C’est un réflexe très important à garder en tête : en France, prévenir les secours en montagne se fait via le 112, le 17 ou le 18. Comme ailleurs, il faut rapidement indiquer où l’on se trouve, en donnant des informations précises sur le lieu mais aussi sur les difficultés rencontrées. Pour indiquer sa localisation, il faut se référer au massif sur lequel on se trouve, indiquer un sentier ou le nom du refuge le plus proche. En fonction de la zone, il se pourrait que les secours viennent à votre rencontre par hélicoptère, pour simplifier l’intervention et se rendre plus rapidement sur place.
79 % des interventions de secours en montagne ont lieu l’été
Avec de gros moyens à leur disposition, les secouristes de haute montagne coûtent cher. En France, hors station, ils sont pourtant gratuits dans la plupart des cas. Il n’en coûtera rien aux randonneurs, même si la facture est très salée. Ce sont les contribuables qui paient indirectement, via les impôts. Les secours en zones montagneuses hors domaines skiables sont assurés par des services publics (gendarmerie, CRS, pompiers spécialisés) dont le fonctionnement est financé par le budget de l’État.
Même si la saison hivernale enregistre de gros chiffres en matière d’incidents et d’accidents en montagne, c’est l’été que les services de secours sont les plus sollicités. Entre 2012 et 2019, ce sont 79 % des interventions en moyenne qui ont eu lieu pendant la période estivale, contre 11 % à l’automne/hiver et 10 % au printemps. Une prédominance qui s’explique par le nombre de randonneurs lorsque les températures sont plus agréables et qu’il n’y a pas de neige. Une période où l’on pratique aussi l’alpinisme, et où les chutes de pierres sont bien plus fréquentes que les avalanches.
Les dangers en montagne l’été ne sont pas la seule raison de la part prépondérante des interventions pendant cette période. L’hiver, le travail des secouristes est plus segmenté puisqu’ils n’opèrent qu’en dehors des stations de ski. Le long des pistes et dans les villages en altitude, les municipalités font appel à des services privés. Ce pourquoi la gratuité des secours en montagne en France l’hiver n’est possible qu’en dehors des stations, et qu’il est donc impératif de souscrire à une assurance couvrant les frais de sports d’hiver. Sinon, il faudra régler la note de sa poche.
Un exemple d’une intervention des secours à 14 000 euros
Le 31 juillet, une intervention des secours en Italie, dans les Dolomites, a rappelé à quel point il n’était pas vrai que les secours en montagne étaient forcément gratuits. Un Britannique de 60 ans a été secouru à 2500 mètres d’altitude et a reçu chez lui une facture de 14 000 euros, rapportait lundi 4 août 2025 le média The Guardian. En Italie, comme en Suisse et en Autriche, les secours sont payants, et il faut généralement s’acquitter d’un règlement de plusieurs milliers d’euros. Mais dans son cas, le sexagénaire a enfreint une autre règle qui n’a fait que gonfler la note.
L’homme avait appelé les secours car il avait été pris au piège par un éboulement, qui ne lui permettait plus d’avancer ou de rebrousser chemin. Or, avant de s’engager sur le sentier en question, des panneaux affichaient clairement que le passage était interdit (en italien, anglais et allemand), à cause des risques de glissements de terrain depuis plusieurs semaines. L’homme se défendait en indiquant qu’il n’avait « pas vu les panneaux », ce qui n’a pas empêché les autorités de lui envoyer la facture.
En raison des mauvaises conditions météo, les secours se sont rendus sur le lieu de l’intervention et s’y sont pris à plusieurs reprises pour localiser l’homme, alors que les nuages étaient très bas. Sans assurance, sans être ressortissant d’un pays membre de l’Union européenne, le sexagénaire a bel et bien dû payer la somme complète pour l’intervention qui aura duré un total d’une heure et demie, rapporte The Guardian. Sur les 14 225 euros, 11 160 euros concernent l’utilisation de l’hélicoptère (93 minutes au total).
La politique de la gratuité en France et ses limites
En France, une telle situation pourrait se présenter aussi, alors que, comme les secours italiens qui ne veulent pas être utilisés « comme un taxi », les pompiers français ne veulent pas être vu comme « des secours de confort ». Même si la France ne jamais dissuader une personne d’appeler à l’aide par peur du coût, les autorités ont leurs limites. C’est pourquoi des exceptions existent et que la facture peut être salée pour des interventions non urgentes ou évitables. La gratuité des services ne régit d’aucune loi nationale et le code général des collectivités territoriales permet à une commune ou à une intercommunalité de facturer certains services.
En station, avec des services spéciaux chargés par la commune, les interventions ne sont donc pas gratuites non plus, comme c’est aussi le cas pour les via ferrata, le canyonning ou l’escalade. Enfin, les zones avec un arrêté municipal sont aussi concernées, surtout s’il est stipulé une consigne spéciale, comme une interdiction de se rendre dans une zone ou sur un sentier, à l’instar de l’expérience de ce Britannique dans les Dolomites en Italie.
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