Chacun peut en faire l’expérience sur les réseaux sociaux : prendre la parole en ligne n’a rien d’évident. En s’exprimant sous sa vraie identité, certains craignent des représailles ou du harcèlement. L’anonymat a donc du bon, mais aussi un effet pervers bien connu : la production de discours haineux et toxiques.
Encourager les discussions pertinentes
Pour trouver un juste équilibre entre les deux, des chercheurs du MIT ont eu l’idée de dévoiler de manière incomplète l’identité d’une personne. Ce concept prend pour nom “méronymat”.
Ils ont bâti un nouveau système de communication baptisé LiTweeture, afin d’aider les jeunes scientifiques à poser des questions liées à leurs recherches sur les réseaux sociaux X et Mastodon.
Il permet aux utilisateurs de révéler certains faits professionnels (expertise dans un domaine, affiliation universitaire) sans donner leur identité exacte. Le résultat s’est révélé très concluant. Au terme d’une expérimentation d’un mois, les participants estiment que le méronymat leur a permis de se sentir plus à l’aise pour poser des questions, y compris à des universitaires plus expérimentés sur ces plateformes.
Cité dans un article de Techxplore, Nouran Soliman, étudiant diplômé en génie électrique et en informatique, et auteur principal de cette étude, commente ainsi :
Avec le méronymat, nous voulions trouver un équilibre entre la crédibilité et l’inhibition sociale. Comment faire en sorte que les gens se sentent plus à l’aise pour contribuer et tirer parti de cette riche communauté tout en conservant une certaine responsabilité ?
Un outil d’avenir ?
Forts de ce succès, les chercheurs souhaiteraient désormais étendre le méronymat à d’autres communautés en ligne qui souhaiteraient l’utiliser. Cela serait notamment utile pour les sujets de communication très polarisés tel que la politique, ce qui n ‘est pas sans danger.
David Karger, professeur au département de génie électrique et d’informatique et membre du laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle, qui a contribué à ce projet, se demande ainsi : “Je pense qu’il s’agit d’un outil qui pourrait être très utile à de nombreuses communautés. Mais nous devons trouver le moyen d’éviter l’inhibition sociale. Comment pouvons-nous créer un environnement dans lequel chacun se sente à l’aise pour s’exprimer, tout en préservant une responsabilité suffisante pour décourager les mauvais comportements ?”
Quoi qu’il en soit, cette idée, qui doit encore être travaillée, a le mérite de prendre en compte un problème concret rencontré sur les réseaux sociaux, et il nous paraissait intéressant de vous la présenter. Que pensez-vous de ce concept de méronymat ? Dites-le-nous dans les commentaires.
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Je comprends mal en quoi “révéler certains faits professionnels (expertise dans un domaine, affiliation universitaire)” est lié à l’identité exacte. On peut parfaitement faire part d’éléments de notre identité (sexe, âge, cursus, préférences, pays voire métropole (pas un petit patelin bien sûr) de résidence sans dévoiler pour autant les éléments essentiels, déterminants : patronyme, prénom, adresse postale, numéro(s) de téléphone, adresse(s) de courriel — sauf à considérer que par recoupements les “méchants” qui nous en voudraient finirait par nous “coincer” : hé ! gare à la parano que l’on évite par la raison et ce que la raison implique de précautions, contrairement à la parano qui se nourrit seulement de méfiance.
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Je distingue pour ma part deux types d’anonymat, avec dans les deux cas la préservation des éléments spécifiques à notre identité civile :
– celui, “authentique” qui consiste a toujours se présenter avec le même pseudonyme, à conserver les éléments de notre environnement précédemment partagés (je ne me dis pas un jour Français vivant à Los Angeles et le lendemain Américain vivant à Paris, par exemple).
– celui, “infidèle” qui consiste à changer au gré de nos humeurs, et pseudo, et environnement.
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J’entends qu’il est possible de rester honnête sans dévoiler des précisions inutiles sur les éléments essentiels de notre identité civile : on est reconnu comme étant toujours le même mais sans plus.
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Si le “méronymat” consiste à dévoiler de manière incomplète l’identité d’une personne, il me semble qu’il s’agit la d’une possibilité offerte de facto dès lors que l’on adopte une attitude telle que définie ci-dessus. Vraisemblablement je n’ai pas saisi toutes les nuances de ce “méronymat”.
Internet est un espace numerique sans existance reelle autre que des serveurs des PC… etc…
Ce qui se passe dans cette espace virtuel se doit de rester virtuel et ne doit pas avoir d’impacte sur la vie reelle…
En simple, ce qui est à internet lui appartient et ne doit avoir aucune importance ni retombé sur le monde reel ! Laissez le virtuel ou il est car c’est un mirage d’expressions. Ce que les gens y disent ou font ne devraient pas etre jugé et moralisé par le monde Reel.
Sinon quand je tue qqun en ligne sur un FPS… C’est un meurtre ou pas ducoup ? Ben non… ça n’existe pas reelement “couter strike” … Donc ce que penses les gens, disent ou font sur l’internet, ça n’existe pas….
Aucun jugement ne doit etre alors porté sur ce qui n’est pas de fait materiel et factuel ! Voila c’est simple…