Amazon a dévoilé de nouvelles informations sur sa future centrale nucléaire dans l’État de Washington. Dans un billet publié sur son blog, le groupe américain a partagé pour la première fois des images et des détails techniques de cette installation baptisée Cascade Advanced Energy Facility, dont la mise en service est prévue au début des années 2030.
Un investissement massif
Il y a un an, Amazon annonçait des investissements importants dans l’énergie nucléaire. Le groupe a signé un accord avec Energy Northwest, un consortium public de l’État de Washington, pour développer jusqu’à 12 petits réacteurs modulaires, ou SMR (Small Modular Reactors). Celui-ci prévoit que l’entreprise pourra acheter l’électricité issue de la première phase du projet, soit 320 mégawatts, avec une montée en puissance possible jusqu’à 960 mégawatts. Le surplus pourrait également alimenter les réseaux électriques locaux.
Ces SMR représentent une nouvelle génération de réacteurs dits « compacts », conçus pour être construits plus rapidement et à moindre coût que les centrales nucléaires traditionnelles. Ils sont assemblés en usine puis installés sur site, un modèle modulaire pensé pour accélérer la transition énergétique.
Selon Amazon, l’installation Cascade occupera « seulement quelques pâtés de maisons », contre plus de 2,5 km carrés pour une centrale classique de capacité équivalente. Elle utilisera la technologie Xe-100 de X-energy, entreprise dans laquelle Amazon a investi via son Climate Pledge Fund, et permettra de créer « plus de 1 000 emplois pendant la construction et plus de 100 postes permanents », assure Amazon.
« Ce projet ne se limite pas à une nouvelle technologie, il s’agit de créer une source d’énergie fiable et décarbonée pour soutenir notre monde numérique en expansion », assure Kara Hurst, directrice du développement durable du groupe.

L’IA bouleverse la demande énergétique mondiale
Mais si Amazon investit autant dans l’énergie nucléaire, c’est surtout pour satisfaire ses besoins colossaux pour l’intelligence artificielle (IA). Les centres de données qui entraînent et hébergent les modèles consomment en effet une quantité d’énergie astronomique, et cette demande explose.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, les data centers pourraient consommer plus de 1 000 térawattheures d’ici l’année prochaine, soit l’équivalent de la consommation annuelle du Japon. Amazon Web Services (AWS), qui alimente une grande partie d’Internet, est directement concernée. « Nous voyons le besoin de gigawatts d’électricité dans les années à venir, et il n’y aura pas assez de projets éoliens et solaires pour répondre à la demande », expliquait Matthew Garman, patron d’AWS, l’année dernière.
Amazon n’est pas seul. Google a annoncé un accord similaire avec Kairos Power pour développer ses propres SMR, tandis que Microsoft investit également dans le nucléaire civil pour sécuriser l’alimentation de ses centres Azure. Les géants de la tech cherchent désormais à produire leur propre électricité pour réduire leur dépendance aux réseaux nationaux et respecter, au moins officiellement, leurs engagements climatiques. Le géant de l’e-commerce vise toujours la neutralité carbone d’ici 2040.
Avant de produire le moindre kilowatt, Cascade devra néanmoins obtenir son autorisation nucléaire, un processus long et très encadré. Et même si tout se passe comme prévu, la capacité totale envisagée par Amazon, environ 5 gigawatts d’ici 2039, restera loin de compenser la consommation énergétique gigantesque promise par l’IA.
- Amazon a dévoilé de nouvelles informations sur Cascade, sa première centrale nucléaire construite dans l’État de Washington.
- Basée sur des mini-réacteurs modulaires (SMR), cette installation doit entrer en service au début des années 2030 pour alimenter en partie les data centers AWS.
- Derrière ce virage nucléaire, un enjeu majeur : répondre à l’énorme appétit énergétique de l’intelligence artificielle tout en respectant les engagements climatiques du groupe.
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