L’histoire des médias et des technologies, ce couple infernal aux relations quelque peu compliquées, ressemble à une gigantesque et perpétuelle mise en abime. Avant il y avait l’économie, puis est arrivée la nouvelle économie, qui a rendu l’autre un peu obsolète (même si c’est encore elle qui fait bouillir le plus gros de la marmite),

L’histoire des médias et des technologies, ce couple infernal aux relations quelque peu compliquées, ressemble à une gigantesque et perpétuelle mise en abime. Avant il y avait l’économie, puis est arrivée la nouvelle économie, qui a rendu l’autre un peu obsolète (même si c’est encore elle qui fait bouillir le plus gros de la marmite), puis les nouvelles technologies, puis les nouveaux médias, puis les médias sociaux. Et puis et puis.

aol Techcrunch et AOL : quand le dinosaure a encore du jus

Et puis AOL. Un géant des médias dont l’ADN est un peu formé de tout le gloubi-boulga mentionné ci-avant. AOL, un portail à l’ancienne (en fer forgé), qui ressemblerait un peu à un dinosaure du web, version T-Rex quand même car son appétit est grand, et qui, s’il n’a pas disparu, était définitivement classé dans le camp des has-been.

A tel point que d’aucuns s’interrogeaient, et s’interrogent peut-être encore, sur la pertinence de son rachat de TechCrunch, jeune pousse flamboyante et sexy qui, de blog personnel et amateur créé en 2005, est devenu cinq ans plus tard l’un des médias web les plus influents du monde, avec quelques dizaines de millions de dollars de chiffre d’affaire dans sa dot.

Mais voilà, les vieilles bêtes ont la peau dure et la croupe vigoureuse, et AOL, même si vous n’allez jamais sur le site, n’a pas tout à fait poussé son dernier râle, loin de là. L’histoire que raconte MG Siegler, rédacteur sur TechCrunch[1] est édifiante, et ressemblerait presque à un hommage vibrant à son nouveau propriétaire. En substance, le bon MG explique que dans le contrat de rachat de TechCrunch par AOL, il était prévu que ce dernier intègre un lien vers le premier sur son portail. Ce qui a été fait il y a quelques jours. Résultat : le trafic de TechCrunch, qui se compte pourtant déjà en millions de visiteurs uniques, s’est envolé ce jour-là, et AOL est passé immédiatement en tête des pourvoyeurs de visiteurs sur TechCrunch. Mieux, non seulement AOL a été le premier référent, mais il a triplé le volume de trafic du deuxième, à savoir Twitter.

Moralité, selon MG Siegler : n’enterrons pas trop vite les « anciens nouveaux médias » car leur force de frappe est encore considérable, et pourrait bien le rester. Et de rappeler que AOL et Yahoo! demeurent parmi les sites les plus visités au monde, par des gens « normaux » (comprendre : pas des geeks ni des twitterers mais le grand public), qui cliquent sur les pubs et suivent les liens sans trop se poser de questions métaphysiques sur le code-source et la taille des titres ou des balises des pages qu’ils visitent.

Une histoire américaine ? Peut-être. Il n’empêche que j’ai trouvé ce billet rafraichissant et rassurant, quelque part. En revanche j’ai relevé quelque-chose que personne à ma connaissance n’a mentionné, et qui m’a un peu surpris : le premier référent de TechCrunch en temps normal n’est donc pas Google mais Twitter. Reste à connaître la « valeur » d’un twitterer par rapport à celle d’un AOLnaute. Un sacré grand écart en tout cas !

[1] reprise et traduite par Roxanne sur TechCrunch France