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30 ans après, le SMS n’a pas dit son dernier mot

Né il y a 30 ans, le SMS a été remplacé par les réseaux sociaux et les messageries instantanées dans les pays occidentaux. Mais il est loin d’avoir complètement disparu.

Souvenez-vous (pour les trentenaires ou plus). Le 3 décembre 1992, l’opérateur Vodafone envoyait le premier SMS de l’histoire. « Merry Christmas » (Joyeux Noël).

Ces 15 caractères envoyés par Richard Jarvis, collaborateur de Vodafone, révolutionnaient alors les modes de communication. Presque 30 ans plus tard, en décembre 2021, ce même SMS était mis aux enchères sous forme de NFT par la maison Aguttes, en France.

Cette « technologie d’origine européenne » (rappelle à l’AFP Marc-Antoine Dupuis, fils de l’ingénieur français Philippe Dupuis, inventeur de la norme GSM) était à l’origine limitée à 160 caractères.

À l’époque, « un SMS coûtait 1 franc » souligne Jean-MIchel Huet, spécialiste des télécoms pour le cabinet BearingPoint, auprès de Notre Temps. « C’est comme si chaque tweet aujourd’hui coûtait 15 centimes d’euros ».

Alors forcément, pour faire des économies on raccourcissait les messages, quitte à oublier les règles d’orthographe et de grammaire. Un phénomène qui a fait naître le « langage SMS » composé d’abréviations et de raccourcis en tous genres. Du « slt » au « bjr » en passant par le « + » (pour « à plus »).

Les messageries instantanées ont-elle tué le SMS ?

Et puis l’internet mobile est né et avec lui les messageries instantanées comme Messenger, WhatsApp, Telegram, Signal ou encore iMessage. Dans le même temps, les SMS illimités sont devenus la norme dans les pays occidentaux et en Asie. Le SMS a alors connu un lent déclin.

Selon une étude de l’Organe des régulateurs européens, l’usage des messageries instantanées étaient en hausse de 53,73% chez les jeunes âgés de 16 à 24 ans. Dans le même temps, l’usage des SMS baissait de 29% sur cette tranche d’âge.

Pourtant, le SMS ne s’avoue pas vaincu. Si les messageries instantanées ont bien remplacé le SMS dans la plupart des pays occidentaux et d’Asie (WeChat en Chine, Line au Japon et KakaoTalk en Corée du Sud), il fait de la résistance dans d’autres pays du monde.

En Afrique, le SMS est roi

En Afrique, par exemple, les infrastructures télécoms ne permettent pas de donner accès à l’internet mobile à moindre coût.

Au Nigéria, pays le plus peuplé du continent, un SMS coûte 4 nairas (0,008 euro) explique Notre Temps. Le prix d’une connexion internet s’élève à 1 euro pour 2 Go dans un pays où la moitié de la population vit avec moins de 60 dollars par mois.

Cela explique que 44% des Nigérians seulement avaient un accès à internet en 2021 et que, la même année, 10 milliards de SMS y ont été envoyés. C’est 15% de plus que l’année précédente.

Sur ce continent, l’avenir du SMS semble d’ailleurs radieux. Si tous les pays ne l’ont pas encore adopté comme canal numérique pour les paiements mobiles, il a « vocation à se développer » souligne Jean-Michel Huet.

Sécurité et publicité sauveuses du SMS

En Occident, le SMS reste le moyen de communication privilégié pour vérifier l’identité ou sécuriser les connexions à des services sensibles comme les impôts, la banque ou la santé.

Les acteurs de la publicité se régalent aussi. En 2023, les SMS à visée publicitaire et transactionnelle devraient dépasser la barre des 50 milliards de dollars de revenus dans le monde explique le cabinet Juniper Research.

Autre levier du SMS : les messages surfacturés envoyés pour participer à des jeux TV ou répondre à des appels aux dons.

30 ans plus tard, le SMS n’est pas mort.

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