Le Moyen-Orient continue de perdre équilibre sur sa production pétrolière. Deux mois après l’éclatement de la guerre en Iran et le verrouillage du détroit d’Ormuz, les Émirats arabes unis (UAE) viennent d’annoncer leur retrait des pays membres de l’OPEP et de l’OPEP+, portant un coup dur aux deux groupes exportateurs de pétrole et leur chef de file, l’Arabie saoudite. Les UAE veulent la jouer solitaire et se montrer plus réactifs et plus fiables.
Désormais, les Émirats arabes unis ne s’accorderont plus avec les autres pays membres, comprenant l’Irak, l’Iran, le Kuwait, mais aussi l’Algérie, le Venezuela, le Congo ou encore la Libye pour l’OPEP, et des pays comme la Russie, le Kazakhstan, le Mexique, Bahrain, Oman et la Malaisie pour l’OPEP+.
Plus de quotas collectifs

Les Émirats arabes unis envoient un signal fort et s’apprêtent à se détacher des chaînes qui limitaient leur production pétrolière, notamment depuis l’éclatement de la guerre en Iran et la crise du pétrole, dont les prix du baril se sont envolés à plus de 100 dollars depuis le 9 mars dernier. Ne plus dépendre des autres pays membres donnera bien plus de liberté et de réactivité au pays.
Il n’existe plus de front uni chez les producteurs de pétrole, une difficulté en plus pour les autres pays du Golfe qui avaient déjà des difficultés avec les soucis d’exportations via le détroit d’Ormuz, qui transite un cinquième des volumes mondiaux en pétrole brut et en gaz liquéfié. Selon Reuters, les UAE veulent porter un coup aux autres États arabes pour ne pas en avoir fait assez pour les protéger des nombreuses attaques iraniennes.
Les UAE avancent une « décision politique » de quitter l’OPEP

Lundi, un conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, Anwar Gargash, a fait cette critique lors du Forum des influenceurs du Golfe, lundi 27 avril. Il déclarait : « les pays du Conseil de coopération du Golfe se sont soutenus mutuellement sur le plan logistique, mais sur le plan politique et militaire, je pense que leur position a été la plus faible de l’histoire ».
Il ajoutait : « je m’attendais à cette position faible de la Ligue arabe et cela ne me surprend pas, mais je ne m’y attendais pas de la part du Conseil de coopération (du Golfe) et cela me surprend ». Mais derrière cette décision, les UAE se libèreraient aussi de devoir respecter les quotas collectifs et pourraient augmenter sa production. En conséquence, l’Arabie saoudite pourrait devoir faire face à une pression à la baisse des prix du pétrole.
Le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Suhail Mohamed al-Mazrouei, a déclaré à Reuters que cette décision avait été prise après un examen attentif des stratégies énergétiques, sans ne faire de consultation avec les autres pays membres, cela dit. « Il s’agit d’une décision politique, prise après un examen attentif des politiques actuelles et futures liées au niveau de production », a déclaré le ministre de l’Énergie.
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