Une nouvelle étude réalisée par YouGov France pour MoneyVox révèle un fait accablant : de nombreux Français se retrouvent à découvert en cours de mois. Dans le détail, 30 % des répondants déclarent avoir été à découvert au cours des douze derniers mois, contre 31 % en août 2025.
Selon l’étude, les personnes sans emploi, les catégories sociales modestes et les foyers avec enfants sont les plus exposés à ces situations, tandis que les retraités s’en sortent nettement mieux que la moyenne.
Parmi les causes évoquées, plus de la moitié des sondés évoquent une situation financière difficile, en progression sensible dans le contexte du retour de l’inflation, ou une dépense imprévue. À l’inverse, les découverts liés à une mauvaise gestion du compte reculent nettement, et passent de 27 % à 18 % en un an.
Autre tendance notable de ce sondage : l’accès aux autorisations de découvert se réduit, en particulier chez les 18-24 ans, dont un tiers n’y a plus droit. MoneyVox avance deux explications possibles sur cette évolution. Il en va ainsi du recours croissant à des banques ou néobanques qui excluent le découvert, comme Nickel, Revolut, N26 ou BforBank, et à une politique plus stricte des établissements traditionnels envers leurs clients fragiles.
Signalons par ailleurs que les montants des découverts restent globalement modérés. Dans le détail, 45 % des découverts sont inférieurs à 200 euros et seuls 5 % dépassent 1 000 euros. La fréquence diminue également, avec 20 % des Français concernés chaque mois, contre 25 % un an plus tôt.
Le découvert autorisé ne sera bientôt plus automatique
Rappelons que cette étude intervient alors que la règle du découvert doit changer en France à compter du 20 novembre 2026. Pour l’heure, lorsqu’une demande de découvert est effectuée pour un montant égal ou supérieur à 200 euros, la banque doit effectuer une analyse de solvabilité.
Ce contrôle sera encore plus élargi et détaillé d’ici quelques mois, de sorte qu’il sera plus difficile d’obtenir un découvert. Si certains saluent cette mesure destinée à mieux protéger les consommateurs, la mesure ne fait cependant pas l’unanimité.
Pour compléter ce constat, on peut se référer à une étude de la société Rosaly dont nous vous parlions l’an dernier. Ces tensions fréquentes de trésorerie sont une bombe à retardement qui peut pousser certains Français dans des situations de surendettement. Face à l’urgence, 41 % des sondés vont alors se tourner vers une proche. 39 % privilégient l’acompte sur salaire, et 8 % l’avance sur salaire.
D’après Rosaly, « 35 % des salariés (moyenne par entreprise) demandent au moins un acompte chaque mois, contre 28 % en 2024, soit 7 points de plus en un an et 25 % de hausse relative du nombre de salariés concernés ».
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