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A-t-on atteint les sommets de la crétinerie avec la dernière tendance TikTok ?

Sur TikTok, certaines créatrices de contenus engrangent des sommes d’argent considérables en agissant en direct comme des PNJ (personnage non-joueur dans les jeux vidéo). Un business rentable mais qui interroge sur l’état de nos sociétés.

Alors que les salles de cinéma sont désertées et le monde de la culture à bout de souffle, l’Humanité semble avoir atteint, disons-le, des sommets de crétinerie. « Ok boomer ! » diront certains (je prends).

En 2023, on dépense donc son argent sur TikTok pour récompenser des créatrices imitant des PNJ, ces personnages qui font de la figuration sur les jeux vidéo. Mais si, vous savez, ceux qui répètent 800 fois la même phrase. Oui, voilà.

Une sexualisation à peine dissimulée

CherryCrush et PinkyDoll sont devenues de véritables phénomènes en ligne. Les deux créatrices diffusent en direct sur TikTok des vidéos d’elles-même, face caméra, répétant des phrases courtes avec des voix d’enfants ou de robots, à la manière de PNJ donc. Chaque fois qu’un utilisateur envoie un cadeau sous forme de sticker (souvent de la nourriture), la créatrice réagit de la même manière, répétant les mêmes phrases avec la même voix enfantine.

Elle accompagne ses paroles d’un mime : elle croque, mord, lèche, le tout en roulant des yeux ou en ajoutant des mimiques suggestives, à la limite de la sexualisation.

Nos confrères de Numerama évoquent même un « fétichisme de contrôle » des utilisateurs, comme celui que l’on trouve sur les sites de camgirls. Sur ces plateformes pour adultes, les spectateurs envoient des tips pour contrôler les actions de la camgirl. Ici, le principe est le même : l’utilisateur pense prendre le contrôle sur la créatrice en lui envoyant le sticker de son choix, entrainant une réaction attendue.

Ce lien étroit avec l’univers du porno n’est même pas dissimulé. La créatrice CherryCrush est aussi visible sur un célèbre site pour adultes orange et noir. Mais elle ne fait « pas du tout de contenu suggestif » assure-t-elle. Pourtant, elle ponctue ses réactions de phrases renvoyant vers son compte Twitter (entre autres) qui n’a rien de suggestif (c’est faux). D’autres créatrices disposent aussi d’un compte Mym ou OnlyFans.

Ici, PinkyDoll sort de son personnage pour gronder son enfant et retourne dans son rôle en moins d’une seconde…

Bienvenue en idiocratie

Si les créatrices n’ont finalement trouvé qu’un nouveau filon pour s’enrichir autrement que sur des plateformes pour adultes (certaines, comme PinkyDoll peuvent gagner jusqu’à 2 500 euros par session), cette nouvelle tendance interroge sur l’état de nos sociétés. Pire, elle suscite des inquiétudes sur ce que devient l’Humanité.

En 2023, de jeunes créatrices d’à peine 20 ans deviennent de véritables phénomènes en se comportant comme des robots face à un écran, pendant que d’autres humains prennent le contrôle sur leurs réactions. Pas sûr que l’inventeur d’internet ait imaginé que sa création conduirait l’Humanité à un tel niveau d’idiotie. Même les auteurs de livres dystopiques n’avaient pas imaginé pareil désastre…

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TikTok
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Par : TikTok Pte. Ltd.
4.6 / 5
M25.2 avis
2 commentaires
2 commentaires
  1. Merci pour cet article émanant d’un auteur osant écrire les dérives de l’intenet, de nos sociétés en fait, internet n’étant qu’un outil que l’homme et la femme utilisent. Cela fait un moment déjà que j’en viens à regretter l’époque où internet n’existait pas. On y perdrait beaucoup d’avantages certes, mais ça en vaudrait probablement le coup… Trop tard, fichtre !

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