Une étude récente menée par l’Université d’Arizona et le Smithsonian offre un aperçu inédit de l’évolution de la température à la surface de la Terre au cours des 485 derniers millions d’années. Cette recherche, publiée dans la revue Science le 20 septembre, révèle des fluctuations de température encore plus importantes que prévu et souligne le lien étroit entre la température moyenne du globe et les niveaux de CO2 contenus dans l’atmosphère.
Face à ces nouvelles données, la question de l’adaptation de l’espèce humaine au réchauffement climatique actuel se pose sérieusement. La Terre est fiévreuse, et il est possible que l’on n’y survive pas au long terme.
Un passé climatique plus instable qu’on ne le pensait
L’étude a permis de reconstituer une courbe de température moyenne globale sur une période couvrant la majeure partie de l’éon Phanérozoïque. Une ère géologique qui couvre 541 millions d’années, marquée par l’apparition de forme de vies complexes (trilobites, les premiers poissons, les végétaux terrestres, les dinosaures, les mammifères et finalement, l’Homme), la colonisation des terres et plusieurs extinctions massives.
Jessica Tierney, paléoclimatologue à l’Université d’Arizona et co-auteure de l’étude, explique : « La préservation d’indicateurs de température dans des roches aussi anciennes est extrêmement rare. Même en remontant à 485 millions d’années, les indices sont très ténus ».
Malgré cet obstacle solide, les chercheurs ont réussi à combiner des données géologiques et des modèles climatiques grâce à une technique particulière d’agrégation de données. Cette dernière, initialement développée pour les prévisions météorologiques, leur a permis de tirer quelques conclusions très intéressantes.
Les résultats révèlent que la température terrestre a connu des variations comprises entre 11°C et 36° C lors des 485 derniers millions d’années, une amplitude bien plus importante que ce qui était précédemment estimé. Une variabilité extrême, témoin de la sensibilité du système climatique terrestre aux changements environnementaux.
Le CO2, maître du jeu climatique
Même si le consensus scientifique était déjà solidement établi à ce propos, cette étude confirme de nouveau sans aucune ambiguïté le rôle prépondérant du dioxyde de carbone dans la régulation de la température terrestre. Tierney explique : « Le CO2 est le principal responsable des variations de température de la Terre au fil du temps, comme le démontre cette recherche. Quand le CO2 est bas, la température est froide ; quand le CO2 est élevé, la température est chaude ».
Une corrélation forte, incontestable, entre CO2 et température moyenne, qui se maintient sur l’ensemble de la période étudiée, indépendamment des conditions climatiques générales. Les périodes de chaleur extrême coïncident systématiquement avec des niveaux élevés de CO2 atmosphérique ; un constat logique, qui résonne particulièrement avec la situation actuelle.
Homo sapiens, bientôt dans un four ?
Si la température moyenne actuelle de 15° C apparaît comme relativement fraîche à l’échelle des 485 derniers millions d’années, c’est plutôt la vitesse du réchauffement en cours qui inquiète les chercheurs. Le rythme actuel d’augmentation des températures dépasse largement celui des épisodes les plus rapides observés dans le passé géologique de notre planète.
Cette rapidité met déjà en péril de nombreuses espèces animales, végétales et écosystèmes entiers, incapables de s’adapter à un changement aussi brutal. Elle provoque également une élévation rapide du niveau des océans et met en danger les zones situées au bord des eaux, particulièrement vulnérables : petites îles, deltas de grands fleuves ou grandes villes côtières (New York, Miami, Shanghai ou Tokyo).
L’histoire géologique nous rappelle que certains épisodes de changement climatique rapide ont déjà entraîné des extinctions massives. L’extinction du Permeien-Trias, par exemple, la plus grave extinction de masse connue, a éliminé environ 90 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres. Elle s’est déroulée il y a approximativement 252 millions d’années et ses causes exactes sont encore débattues. Toutefois, des éruptions volcaniques massives, un réchauffement climatique rapide et une acidification des océans sont bien souvent des facteurs évoqués pour l’expliquer.
Pour l’espèce humaine, qui s’est développée dans une plage de température relativement stable, ce réchauffement accéléré est un danger bien réel. L’humanité a réussi à prospérer dans un intervalle de température d’environ 5 °C ; en d’autres termes, notre civilisation s’est développée sur une Terre avec une température moyenne globale assez stable.
