A l’époque où le web n’existait pas, et même depuis qu’il existe d’ailleurs, il était de bon ton de comparer les vertus respectives des principaux médias à notre disposition : la télé c’était l’image et la grande messe du JT du soir qui permettait de mettre un visage sur tout ce que l’on avait entendu

A l’époque où le web n’existait pas, et même depuis qu’il existe d’ailleurs, il était de bon ton de comparer les vertus respectives des principaux médias à notre disposition : la télé c’était l’image et la grande messe du JT du soir qui permettait de mettre un visage sur tout ce que l’on avait entendu la journée. Une sorte de validation visuelle pour se rassurer avant le téléfilm du soir et le voyage au pays du marchand de sable.

radio Twitter, la nouvelle radio FM ?

La presse écrite, quant à elle, représentait le sérieux de l’analyse et de la mise en perspective, avec la vérification et le recoupement de l’information. Reste le cas de la radio, toujours présentée comme le média de l’immédiat, de l’instantané, du… temps réel, incomparable et inégalée pour relater les breaking news de par son format de proximité.

Bon ce schéma n’a pas tellement évolué, à cela près qu’il y internet maintenant, et Twitter. Un nouveau média dans le média. Et je me demande si Twitter – après avoir été comparé assez justement à la CB – ne serait pas finalement au web ce que la FM était à l’ancien paysage médiatique. Il en comporte en tout cas de nombreux traits communs. Voyons un peu lesquels :

  • le support : on utilise Twitter sur son ordinateur de bureau comme on écoute (ou écoutait) la radio sur le poste familial.
  • la permanence : ceux qui utilisent Twitter ont la plupart du temps un client Twitter ouvert sur leur bureau, qu’il soit en premier plan ou en tâche de fond. Les Seesmic ou TweetDeck sont les postes FM compacts Sony ou Philips du twittos.
  • la proximité : les utilisateurs de Twitter choisissent leur programme en sélectionnant les personnes qu’ils souhaitent suivre. C’est un peu comme scanner les stations à la recherche de son canal préféré.
  • la mobilité : Twitter est avant tout un réseau social d’information à vocation mobile. Rappelons que la limitation à 140 caractères provient à l’origine du format sms auquel le service était destiné. Tous les utilisateurs de Twitter interagissent en bonne partie avec le service via leur téléphone mobile. Ils emportent donc Twitter partout avec eux, comme un baladeur FM.
  • l’instantanéité : au cours des 18 derniers mois, la plupart des grandes infos qui ont secoué le monde (Iran, mort de Michael Jackson, Julie et Maxime de Secret Story s’embrassent devant la caméra, etc…) ont été sinon débusquées, en tout cas propulsées, diffusées, découvertes et discutées d’abord sur Twitter.
  • l’audience autour d’un évènement : comme vu précédemment, le caractère instantané de Twitter le rapproche aussi de la FM. A tel point que plus récemment il était même possible de suivre les matchs de la Coupe du monde en se connectant uniquement à sa timeline Twitter, pour un vrai live, alimenté par des reporters ou spectateurs sur place et complétés par les membres de Twitter. Comme on suit un match à la radio quand on n’a pas de TV sous la main.

Twitter serait donc une sorte de radio FM d’information continue. Avec cependant une nuance de taille : dans les média traditionnels, même s’ils invitent de plus en plus le public à participer, y compris en envoyant leurs informations, le schéma reste toujours top-down. Le média parle, l’auditeur écoute, passif. Avec Twitter, pas besoin de vous faire un dessin : c’est l’internaute qui produit le contenu, même si les médias ont aussi tous leur canal.

Twitter est donc une sorte de FM du peuple, ça vous va comme définition ?

 Twitter, la nouvelle radio FM ?
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.