Les abonnements en ligne représentent 60 % des revenus du « New York Times »

La nette augmentation des abonnés en ligne du « New York Times » comble désormais largement les baisses de recettes publicitaires observées depuis plusieurs années.

Soutenir les ambitions journalistiques

Selon un communiqué publié le 8 février dernier, le nombre d’abonnés aux contenus en ligne du quotidien américain s’est accru de 41,8 %. Le groupe enregistre désormais 2,64 millions de lecteurs numériques. Une situation qui permet d’améliorer nettement les recettes du journal.

Avec la mainmise des géants du web Facebook et Google sur le marché de la publicité en ligne, le « New York Times » s’est retrouvé, à l’image de nombreux autres médias traditionnels, touché par d’importantes pertes de revenus publicitaires. Le média a en revanche réussi à combler ce manque à gagner grâce aux revenus générés par les nombreux abonnements en ligne.

Si on savait déjà que le renouvellement du modèle économique des médias passait en partie par de l’abonnement, et donc des contenus qualitatifs, cela confirme que ce système de revenus pour les médias peut être pérenne.

« Il apparaît que notre modèle économique fondé d’abord sur les abonnements est un moyen efficace de soutenir nos ambitions journalistiques » explique le PDG Mark Thompson dans le communiqué. Si 33 % du chiffre d’affaires annuel du groupe proviennent de la publicité, les abonnements en représentent désormais 60 %, soit 340 millions de dollars.

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Cibler les fans de mots croisés et de cuisine

Cette politique de renouvellement est menée depuis 2012, année lors de laquelle les recettes publicitaires sont passées sous le seuil de 50 % du chiffre d’affaires total. En 2013, le nombre d’abonnés en ligne a dépassé celui du print (731 000 contre 799 000 abonnés web) et 90% des lecteurs du journal ont décidé de compléter leur abonnement avec l’option digitale. Pour inciter ses lecteurs à s’abonner en ligne, le « New York Times » a ciblé les passionnés de mots croisés et de recettes culinaires avec une proposition d’abonnement hebdomadaire de 2,75$ pour avoir accès aux contenus de la version en ligne, à l’application et à la version PDF du journal.

Une offre premium fixée à 4$ offrait des services supplémentaires comme des chats et live streams des journalistes. Enfin, le média a modifié sa politique de contenus sur Facebook. Aujourd’hui, le contenu n’est plus gratuit sur le réseau social et l’internaute doit payer via le paywall s’il souhaite lire plus de 10 articles.

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Une demande bien présente

En 2016, le PDG Mark Thompson avait évoqué lors de la UBS Global Media Conference son objectif d’obtenir 10 millions d’abonnés en ligne dans les années à venir.

Bien que le chemin à parcourir soit encore long pour transformer les lecteurs fidèles ou occasionnels en lecteurs-payeurs, le cas du géant de la presse américaine a le mérite de constituer une véritable étude de cas, davantage pour les médias traditionnels qui commencent doucement à trouver leur rythme de croisière en ligne que pour les pure players, pour mettre en place un modèle économique viable à moyen et long terme.


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