Les scientifiques parlent souvent d’un « optimum climatique » pour une espèce donnée, c’est-à-dire une plage de températures dans laquelle les conditions sont les plus favorables à son développement. Pour nous autres, êtres humains, cet optimum se situe donc dans une fourchette assez étroite. Actuellement, nous nous dirigeons vers des conditions thermiques que nous n’avons encore jamais connues : une nage en eaux troubles qui pourrait sonner le glas de notre espèce, tout simplement.
Nous avons fait preuve, par le passé, d’une capacité remarquable d’adaptation : périodes glaciaires, pandémies, catastrophes naturelles, etc. Toutefois, nous rentrons présentement dans une phase d’incertitude climatique et rien ne dit que nous en sortirons gagnants. L’absence de stratégies d’atténuation efficaces aggrave considérablement la situation et l’horloge tourne, sans nous attendre. Une inaction, qui, si elle continue, nous coûtera, à toutes et tous, très cher : multiplication des événements climatiques extrêmes, pénuries alimentaires, déplacements massifs de population et tensions géopolitiques. Un avenir qui s’annonce radieux, n’est-ce pas ?
- Une étude a révélé des variations extrêmes de température sur 485 millions d’années, plus importantes que celles que nous connaissions.
- Le rôle du CO2 dans la régulation de la température terrestre est confirmé sans équivoque.
- Le réchauffement actuel est alarmant par sa rapidité, et menace sérieusement l’humanité et la biodiversité.
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Non ! L’humanité n’est pas en danger car ce n’est pas elle la plus importante pour la planète ! Ce sont les petites bactéries unicellulaires qu’on va laisser survivre dans l’espace.
De quoi ensemencer cette immensité de jolies bêtes de toutes sortes dans les prochains milliards d’années.
L’humanité ne résistera pas à son extinction, longtemps que je l’ai compris.
Toute action ralentie par que de climato-sceptiques qui vont carrément vous dire que le CO2 a l’effet inverse, celui de refroidir les températures, avec un aplomb à vous dissuader de les convaincre de leurs débilités.
Comment mettre d’accord chaque État de la nécessité d’avancer sans énergies fossiles et comment avancer tout court sans pollution quand on est 70 Milliards sur Terre de petits êtres ne demandant qu’à vivre.
On peut la réduire, certes mais nous avons tellement détruit de la capacité naturelle à éliminer toute la part du CO2 qui pour rappel n’est pas le seul responsable des gazs.. le méthane jouant lui-même un rôle majeur, la balance restera toujours à notre désavantage, amplifiant le phénomène au point de non retour. Rien que comparer les débuts 2000 à aujourd’hui en 25 ans, l’évolution climatique aurait dû persuader depuis longtemps de l’urgence absolue d’agir rapidement.
25 ans, que de bouleversements climatiques, hausses de températures, de 30 à 40° l’été pour la France et toutes les conséquences écologiques et catastrophiques qui en découlent.
Encore un article optimiste propre à donner le moral…tous ces prédicateurs ne seront plus là pour vérifier la véracité de leurs annonces. Et bien évidemment tout est de notre faute !
A lire (depuis un moment) certains articles sur ce site on peut se demander si Presse Citron n’est pas une antenne avancée du GIEC.
Son directeur de publication semble pro dérèglement climatique, pro véhicules électriques, pro-pagandiste de la frousse…
A moins que ce ne soit son webmaster (terrorisé bien sûr) qui soit un spectateur assidu de BFM WC ?
M’enfin pour les subventions du gouverne-ment ça peut avoir du bon…
Bonjour,
Le GIEC n’a aucune antenne, c’est un groupe d’experts, vous semblez vous méprendre sur la comparaison.
J’ignore ici de quoi vous parlez ici, l’auteur de cet article (donc moi) ne fait que relater une étude sérieuse et validée par des institutions universitaires et des professionnels de la recherche. Aucune « propagande » derrière tout ça. En revanche, je conçois que la vérité soit difficile à entendre sur des sujets comme celui-ci.
Bonne journée
Article bien écrit, félicitations au rédacteur. Le sensationnalisme n’aide pas à faire avancer la cause, ici on reste factuel
Bonjour,
Merci pour votre retour !