Passer au contenu

Face à Amazon et Microsoft, NVIDIA passe à l’offensive pour garder le contrôle de l’IA

NVIDIA a-t-elle trouvé la faille pour rester au sommet ?

Depuis Taïwan, Jensen Huang a présenté une série de nouveautés visant à affirmer la position dominante de son mastodonte dans la grande toile mondiale de l’intelligence artificielle. En marge du salon Computex, le PDG a confirmé que le prochain système GB300, nouvelle génération de plateformes conçues pour les charges de travail en IA et successeur de la gamme Grace Blackwell, sera lancé au troisième trimestre 2025.

La demande en puissance de calcul dédiée à l’IA générative étant en forte croissance, tout comme les modèles fondés sur le deep learning, NVIDIA se doit de rester sur le devant de la scène.

L’ouverture façon NVIDIA : modulaire, mais sous contrôle

Avec cette annonce, NVIDIA entend bien sûr maintenir son avance sur ses rivaux, mais elle compte surtout sécuriser sa place dans les centres de données éparpillés sur la planète. Surtout à l’heure où les géants du cloud cherchent à réduire leur dépendance aux puces fabriquées par la marque.

Amazon et Microsoft, notamment, investissent dans le développement de leurs propres puces et accélérateurs, afin de ne plus dépendre exclusivement de NVIDIA. La réponse de Jensen Huang à cette recherche d’indépendance n’est pas si frontale que cela. Plutôt que d’entrer dans une logique de confrontation directe, il mise sur une « ouverture encadrée » : accepter de desserrer l’étau autour de son architecture, sans pour autant renoncer au contrôle de son écosystème.

Comment ? Grâce aux nouveaux systèmes NVLink Fusion, qui permettent aux exploitants de centres de données de mixer ses composants avec ceux d’autres fabricants. Les clients pourront ainsi utiliser leurs propres unités centrales avec des accélérateurs NVIDIA, ou l’inverse. Jusqu’ici, la firme imposait des systèmes intégrés 100 % maison.

Cette flexibilité relative a un double effet : elle apaise les grandes plateformes cloud qui souhaitent plus d’autonomie tout en les maintenant dans l’orbite de l’écosystème NVIDIA. Si les portes s’entrouvrent, c’est bien sur les rails techniques de la marque que tout continue de circuler.

De nouveaux partenariats ont également été annoncés : Qualcomm et Fujitsu prévoient de produire des processeurs sur mesure, conçus pour fonctionner avec les accélérateurs NVIDIA. De leur côté, MediaTek, Marvell et Alchip développeront des puces IA compatibles avec les processeurs de l’entreprise. Une manière pour NVIDIA d’asseoir son influence sur deux aspects : les composants et les alliances.

En plus de continuer à défendre son avance technologique, NVIDIA défend presque une vision politique (à son échelle) de l’intelligence artificielle. Un compromis où elle permettra de dicter les formats, les flux et les règles. Elle ne pourra pas empêcher ses concurrents de développer leurs propres solutions, c’est impossible. Elle souhaite toutefois que quoi qu’ils fassent, cela reste compatible avec ce qu’elle propose.

  • NVIDIA dévoile sa nouvelle génération de systèmes IA (GB300) pour renforcer sa position face à une demande mondiale croissante en puissance de calcul.
  • Concurrencée par les géants du cloud, elle ouvre partiellement son architecture tout en conservant la maîtrise de ses standards techniques.
  • En multipliant les partenariats et en imposant la compatibilité avec ses composants, NVIDIA cherche à rester incontournable dans un marché qui tend à se fragmenter.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech