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5G : selon Ericsson “l’Europe doit se réveiller”

Selon deux hauts cadres d’Ericsson, l’Europe et le Royaume-Uni prennent trop de retard dans l’adoption de la 5G par rapport à l’Asie et les Etats-Unis. Ils craignent une perte de compétitivité. Explications.

« D’ici la fin de l’année, nous devrions atteindre 1 milliard de clients 5G à travers le monde, principalement en Asie et aux Etats-Unis. Mais l’Europe et le Royaume-Uni sont à la traîne ». Voilà les propos tenus par Arun Bansal, responsable de la division Europe et Amérique latine d’Ericsson lors d’une conférence de presse.

Soutenu par Christian Leon, en charge des réseaux d’Ericsson en Europe et en Amérique latine, ce haut cadre de l’entreprise n’a pas mâché ses mots concernant l’accueil réservé à la 5G sur le Vieux Continent. Si l’intérêt économique est évident pour leur entreprise (Ericsson est l’un des plus grands équipementiers réseau du monde), ces deux cadres craignent surtout que l’Europe se plante comme elle « a raté le coche de la 4G ».

En matière de compétitivité, la situation est en effet préoccupante. En Europe, « l’expérience 5G n’est pas au rendez-vous » insiste Christian Leon. Les opérateurs ont beau annoncer des chiffres de couverture en nette augmentation, cela ne suffit pas face aux avancées des asiatiques et des américains. Arun Bansal ajoute :

Les Etats-Unis et la Chine ont très tôt déployé cette technologie. Cela leur a permis d’asseoir leur domination sur l’économie des applications, avec des entreprises comme Google, Facebook ou Alibaba. L’Europe, elle, ne dispose que de peu de grandes plateformes.

Et de conclure : “l’Europe doit se réveiller”.

La bonne fréquence

Selon les cadres d’Ericsson, le retard pris sur les Etats-Unis et l’Asie tient d’un choix technologique. Sur le Vieux Continent, les opérateurs utilisent principalement leurs anciennes fréquences basses (700 MHz) plutôt que les fréquences hautes (3,5 GHz). Un choix principalement économique, d’abord parce qu’ils n’ont qu’à adapter leurs anciennes infrastructures plutôt que d’en construire de nouvelles mais aussi parce que les fréquences basses émettent plus loin. Cela leur permet donc de déployer moins d’antennes.

Si cette stratégie permet de réaliser des économies, elle présente un inconvénient majeur : les fréquences basses n’offrent pas de débits aussi importants que les fréquences hautes. Ainsi, en termes d’usages, « la 5G n’a pas encore tenu ses promesses » en Europe, ce qui conforte les plus sceptiques dans leurs positions.

Un marché à 210 milliards d’euros

En tenant ces propos, les cadres d’Ericsson entament doucement une opération de lobbying alors même que leur principal concurrent Huawei s’est fait bannir dans de nombreux pays d’Europe, dont la France. Or, le chinois était en bonne position pour rafler une bonne partie du déploiement des infrastructures, notamment pour les fréquences hautes à 3,5 GHz.

D’ailleurs, Arun Bansal et Christian Leon on assuré en conférence de presse qu’ « Ericsson avait les moyens » d’assurer un déploiement rapide de cette technologie. Et d’expliquer que « les bénéfices de la 5G pourraient s’élever à 210 milliards d’euros ». On comprend mieux…

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