Volkswagen, géant de l’industrie automobile allemande, est actuellement confronté à des défis majeurs, qui l’obligent à envisager des mesures drastiques. La situation est telle que le gouvernement d’outre-Rhin se montre terriblement préoccupé.
Que se passe-t-il, au juste ?
La situation financière de Volkswagen demeure en apparence solide, avec un bénéfice d’exploitation de 22,6 milliards d’euros en 2023, et 20 milliards de prévision pour cette année. Néanmoins, des tendances particulièrement inquiétantes se dessinent, notamment une marge bénéficiaire tombée à seulement 2,3 % au premier semestre. La concurrence locale, comme BMW et Mercedes, affiche des marges de 10,9 % et 9,9 % respectivement.
Et la tendance ne semble pas prête de s’arranger, si bien que pour la première fois en 87 ans d’existence, Volkswagen envisage de fermer trois de ses usines en Allemagne. D’autres mesures extrêmement fortes sont envisagées par la marque pour « préparer l’avenir » et économiser 10 milliards d’euros.
Cela inclut la résiliation hautement contestée d’un accord de protection de l’emploi avec les syndicats, en vigueur depuis 1994, ainsi que la réduction de 10 % des salaires de ses travailleurs.
Comment Volkswagen en est-elle arrivée là ?
Volkswagen rencontre d’importantes difficultés dans sa transition à l’électrique, considérée comme l’un des plus importants chamboulements dans l’histoire de l’automobile. Le constructeur a dû faire face à de nombreux problèmes techniques pour l’intégration de systèmes logiciels avancés, entraînant son PDG à réviser sa stratégie.
Certains de ses modèles électriques ont présenté des incohérences au niveau de la qualité de fabrication, avec des défauts d’ajustement et de finition, ainsi qu’une interface utilisateur complexe. Le SUV 100 % électrique ID.4 a même fait l’objet de rappel, aggravant des problèmes de production déjà installés. Au premier trimestre 2024, les ventes de véhicules électriques de Volkswagen en Europe ont chuté de près de 24 %.
En amont, la société est confrontée à une concurrence accrue de la part des constructeurs chinois comme BYD, notamment en raison de prix hautement plus abordables que ceux de leurs homologues européens. Et c’est dans la filière de l’électrique qu’ils sont les plus coriaces. En 2019, les véhicules électriques chinois ne représentaient qu’1 % du marché européen. Ils sont désormais en passe d’atteindre les 15 % de parts de marché.
Volkswagen chute aussi en Chine, marché ô combien essentiel pour son activité. Au cours du premier semestre, les livraisons de Volkswagen en Empire du Milieu ont diminué de 7 % par rapport à la même période en 2023. Son bénéfice d’exploitation y a chuté de 11,4 % pour atteindre 10,1 milliards d’euros.
En quoi la situation économique de l’Allemagne affecte Volkswagen ?
Volkswagen doit en plus s’adapter dans un contexte économique hautement défavorable dans son pays natal. Le pays fait face à une hausse drastique des coûts de l’énergie, empirée par la situation géopolitique en Ukraine. Celle-ci affecte particulièrement l’approvisionnement en gaz naturel de l’Allemagne, qui était auparavant fortement dépendante du gaz russe.
Dans ce contexte, le constructeur doit s’adapter à des coûts de production exorbitants, exacerbés par le prix de l’énergie et la sous-utilisation de ses usines. Il devient de plus en plus difficile pour Volkswagen de produire de manière rentable des modèles d’entrée de gamme en Allemagne. Ce désavantage est particulièrement marqué lorsqu’il est question de concurrencer des fabricants issus de pays où les coûts de production sont moindres.
Est-ce préjudiciable pour l’Allemagne ?
Le gouvernement allemand est extrêmement inquiet de la situation. Et pour cause. Volkswagen est un pilier de son économie : avec plus de 120 000 salariés, c’est l’un des plus gros employeurs du pays. En outre, l’industrie automobile est cruciale pour la base industrielle et la santé économique globale de l’Allemagne. Les mesures prévues par Volkswagen entraîneraient, elles, une hausse significative du chômage dans les régions touchées, affaiblissant encore davantage une économie stagnante.
En quoi la situation de Volkswagen reflète l’état de l’industrie automobile européenne ?
Il faut savoir que c’est l’ensemble du secteur automobile européen qui souffre. Les ventes de véhicules en Europe n’ont augmenté que de 0,4 % en juillet 2024 par rapport à la même période de l’année précédente. Un dynamique d’autant plus évidente dans le domaine des véhicules électriques où la demande s’est considérablement affaiblie.
« L’industrie automobile européenne se trouve dans une situation très exigeante et grave. L’environnement économique s’est encore durci et de nouveaux concurrents arrivent sur le marché européen. L’Allemagne, en particulier, en tant que site de production, perd de plus en plus de terrain en termes de compétitivité », a prévenu Oliver Blume, PDG du groupe Volkswagen.
Renault et Stellantis, qui compte 14 marques, produisent eux aussi beaucoup plus de voitures qu’ils ne peuvent en vendre. De même, une usine européenne sur trois de géants comme BMW, Mercedes, Stellantis, Renault et Volkswagen, est sous-utilisée. Dans certains cas, moins de la moitié des véhicules qui pourraient théoriquement être produits le sont, selon le média allemand Deutsche Welle.
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