La mesure était attendue et elle va bien se concrétiser dans quelques jours en France. Le blocage en temps réel de l’adresse IP des diffusions pirates sera effective à l’occasion du tournoi de tennis de Roland-Garros qui se tiendra du 24 mai au 7 juin.
Concrètement, les serveurs illicites d’IPTV ou de sites de streaming pirates seront immédiatement suspendus. Comme le détaille L’Informé, la Fédération française de tennis, les diffuseurs (France Télévisions et Amazon Prime Video), les fournisseurs d’accès à Internet et l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) testeront ce nouvel outil qui devrait également être utilisé lors de la prochaine Coupe du monde de football.
Les ayants droit veilleront particulièrement au grain en détectant les services pirates, tandis que les FAI devront ensuite bloquer l’adresse IP à leur demande. Enfin, l’Arcom contrôlera l’ensemble de ce dispositif.
D’après L’Informé, La chaîne qatarie beIN Sports a justement choisi l’offensive judiciaire pour protéger ses droits de diffusion de la Coupe du monde 2026. Elle a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour imposer aux principaux fournisseurs d’accès à Internet français, Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR ainsi que plusieurs opérateurs ultramarins des mécanismes de blocage rapides et dynamiques, incluant des coupures par adresse IP, avant même le coup d’envoi du tournoi.
La compétition, qui se tiendra du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique, réunira pour la première fois 48 sélections sur 104 rencontres. Une exposition inédite qui inquiète les détenteurs de droits.
Cinq sites déjà identifiés pour piratage sportif font l’objet d’une demande de blocage immédiat. Mais la vraie bataille porte sur l’après. L’idée est d’obtenir un dispositif judiciaire activable en temps réel tout au long du tournoi, sans avoir à retourner au tribunal à chaque contournement.
Des blocages qui touchent des sites “innocents”
Pour rappel, cette méthode radicale de lutte anti-piratage n’est pas sans risques, car un même serveur peut héberger des sites illicites et d’autres totalement légaux et indispensables aux citoyens. Nous revenions d’ailleurs l’an dernier sur les problèmes survenus en Espagne qui a utilisé la même stratégie. En effet, la mesure touche involontairement de nombreux sites et plateformes légitimes hébergés par ce fournisseur.
De plus en plus d’entreprises et d’utilisateurs protestent, et dénoncent des coupures injustifiées qui portent atteinte à certains droits fondamentaux. Citée par El Pais, Ofelia Tejerina, avocate et présidente de l’Association des utilisateurs d’Internet, n’y va pas par quatre chemins : « Cela affecte la liberté d’information, la liberté d’expression, la liberté d’entreprise ».
Invité à réagir, le gouvernement ibérique botte pour l’heure en touche. « Nous respectons les décisions de justice », précisent des sources de nos confrères du ministère de la Transformation numérique.
Certains professionnels commençaient clairement à s’agacer de cet état de fait. Marcos Sabarís, créateur de l’application Padelio, décrit ainsi sa situation :
Mon activité est une plateforme d’analyse de padel. Et cela me concerne, car l’Espagne est le pays qui compte le plus de joueurs de padel. Selon l’opérateur, certains bloquent le chargement de mon site web, ce qui donne aux clients potentiels une image peu fiable, tandis que d’autres affichent un avertissement indiquant que le site web auquel ils tentent d’accéder est bloqué par décision de justice. Imaginez l’image que cela laisse à un client potentiel.
À ce sujet, l’Arcom a expliqué à L’Informé :
Il y aura une liste blanche d’adresses IP auxquelles il ne faudra pas toucher, en particulier celles des infrastructures des fournisseurs d’accès à internet. Dans un premier temps, nous allons aussi imposer l’impossibilité de bloquer une IP qui correspond à un serveur partagé et les délais de blocage et déblocage seront très courts, pendant le match en lui-même.
Plus d’informations à ce sujet dans notre précédent article ici.
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