En juin 2021, un prototype de drone de livraison Amazon survolait l’Oregon (États-Unis) à une altitude de 50 mètres jusqu’à ce qu’il rencontre un problème technique. Résultat : plusieurs hectares de champs de blé partis en fumée. Il est le huitième crash de l’année 2021, mais restait un secret jusqu’à ce jour et un un article de Business Insider s’appuyant sur des documents de la FAA (Federal Aviation Administration).
Si Amazon n’en parle pas publiquement, c’est tout simplement car de telles mésaventures ne seraient sans conséquence dans l’opinion commune. Quid de la sécurité, le jour où ces aéronefs survoleront nos villes, nos maisons, nos entreprises et nos routes ? Dans un proche avenir, devrons-nous prêter attention aux drones qui tombent du ciel ?
Avec huit crashs en un an, le bilan est suffisamment conséquent pour alerter, mais comme tout développement, c’est une phase obligatoire et malheureusement banale. Il faut tester pour améliorer. Seulement, en plus de tomber du ciel, le projet de drones de livraison d’Amazon tombe aussi à l’eau. De quoi soulever quelques questions.
Projet Prime Air : tomber à l’eau plutôt que tomber du ciel ?
Ces derniers mois nous ont montré que les plans de la société américaine ne se passaient pas de façon fluide. En France, Amazon a purement et simplement fermé son centre de recherche et développement. Au Royaume-Uni, une centaine d’employés de la division baptisée Prime Air ont été licenciés en août 2021.
Loin d’être des drones DJI “seulement” dotés d’une caméra pour filmer nos vacances ou nos exploits, les drones de livraison doivent emporter des batteries plus conséquentes pour charger des colis. C’est à travers elles que les risques d’incendie sont les plus importants.
Le développement des appareils de transport aérien ne peut donc pas être rapide. Depuis les premières annonces du projet en 2013, le service doit réaliser de nombreux essais et obtenir les approbations des régulateurs. Dans un an, il fêtera son dixième anniversaire sans être passé à un stade d’utilisation commerciale.
Projet minutieux et de long terme, la division de livraison par drone Prime Air connaîtrait de grosses difficultés pour son personnel, selon une enquête de Wired publiée l’année dernière. “C’était définitivement très dysfonctionnel. Il y avait beaucoup de désorganisation”, disait un ancien employé de Prime Air interrogé. “Il y a eu beaucoup de prises de décisions sur le moment sans penser long terme”, ajoutait-il.
Dans son dernier article relatant l’accident de juin 2021, Business Insider explorait la piste de soucis entre les équipes commerciales et les équipes techniques sur le projet également.
En réponse à l’article du média, Amazon a écrit qu’ils prenaient toutes leurs précautions lors de ces essais. “Nous suivons des procédures rigoureuses sur la manière dont les tests en vol sont effectués et sur la manière dont nous répondons à tout incident. […] Aucun employé ou membre de la communauté n’était à risque et l’équipe a suivi toutes les procédures de sécurité et les exigences de signalement appropriées”, disait l’entreprise.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.