Internet a toujours été indissociable des trolls, mais ces derniers peuvent littéralement gâcher la vie de certains utilisateurs. Qu’est-ce qui pousse vraiment ces personnes toxiques à passer à l’action ? C’est justement ce que se sont demandé les chercheurs de l’Université de Californie du Sud à Los Angeles, Julie Jiang, Luca Luceri et Emilio Ferrara, et Joseph B. Walther de l’Université de Californie à Santa Barbara, qui ont mené une étude très intéressante à ce sujet.
Pour y voir plus clair, les auteurs se sont focalisé sur X (anciennement Twitter) et ont passé de nombreuses publications au crible. Il apparaît ainsi que l’approbation des autres internautes est prépondérante dans le comportement des trolls.
Les trolls unis dans une ”fête de la haine”
Concrètement, lorsqu’un post toxique reçoit de nombreuses mentions ”J’aime”, le prochain message de l’auteur sera encore plus violent car ce dernier reçoit les likes de manière très positive.
Dans un article publié sur le site The Conversation, Joseph B. Walther, par ailleurs chercheur invité à l’Université de Harvard, souligne ainsi : “Il apparaît désormais que les mêmes dynamiques qui peuvent rendre certaines relations en ligne extrêmement positives peuvent également alimenter des sentiments amicaux parmi ceux qui s’unissent en ligne pour exprimer leur inimitié envers des groupes identitaires et des cibles individuelles”.
Concrètement, ces internautes qui sont rassemblés par leur idéologie haineuse ont tendance à se soutenir entre eux, et cela les désinhibe pour passer à l’action. L’universitaire cite notamment le cas des groupes néo-nazis et des suprémacistes blancs qui sont concernés par ce phénomène.
Il ajoute :
Au cours de plus de 30 ans de recherche sur les interactions en ligne, j’ai documenté la façon dont les gens se font des amis et nouent des relations en ligne. Il apparaît désormais que les mêmes dynamiques qui peuvent rendre certaines relations en ligne extrêmement positives peuvent également alimenter des sentiments amicaux parmi ceux qui s’unissent en ligne pour exprimer leur inimitié envers des groupes identitaires et des cibles individuelles. C’est plus ou moins une « fête de la haine ».
Nul doute que ces observations seront suivies de près par les grandes plateformes de réseaux sociaux. Ces dernières sont notamment tenues de rendre des comptes sur la modération des discours haineux au niveau de l’Union européenne, sous peine de s’exposer à de lourdes amendes.
Ce qu’il faut retenir :
- Une étude s’est concentrée sur les raisons qui poussaient les internautes à faire usage de discours haineux
- Leur idéologie rentre bien sûr en ligne de compte, mais il apparaît que l’approbation sociale, sous la forme de likes, peut les pousser à se montrer encore plus violents
- Les réseaux sociaux ont intérêt à mieux modérer ces publications, car ils s’exposent désormais à des sanctions au sein de l’Union européenne
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“Qu’est-ce qui pousse vraiment ces personnes toxiques à passer à l’action ?”
Voila une question qu’elle est intéressante, et voici une étude qui propose une réponse qui l’est tout autant.
Le site publiant cette étude (Cornell University), une référence, en publie bien d’autres, téléchargeables comme celle-ci au format PDF.
Que l’on adhère ou non aux rendus d’une étude, celle-ci a toujours le mérite de faire cogiter.
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Ainsi que le résume l’article, il apparaîtrait que la haine soit davantage motivée par la quête d’un public approbateur que l’expression d’une véritable détestation personnelle. On peut se demander pourquoi untel pense que la haine attirera davantage les foules qu’un discours affectif, et l’une des réponses pourrait bien être la crainte d’être pointé comme ringard dès lors que l’on bafouerait le dogme incontournable d’une certaine jeunesse, à savoir que le monde est pourri. En tous les cas cela permettrait aussi de comprendre le changement de discours, de ton entre l’expression publique d’un “hater” et sa phraséologie en face à face sans autre public qu’un simple interlocuteur. Ainsi, la quête de l’aura, du “fame” expliquerait bien des choses au sein des réseaux sociaux
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Il faut lire l’étude in extenso telle que disponible eu format pdf sur le site dont le lien est fourni dans l’article.
Donc,il suffit de mettre des pouces en bas vis-a-vis les commentaires désobligeants pour inciter leurs auteurs à plus de retenue
Sait-on jamais ? Ce qu’on sait par contre c’est que le type gueulant seul au milieu de nulle part envisage plus facilement de la fermer que celui qui vocifère au milieu d’une foule en délire.