- Airbus et ArianeGroup travaillent ensemble sur le projet HyPERION, qui vise à développer un système de propulsion à hydrogène pour les avions commerciaux
- Le projet s’appuie sur l’expérience d’ArianeGroup dans l’utilisation de l’hydrogène pour les lanceurs spatiaux
- L’hydrogène a des défauts – mais peut s’imposer comme une énergie propre et performante dans le secteur de l’aviation
Airbus sera-t-il le premier avionneur à construire un avion de ligne à hydrogène ? L’aviation est l’un des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, avec environ 2,6% des émissions mondiales de CO2. Pour réduire son empreinte carbone, Airbus mise donc désormais sur l’hydrogène.
Une énergie qui n’est pas sans défauts : de facto, pour la produire il faut soit casser des molécules d’eau par hydrolyse, autrement dit transformer de l’électricité avec à la clé beaucoup de pertes. Ou alors, l’extraire de gisements d’énergies fossiles. Pour les voitures particulières, l’hydrogène a peu de chances de s’imposer, car la technologie des voitures électriques à batteries est beaucoup plus avancée et permet moins de gaspillage d’énergie.
Comment Airbus tente d’imposer l’hydrogène dans l’aviation
Mais pour les avions de ligne, et d’autres secteurs comme le transport de marchandises, c’est une autre histoire. Le poids des batteries et la nécessité de créer des réacteurs électriques rendent l’avion de ligne sur batteries quelque peu élusif. À l’inverse, il est plus simple d’opter pour l’hydrogène, en dérivant de nouveaux réacteurs et moteurs thermiques des technologies actuelles.
Du coup, Airbus travaille depuis 2020 sur le projet HyPERION, acronyme français pour hydrogène pour une propulsion environnementalement responsable de l’aviation. L’idée est de développer toutes les technologies préalables à la construction d’avions de ligne propulsés à l’hydrogène dès 2035.
Et si Airbus se rapproche pour cela d’Ariane, c’est que l’avionneur veut profiter de l’expertise du lanceur spatial en matière de stockage cryogénique, et de distribution d’hydrogène aux moteurs. Le 12 mai dernier, un test a été mené au sein du laboratoire français aéronautique ONERA.
Airbus a ainsi démontré le fonctionnement d’un système impliquant une pompe électrique, un générateur de gaz, et des échangeurs de températures conçus à l’origine pour les fusées Ariane. De ce que l’on comprend, Airbus n’a pas encore testé de réacteurs à hydrogène à ce stade.
Démonstration en conditions réelles d’ici fin 2025
Toutefois, la propulsion n’est pas la seule partie des avions à transformer. En effet, il faut également penser à l’APU, cet autre moteur caché au rôle crucial, notamment quand l’avion est au sol. L’APU ou Auxiliary Power Unit (Générateur d’énergie auxiliaire) permet d’alimenter l’avion en électricité lorsqu’il est au sol.
Grâce à l’hydrogène, cet élément pourrait être totalement remplacé par une cellule fuel cell capable de produire directement de l’énergie, sans générer de nuisance sonore ou de pollution. Selon Airbus, l’ambition est maintenant d’intégrer toutes ces technologies dans un démonstrateur qui pourrait effectuer son premier vol d’ici la fin de 2025.
Airbus explique : “nous ferons la démonstration de ce système en conditions réelles, en montant à 25 000 pieds (7 620 mètres) puis en volant pendant une heure avec 10 kg d’hydrogène gazeux”. Airbus souligne cependant ne “pas pouvoir faire cela seul” : “notre coopération avec le gouvernement espagnol et des partenaires externes permettra cette série de tests”.
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