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Pourquoi Amazon licencie une partie des employés qui développent Alexa

Amazon peine encore à monétiser Alexa – or, l’IA générative rend un renouvellement des équipes nécessaires, car pour la firme, c’est bien là que se dessine la prochaine évolution de l’assistant vocal.

Amazon annonce allégement de l’équipe formée en 2010 pour développer Alexa. La firme prévoit ainsi de licencier “quelques centaines de personnes” ce qui à en croire le communiqué officiel “représente un nombre relativement faible sur le nombre total de personnes dans la division Appareils qui créent des expériences de qualité pour nos clients”.

Depuis plusieurs mois, la firme procède à des coupes dans ses équipes – sur fond de ralentissement de la croissance et de contexte plutôt défavorable pour une partie du secteur. Après une première vague de licenciement massive, Amazon continue de procéder à quelques ajustements. Sont surtout concernés cette fois ci les membres de l’équipe formée en 2010 pour développer l’assistant Alexa.

Amazon n’a jamais réussi à correctement monétiser son assistant vocal

Il faut dire que Amazon voit de plus en plus le développement de l’assistant ” à la main”, fonctionnalité après fonctionnalité, comme une stratégie peu viable. À la place, Amazon préfèrerait faire passer Alexa à l’ère de l’IA générative, façon ChatGPT. De quoi permettre enfin aux utilisateurs d’obtenir de vraies réponses et réaliser des actions de façon plus fluide quelle que soit la requête.

Mais pas seulement, puisque pour l’instant (et selon un “aperçu préliminaire” montré en septembre dernier), le cahier des charges inclut un temps de réponse plus rapide, la possibilité de parler à Alexa sans commencer la requête par le mot Alexa (ou autre shebang défini par l’utilisateur dans les paramètres) – ou encore de pouvoir converser de façon plus naturelle et fluide.

Le succès de l’assistant vocal (et des enceintes connectées) Amazon est indéniable. Amazon détient à lui seul les deux tiers du marché américain des enceintes connectées, et selon Statista, Alexa répond à quelques 1 milliard d’interactions par semaine. On trouve les petites enceintes Echo partout, y compris en France. Mais Amazon ne fait pas cela juste pour délivrer un énième gadget connecté à ses clients. La firme cherche depuis le début à encourager les utilisateurs à utiliser Alexa pour dépenser sur Amazon.

Or, la version actuelle de l’assistant est trop limitée, et l’écrasante majorité des interactions consistent pour l’essentiel à lancer / arrêter la lecture de musique, allumer / éteindre les lumières ou définir des alarmes ou timers. Une Alexa réellement dopée à l’IA pourrait plus efficacement comprendre l’intention des utilisateurs et leur proposer lorsque c’est pertinent, des objets ou services qu’ils peuvent acheter.

Pour l’heure, Amazon ne dispose pas, officiellement, d’une IA du niveau de ChatGPT. Toutefois la division AWS de la firme propose depuis le mois d’avril des solutions flexibles pour les particuliers et entreprises qui cherchent à entraîner leur propre modèle – au travers de la plateforme Bedrock. Pour optimiser ses efforts, Amazon a noué un partenariat avec la firme Anthropic et AI2I, deux startups qui travaillent sur des modèles de langage comparables à ChatGPT – et propose d’autres modèles comme Stable Diffusion (Stability AI).

Reste à savoir à quelle vitesse la firme peut parvenir à développer une toute nouvelle version de l’assistant sous l’égide de l’IA générative. Car même avec les outils nécessaires en main, il semble impossible de faire sans le recrutement de talents venus du MIT et d’autres grandes universités américaines… On imagine donc que de nouveaux postes seront à pourvoir prochainement chez Amazon. Reste à savoir s’ils compenseront en volume celui des récents licenciements.

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