, cette console de jeu fait aussi téléphone. Un challenge illustré par les statistiques de téléchargement des jeux sur les différents App Stores des constructeurs et opérateurs mobiles. Regardez le Top 40 des apps les plus téléchargées de tous les temps sur l'App Store d'iTunes : parmi les applications payantes, les jeux représentent largement plus de la moitié des ventes. Des jeux peu onéreux, faciles à appréhender, tous publics et qui tirent dangereusement les prix vers le bas, en tout cas pour les éditeurs "traditionnels" et les marchands de consoles portatives.

Trop peu, trop tard ?

Les smartphones tactiles de dernière génération - et l'iPad, puis le Galaxy Tab, et les autres tablettes qui vont suivre  - ont donc fortement démocratisé l'accès aux jeux, y compris à des jeux assez sophistiqués en inventant une autre façon de jouer, plus immédiate, plus intuitive et plus... tactile. Afin de contrer cette concurrence inattendue et tentaculaire, les constructeurs de consoles portables ont donc intérêt à frapper très fort car l'effet Wow n'est plus vraiment de leur côté. Nintendo a dévoilé la Nintendo 3DS pour remettre un peu de piment dans le jeu, et Sony annonce très tôt sa NGP, en attendant une hypothétique PlayStation Phone... Le prix, qui n'a pas été dévoilé, sera probablement un argument-clé, car même les hardcore gamers qui n'apprécient que modérément l'expérience de jeu somme toute relativement limitée sur l'écran tout tactile d'un smartphone y regarderont peut-être à deux fois avant d'investir dans un appareil coûteux compatible avec des jeux qui eux aussi nécessitent de débourser entre trois et cinq fois la somme payée pour un jeu sur iPhone...