Voilà quelques longues années maintenant que les arnaques se multiplient, par mails évidemment, par SMS, via WhatsApp, par téléphone… Des escrocs qui rivalisent d’ingéniosité pour créer de nouveaux pièges à leurs victimes. Et si certains sont rapidement décelables, d’autres s’avèrent autrement mieux ficelés, si bien qu’ils sont susceptibles de faire perdre des milliers d’euros même aux victimes les plus méfiantes. C’est le cas d’une récente campagne de “vishing” qui a touché plusieurs clients BoursoBank (ex-Boursorama).
Gare aux “faux conseillers” bancaires
Mais c’est quoi au juste, le “vishing” ? Il s’agit d’une fusion de « voice » (voix) et « phishing » (hameçonnage), soit une escroquerie qui consiste pour les arnaqueurs à contacter leurs victimes, en se faisant passer généralement pour le service anti-fraude de leur banque. Ces derniers évoquent bien souvent des opérations suspectes bloquées sur le compte de la victime ou encore un compte compromis, avant de solliciter certains informations et/ou certaines actions afin d’assurer sa sécurité.

Pire encore, afin de tromper d’emblée la vigilance de la victime, le numéro de téléphone affiché sur le smartphone des victimes est réellement celui de la banque (alors qu’en réalité non), grâce à une technique de clonage de numéro utilisée de façon illégale. C’est la mésaventure qui est arrivée récemment à plusieurs utilisateurs de BoursoBank.
Ces derniers ont tous été avertis en amont d’un souci sur leur compte bancaire, et ont aussitôt été invités à transférer les fonds vers un nouveau compte ouvert à leur nom, afin d’éviter toute fuite. Une fois l’opération effectuée, le compte récemment crédité change de nom, et sans le vouloir/savoir, la victime a transféré ses fonds sur le compte d’un escroc.
Des milliers d’euros transférés par les victimes, “à l’insu de leur plein gré”
Récemment, une première victime a été délestée de près de 20 000€, une seconde de plus de 15 000€. L’été dernier, une victime ayant effectué des virements de 7 500€ a pu réagir suffisamment vite pour permettre à la banque de bloquer les transferts. Rien à faire en revanche en ce qui concerne deux virements instantanés de 2 000€….
Selon Le Parisien, qui cite Me Alexandre Barbelane : “Le rapprochement entre le nom du véritable titulaire du compte et l’IBAN se fait dans un second temps, et cette arnaque est particulière et nouvelle“. En effet, il existerait un léger temps de latence entre l’association de l’IBAN et le nom de son véritable titulaire.
Plusieurs victimes ont d’ores et déjà porté plainte pour escroquerie et vol, et réclament un remboursement à BoursoBank. De son côté, la banque en ligne refuse, au motif qu’ils ont eux-mêmes validé les différentes opérations et qu’ils sont donc à l’origine des virements en question.
Pour sa défense, la banque précise que des mesures fortes “et efficaces” ont été prises depuis septembre, et que l’identité d’un compte IBAN est toujours renseignée une fois les numéros de compte saisis et confirmés. Méfiance donc.
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