En mai dernier, l’administration Trump s’est félicitée de recevoir gratuitement un Boeing 747-8, destiné à devenir le futur Air Force One. Quelques mois plus tard, les américains déchantent : la facture du réaménagement pourrait s’envoler jusqu’à 1 milliard de dollars. Un budget imprévu que l’administration compte financer par une grosse pirouette dans la gestion de ses finances.
En effet, l’appareil doit être restructuré de fond en comble : installation de systèmes de communications ultra-sécurisées, renforcement contre les attaques électroniques, mise en place de boucliers antimissiles et contrôle permanent contre tout dispositif d’espionnage. L’intérieur, loin du style originel, devra se plier aux codes dorés et gourmands de luxe de la présidence Trump. Autant d’éléments qui ont un coût.
Et ce coût promet d’être colossal. Si l’US Air Force parle officiellement d’un plafond de 400 millions de dollars, les experts et parlementaires consultés par le New York Times jugent ce chiffre illusoire. La « vraie » facture, classée secret-défense, pourrait dépasser les 934 millions de dollars selon certaines sources, voire atteindre le milliard.
Un investissement qui a du mal à passer chez les opposants. Les futurs travaux, qui seront menés au Texas, dans un site hautement sécurisé spécialisé dans la manipulation de programmes sensibles, prendront du temps. Or, après 2029, l’appareil pourrait déjà être obsolète. Il est même déjà prévu de lui faire terminer sa carrière dans un musée présidentiel qui portera probablement son nom.
Un financement qui fait polémique
Ce « cadeau » qatari se transforme en casse-tête politique, l’administration Trump ayant décidé d’allouer une partie du programme Sentinel, destiné à la modernisation des missiles nucléaires américains, au financement de cet avion de tous les excès. Annoncé initialement à 77,7 milliards de dollars, ce chantier stratégique a déjà vu son enveloppe exploser à 140 milliards, ce qui autorise une marge confortable pour dissimuler d’autres dépenses, comme ce chantier aérien.
Face à ce tour de passe-passe budgétaire, le Congrès s’agite, particulièrement au Sénat. Jeanne Shaheen, élue démocrate du New Hampshire, résume le malaise : « Détourner des fonds du programme nucléaire pour financer un projet de prestige affaiblit notre crédibilité stratégique. »
Pire, ce nouvel avion s’ajoute à deux autres Air Force One déjà commandés à Boeing, mais dont la livraison, prévue de longue date, accumule des retards. C’est d’ailleurs ces retards qui auraient poussé Donald Trump à accepter le présent qatari, malgré tous les signaux d’alerte.
- Le Qatar a offert un Boeing 747-8 pour servir de nouvel Air Force One à Donald Trump, mais la rénovation devrait coûter près d’1 milliard de dollars.
- L’avion, après quelques années de service, devrait finir… au musée, aux frais du contribuable américain.
- Une grande partie de ce financement provient du programme américain de modernisation des missiles nucléaires, ce qui fait polémique au Sénat.
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